Bêta-sécrétase : test sanguin

Le Dr Stephen Todd, de l’Université Queen’s de Belfast (Ulster, Royaume-Uni), vient d’obtenir une bourse Beeson d’un montant de deux cent vingt-huit mille livres (deux cent quatre-vingt mille euros) sur trois ans pour développer un dosage de la bêta sécrétase dans les plaquettes sanguines, et le tester sur quatre cents personnes volontaires. L’objectif est de suivre, avec ce marqueur, la progression de la maladie. Le financement provient de la Fondation américaine pour la recherche sur le vieillissement (AFAR) et l’association Atlantic Philanthropies .

Acides gras et maladie d’Alzheimer : quel lien ?

Les acides gras sont rapidement métabolisés par le cerveau et incorporés dans les phospholipides qui sont le constituant de base de la membrane cellulaire. Quel est le rôle des acides gras dans le développement de la maladie d’Alzheimer ? L’acide arachidonique et ses dérivés sont présents en plus grande quantité dans l’hippocampe. Dans le cerveau, l’acide arachidonique est détaché des phospholipides par une enzyme, la phospholipase A2 (PLA2), Une étude de l’Institut Gladstone pour les maladies neurodégénératives et de l’Université de Californie (Etats-Unis), montre que l’inactivation de cette enzyme peut prévenir le déficit cognitif et les troubles du comportement chez la souris.
En France, chez l’homme, une étude de l’équipe d’épidémiologie de la nutrition et des comportements alimentaires de Bordeaux (INSERM U897), portant sur mille deux cent quatorze personnes non atteintes de maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, et incluses dans l’étude des Trois-Cités, montre qu’un taux plasmatique élevé d’acide eicosapentaenoïque (un acide gras insaturé) est associé à une incidence plus faible de la maladie d’Alzheimer (risque réduit de 31%). Des ratios élevés de la proportion acide arachidonique/acide doocosahexanenoïque, et du ratio des acides insaturés (n-6)/(n-3) sont associés à une augmentation du risque de développement d’une maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, particulièrement chez les personnes dépressives (risque multiplié respectivement par 2.65 et 1.61).

Trente ans de génétique sur la maladie d’Alzheimer

Pour L Bertram et RE Tanzi, du Centre de recherche en génétique du vieillissement duMassachusetts General Hospital (Charlestown, Etats-Unis), qui publient une revue systématique de la recherche depuis trente ans, les déterminants génétiques de la maladie d’Alzheimer restent un sujet encore « insaisissable » (elusive) , malgré l’identification de trois gènes responsables des formes familiales de la maladie d’Alzheimer (gènes codant pour le précurseur de la protéine amyloïde), des gènes de la préséniline et du gène codant pour l’apolipoprotéine E (APO E), dont la mutation constitue un facteur de risque génétique. Plus de cinq cents différents gènes ont été proposés au cours des trois dernières décennies comme pouvant être impliqués dans la maladie d’Alzheimer. La méta-analyse systématique n’en retient qu’une vingtaine, ayant des effets modestes mais significatifs sur le risque de développer la maladie. Une analyse sur l’ensemble du génome humain, utilisant mille quatre cents échantillons provenant de quatre cents familles, révèle des sites potentiels de susceptibilité génétique autres qu’APOE. Si l’identité des gènes impliqués dans ces régions du génome reste à préciser, l’étude a identifié au moins un nouveau gène dont la mutation modifierait l’âge de survenue de la maladie.

Danger de mort

Une étude épidémiologique multicentrique française, portant sur une cohorte de mille trois cents personnes âgées, a construit et validé un index prédictif de mortalité à deux ans pour les personnes âgées fragiles. Cinq facteurs de risque sont identifiés : l’âge supérieur à quatre-vingt cinq ans (1 point), la dépendance pour les activités de la vie quotidienne (1 point), le délire (2 points), la malnutrition (2 points) et la co-morbidité (2 à 3 points selon le niveau). Trois groupes ont été identifiés : risque faible (mortalité 20.8%), risque moyen (mortalité 49.6%), risque élevé (mortalité 62.1%).

Eur J Epidemiol . Dramé M et al. Derivation of and validation of a mortality-risk index from a cohort of frail elderly patients hospitalised in medical wards via emergencies: the SAFES study.21 octobre 2008.

Environnement, responsabilité sociale et maladies neurodégénératives : quel rapport ?

Un groupe de médecins de la région de Boston (Greater Boston Physicians for Social Responsibility ) et un réseau de chercheurs en santé environnementale (Science and Environmental Health Network) publient un rapport scientifique intitulé Environmental Threats to Healthy Aging (vieillir en bonne santé : les menaces de l’environnement). Selon le Dr Jill Stein, co-auteur de l’étude, un grand nombre de facteurs environnementaux auraient une influence, tout au long de la vie, sur le développement des maladies d’Alzheimer et de Parkinson : régime alimentaire, exposition à des composés chimiques toxiques, exercice physique inadéquat.

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