Structure moléculaire de la protéine tau

La protéine tau est particulière : sa structure n’est pas analysable avec la plupart des méthodes biophysiques, telles que la cristallographie par rayons X. En effet, elle est polymorphe, très flexible et change de forme très rapidement. Des chercheurs de l’unité de biologie moléculaire structurale de l’unité Max Planck de Hambourg (Allemagne) viennent d’obtenir une structure tri-dimensionnelle de la protéine tau (quatre cent quarante et un acides aminés) avec une résolution au niveau des acides aminés élémentaires du squelette protéique, en utilisant des techniques avancées de spectroscopie par résonance magnétique. Ces résultats ouvrent la voie à l’étude fine des interactions entre la protéine tau et les microtubules auxquelles elle se fixe (interactions affaiblies lorsque la protéine tau pathologique est phosphorylée).
Max Planck Society, www.mpg.de , 19 février 2009. Mukrasch MD et al. Structural polymorphism of 441-residue tau at single residue resolution. 17 février 2009.

Biomarqueurs

Un rapport de la société Biopharm identifie soixante biomarqueurs candidats pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, dont trente-quatre protéines, onze gènes, sept paramètres d’imagerie cérébrale, trois petites molécules et des associations de ces marqueurs.
L’association de plusieurs marqueurs permettrait d’améliorer l’évaluation du risque de survenue de la maladie. Une étude multicentrique suédoise (Hansson et al), portant sur cent soixante douze personnes, a utilisé la mesure du débit sanguin local et des marqueurs du liquide céphalo-rachidien (peptide bêta-amyloïde 1-42, protéine tau totale et protéine tau phosphorylée) pour prédire ce risque. Contrairement aux personnes présentant un déficit cognitif léger stable, le risque de développer une maladie d’Alzheimer est multiplié par 3.1 chez les personnes présentant un déficit cognitif léger associé à un débit sanguin diminué dans le cortex pariétal. Les biomarqueurs pathologiques présents dans le liquide céphalo-rachidien sont associés à un risque de survenue de la maladie d’Alzheimer multiplié par 13.4.
Une autre étude suédoise (Wallin et al) a utilisé les biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien pour évaluer la progression de la maladie auprès de cent quatre vingt-onze personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, résidant à domicile et suivies pendant trois ans. La progression rapide de la maladie avant le traitement par inhibiteurs de la cholinestérase était le facteur prédictif le plus souvent retrouvé en pratique médicale courante, et la progression de la maladie était modifiée de façon significative par le traitement.
Biomarkers in Alzheimer’s Disease 2009 Report , www.biopharmreports.co.uk ,www.medicalnewstoday.com , 29 janvier 2009. Neurobiology of Aging. Hansson O et al.Combined rCBF and CSF biomarkers predict progression from mild cognitive impairment to Alzheimer’s disease. Février 2009. Int J Geriatr Psychiatry. Wallin AK et al. Can CSF biomarkers or pre-treatment progression rate predict response to cholinesterase inhibitor treatment in Alzheimer’s disease? 2 janvier 2009.

Progression de la maladie

La vitesse de progression de la maladie diffère selon le type de démence, selon une étude française, menée par l’équipe de Florence Pasquier de l’INSERM U744 à Lille, qui a suivi neuf cent soixante-dix personnes au centre mémoire de Lille-Bailleul pendant 4.7 ans en moyenne (entre 1995 et 2001). Le déclin cognitif est le plus lent chez les personnes présentant une démence vasculaire, intermédiaire chez les personnes présentant une démence mixte et le plus rapide chez les personnes présentant une maladie d’Alzheimer. Plus le délai est court entre les premiers symptômes et la première consultation, plus grande est la survie.
Reuters, 11 février 2009. Neurol Neurosurg Psychiatry. Bruandet A et al. Alzheimer disease with cerebrovascular disease and vascular dementia: clinical features and course compared with Alzheimer disease . Février 2009.

Diagnostic précoce : un centre de référence en soins primaires

On estime qu’un Britannique sur trois atteint d’une forme de la maladie d’Alzheimer est diagnostiqué de façon formelle. Le centre mémoire de Croydon, dans la banlieue de Londres, est un centre pionnier de la détection précoce de la maladie en soins primaires, dirigé par un psychologue clinicien, David Matthews. Son approche est citée comme exemple de bonne pratique dans le plan Alzheimer anglais. Ce service a été installé en 2004 par le centre de santé mentale locale, les services sociaux et la Société Alzheimer, avec un financement de l’assurance maladie et des autorités locales. Quel est l’avantage d’un diagnostic précoce ? « Si les personnes sont informées à un stade précoce, leurs symptômes comportementaux et cognitifs sont moins apparents. Ils peuvent conserver leur autonomie et recevoir le soutien dont ils ont besoin pour vivre en sécurité de la manière qu’ils souhaitent plutôt que d’aller en maison de retraite. Un diagnostic précoce donne aux personnes malades un degré de maîtrise sur la maladie et sur la façon dont elles vont gérer leur future prise en soins », précise David Matthews. L’équipe est composée de travailleurs sociaux, d’infirmières spécialisées, d’un psychiatre, de psychologues et d’un ergothérapeute. Le service est totalement intégré. Tout membre de l’équipe peut réaliser l’évaluation initiale et, après discussion du cas en équipe, porter le diagnostic, l’annoncer, et coordonner l’accompagnement de la personne. Cette approche, qui ne repose pas seulement sur les psychiatres pour porter le diagnostic, permet d’accroître significativement le nombre de personnes pouvant être vues par le service. Chaque membre de l’équipe peut directement demander une prestation d’accompagnement (commission ongoing care package) , comme l’adressage à un accueil de jour ou l’organisation de la prise en charge à domicile, sans avoir besoin d’adresser les personnes à une autre organisation.
Le repérage des troubles de la mémoire est fait par le médecin généraliste, qui adresse la personne au centre mémoire. Deux membres de l’équipe du centre mémoire font une visite à domicile. Pendant que l’une fait passer des tests à la personne malade, l’autre interviewe l’aidant. Cela permet d’évaluer les besoins du couple aidant/aidé. Le diagnostic est porté après discussion avec les collègues de l’équipe, annoncé à la personne malade et à l’aidant, les différentes options de traitement et de soutien sont proposées, et l’accès à ces services est facilité.
Living with dementia , Février 2009.

Détection de la maladie par le réseau des pharmaciens

L’association pharmaceutique du Japon va demander à ses membres d’aider à la détection de la maladie d’Alzheimer, en collaboration avec des centres de soutien et d’accompagnement mis en place par les municipalités. Cette initiative est prévue à partir d’avril 2009. Les pharmaciens demanderont aux personnes âgées s’il leur arrive parfois d’oublier des choses simples, ou si on leur dit souvent qu’elles oublient. Les pharmaciens demanderont également à leurs clients quels sont les médicaments qu’ils prennent et si les symptômes ne sont pas liés à des effets indésirables. S’il y a suspicion de maladie d’Alzheimer, les pharmacies signaleront la situation de la personne à un centre de soutien régional, avec le consentement de la personne ou de membres de sa famille. Les services d’aide à domicile désigneront un professionnel chargé de la coordination entre la famille et les services de santé, afin de guider les personnes vers des services de santé disposant d’un spécialiste de la maladie d’Alzheimer. Le gouvernement prévoit d’installer cent cinquante centres médicaux spécialisés sur le territoire japonais, et cinquante mille pharmacies sont éligibles à la signature d’une convention pour la détection de la maladie d’Alzheimer.
Family caregiver alliance , 18 février 2009. Daily Yomiuri Online , 16 février 2009 (article en anglais).

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