Inflammation : quel rôle ?

Des chercheurs de la clinique Mayo de Jacksonville (Floride, Etats-Unis) montrent, chez la souris, que l'inflammation n'est pas le déclencheur du dépôt de protéine amyloïde dans le cerveau. Au contraire, l'inflammation aide le cerveau à se débarrasser de ces plaques amyloïdes toxiques au début de la maladie. Pritam Das, professeur assistant au service de neuroscience, explique : « c'est le contraire de ce que la plupart des experts pensaient jusqu'à ce jour, nous compris ». Les chercheurs ont stimulé l'expression de l'interleukine 6, une cytokine qui induit la réponse inflammatoire immunitaire des cellules de soutien des neurones (microglie). Ils s'attendaient à voir une formation massive de plaques et des dommages aux neurones. C'est l'inverse qui s'est produit, et l'inflammation a prévenu la formation de plaques. Devant ce résultat inattendu, les chercheurs ont mené des expériences complémentaires : ils ont exprimé l'interleukine 6 avant l'apparition de plaques, chez des souriceaux nouveau-nés, et chez des souris adultes présentant déjà des plaques. Dans les deux cas, la présence d'interleukine 6 élimine les plaques amyloïdes du cerveau. Comment ? Les cellules de la microglie, activées, s'y attachent et les digèrent par phagocytose : la plaque est vue comme un corps étranger. Le Dr Das fait l'hypothèse que l'inflammation aide à éliminer la plaque au début de la maladie, mais que des dépôts trop importants finissent par empêcher le travail des cellules de la microglie. A ce moment, l'inflammation, activée de façon chronique par la présence de la plaque amyloïde en trop grande quantité, produit un effet délétère. Pourrait-on manipuler de façon transitoire et sélective les cellules de la microglie pour altérer la formation de plaques avec efficacité et sécurité ? Il faut trouver le bon équilibre entre neuroprotection et neurotoxicité, dit le Dr Das, pour qui ces résultats pourraient permettre de comprendre les mécanismes d'autres maladies neurodégénératives caractérisées par l'accumulation de protéines dans le cerveau.

FASEB. Chakrabarty P et al. Massive gliosis induced by interleukin-6 suppresses A{beta} deposition in vivo: evidence against inflammation as a driving force for amyloid deposition. 14 octobre 2009.

Les causes de la démence

La démence peut être causée par la maladie d'Alzheimer. La chimie et la structure du cerveau d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer sont modifiées et les cellules de son cerveau meurent prématurément.
Une seconde cause de démence est l'accident vasculaire cérébral (stroke : AVC, attaque cérébrale, infarctus cérébral, hémorragie cérébrale), touchant les vaisseaux sanguins (veines et artères). Notre cerveau a besoin d'être abondamment approvisionné en sang oxygéné. Si cet apport est réduit, de quelque façon que ce soit, les cellules de notre cerveau peuvent mourir, provoquant les symptômes de la démence vasculaire. Les symptômes peuvent apparaître soudainement (accident cérébral majeur) ou graduellement (série de mini-accidents).
Une troisième cause est la démence à corps de Lewy. Il s'agit de structures sphériques qui se développent au sein des cellules nerveuses. Les cellules du cerveau sont des cellules nerveuses. Elles forment une partie de notre système nerveux. Ces structures sphériques endommagent le tissu cérébral, affectant la mémoire, la concentration et le langage. La démence à corps de Lewy est souvent confondue avec la maladie de Parkinson, les symptômes étant similaires.
Une quatrième cause est la démence fronto-temporale, comprenant la maladie de Pick. La partie frontale du cerveau est endommagée. Le comportement et la personnalité de la personne malade sont affectés en premier, puis les troubles de la mémoire.
Enfin, de nombreuses autres maladies peuvent être la cause d'une démence : la paralysie supranucléaire progressive, le syndrome de Korsakoff, la maladie de Binswanger, le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le SIDA, la maladie de Creutzfeld-Jacob. La démence est aussi plus fréquente chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, de la maladie de Huntington, de la maladie du neurone moteur et de la sclérose multiple.

Alzheimer's Disease International. Prince M et Jackson J, coord. World Alzheimer Report 2009. Septembre 2009. www.medicalnewstoday.com, 21 septembre 2009.

Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer est une maladie spécifique ; la démence est un ensemble de symptômes. La démence n'est pas une maladie. Qu'est-ce qu'une maladie ? Lorsque l'on a une infection de la jambe, la jambe fait mal : la douleur est le symptôme (signe) et l'infection est la maladie. Au cours de la maladie d'Alzheimer, des plaques et des fibrilles se développent dans la structure du cerveau. Ceci provoque la mort de cellules du cerveau. Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer présentent aussi un déficit de molécules chimiques permettant la transmission des messages dans le cerveau : les neurotransmetteurs. La maladie d'Alzheimer est la forme la plus fréquente de la démence. La maladie devient plus sévère au fil du temps : c'est une maladie progressive. Il n'existe aujourd'hui aucun traitement pour la maladie d'Alzheimer, mais il existe des moyens de ralentir sa progression et d'aider les personnes malades pour certains symptômes. La maladie d'Alzheimer est aussi une maladie terminale : elle est incurable et conduit à la mort.

Alzheimer's Disease International. Prince M et Jackson J, coord. World Alzheimer Report 2009. Septembre 2009. www.medicalnewstoday.com, 21 septembre 2009.

Qu'est-ce que la démence ? (1)

AF Kurz et NT Lautenschlager, du service de psychiatrie et psychothérapie de l'Université technique de Munich (Allemagne) s'interrogent sur le concept de démence : faut-il le retenir, le recadrer ou le remplacer ? Au plan étymologique, « démence » signifie littéralement « absence d'esprit » : cette désignation ne rend clairement plus compte du large spectre de troubles cognitifs et comportementaux que le concept de démence couvre aujourd'hui. Au plan médical, le concept actuel de démence, modelé selon le sous-type de la maladie d'Alzheimer, est trop étroit et ne permet pas de rendre compte au plan qualitatif d'autres sous-types importants. Cependant, selon les auteurs, le concept actuel doit être retenu, car il permet, d'une part, de diriger l'attention du médecin vers un certain groupe de pathologies sous-jacentes, et d'autre part, de rendre possible l'accès au traitement médical, à l'accompagnement social et à la protection juridique.

Int Psychogeriatr. Kurz AF et Lautenschlager NT. The concept of dementia: retain, rename or reframe? 9 octobre 2009.

Qu'est-ce que la démence ? (2)

En France, le terme de démence a encore une connotation négative, auquel l'on préfère souvent la périphrase « maladie d'Alzheimer et maladies apparentées », ce qui induit une représentation médicale des troubles. Cela n'est pas nécessairement le cas dans les pays anglo-saxons. L'Association Alzheimer's Disease International (ADI) propose une clarification du concept même de la maladie pour le grand public, élaborée par l'équipe du Professeur Martin Prince de l'Institut de psychiatrie du King's College de Londres.
La démence est la détérioration progressive de la fonction cognitive, c'est-à-dire la capacité de traiter la pensée (intelligence). Le caractère progressif signifie que les symptômes deviendront graduellement plus sévères. La détérioration sera plus importante que celle habituellement attendue dans le vieillissement normal, et elle est due à des dommages (damage) ou à la maladie. Un exemple de dommage est l'accident vasculaire cérébral. Un exemple de maladie est la maladie d'Alzheimer. La démence est un syndrome (ensemble de signes) non spécifique, pouvant affecter différentes zones fonctionnelles du cerveau : mémoire, langage, résolution de problèmes, attention. La démence n'est pas une maladie en elle-même. La maladie d'Alzheimer est une maladie. La démence émerge en touchant les fonctions mentales supérieures de la personne. Aux stades avancés, la personne peut ne plus savoir le jour de la semaine, où elle est et devenir incapable d'identifier les visages bien connus. Bien que la démence soit plus fréquente chez les personnes âgées, elle peut affecter les adultes de tous âges.

Alzheimer's Disease International. Prince M et Jackson J, coord. World Alzheimer Report 2009. Septembre 2009. www.medicalnewstoday.com, 21 septembre 2009.

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