Imagerie cérébrale des plaques amyloïdes : quelle utilité clinique ?

Trois marqueurs de la plaque amyloïde en tomographie par émission de positons (PET scan) sont utilisés en Allemagne de façon standardisée en pratique clinique. Henryk Barthel et Osama Sabri, du département de médecine nucléaire de l’Université de Leipzig, proposent une revue de leur utilité clinique. Leur utilisation permet de modifier le diagnostic dans 30% des cas, d’améliorer la confiance dans le diagnostic dans 60% des cas, et de changer les médicaments dans 40% des cas.

Barthel H et Sabri O. Clinical Use and Utility of Amyloid Imaging. J Nucl Med 2017; 58(11): 1711-1717. Novembre 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28818990.

Obstacles au diagnostic précoce

Le Pr Bob Woods, de l’Université de Bangor (Pays de Galles), a coordonné une enquête internationale (Ecosse, Pays-Bas, Italie, République tchèque et Finlande), auprès de 1 409 aidants de personnes atteintes de démence. Les obstacles les plus importants au diagnostic précoce sont : le premier professionnel consulté qui n’a rien vu d’anormal (33% des cas), ou qui ne trouve pas nécessaire d’approfondir le diagnostic (6.6%), et le refus de la personne malade de se faire aider (37.9%). Un aidant sur deux (47%) estime qu’il aurait été utile de faire le diagnostic plus tôt, afin de mieux apprendre à faire face aux événements ultérieurs en les anticipant davantage.

Personnes très âgées : quels tests cognitifs ?

Alors que les personnes âgées de 80 ans et plus (oldest old dans la littérature anglophone) constituent un segment de la population de plus en plus important dans le monde et que l’âge est le principal facteur de risque de démence, peu d’études se sont intéressées à la cognition et à la démence dans cette population. Caroline Giulioli vient de soutenir une thèse de doctorat en psychologie sur le sujet à l’École doctorale Sociétés, politique, santé publique de Bordeaux, sous la direction du Pr Hélène Amieva. Le premier objectif de cette thèse a été de synthétiser les données épidémiologiques et neuropsychologiques relatives aux personnes très âgées dans le cadre du vieillissement normal et de la démence. Le manque de connaissances, d’outils et de normes adaptées font de l’évaluation neuropsychologique chez ces personnes un véritable défi. Caroline Giulioli a développé des normes pour sept tests neuropsychologiques communément utilisés en clinique, administrés auprès d’une population de sujets très âgés, et a retenu le plus fiable, le « test des neuf images du 93 (TNI-93) ». Ce test, qui évalue la mémoire épisodique, initialement développé pour les personnes ayant un bas niveau d’études, apparaît bien adapté aux spécificités cliniques des personnes très âgées. Caroline Giulioli souligne l’importance de promouvoir la recherche dans ce domaine pour comprendre les enjeux cliniques et neuropsychologiques associés au très grand âge.

Giulioli C. Fonctionnement cognitif et démence du sujet très âgé. Thèse de doctorat en psychologie. École doctorale Sociétés, politique, santé publique de Bordeaux, en partenariat avec Bordeaux Population Health. Amieva H, dir. 14 septembre 2017.

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01629277/document (texte intégral).

Tests Alzheimer en ligne

« Dépister Alzheimer en ligne : c’est possible ? » titre CapRetraite. Le site www.jeu-test-ma-memoire.compropose un « test rapide Alzheimer », ainsi que la Fondation Recherche sur Alzheimer. Aux Etats-Unis, des sociétés commerciales proposent des tests génétiques pour connaître notamment la présence de mutations du gène APOEε4 (codant pour un transporteur du cholestérol), pouvant prédisposer à la survenue de la maladie d’Alzheimer.

Ces tests n’ont aucune valeur médicale, et incitent à aller consulter un médecin en cas de doute. La Société Alzheimer britannique met en garde contre la faible valeur prédictive de ces tests et les risques de les réaliser en dehors d’une consultation spécialisée de conseil génétique.

Porter un autre regard sur la presbyacousie

Séverine Leusie, orthophoniste, docteur en neurosciences et présidente du Groupe de recherche Alzheimer santé (GRAPSanté), alerte sur l’attitude des soignants qui côtoient les personnes âgées malentendantes à fermer les yeux sur ce qui arrive à ces personnes. « Cette attitude est d’autant plus facile à adopter que ces presbyacousiques font tout pour déplaire… Ils ne veulent pas reconnaître qu’ils sont sourds et que leur isolement retentit sur leur caractère. Ils deviennent vite difficiles à vivre et refusent les mains tendues. Alors on les oublie. » Le GRAPSAnté invite à porter sur la presbyacousie un autre regard. Lorsque l’état dépressif s’installe ou que des troubles cognitifs apparaissent, ces troubles ne sont pas rattachés à la perte auditive. La souffrance comme la douleur de la personne doivent être au centre des préoccupations. La volonté de travailler en équipe lorsqu’on bute sur un problème (généraliste, gériatre, ORL, orthophoniste), sans jamais donner de conseils contradictoires, le fait que la personne presbyacousique comprenne ce qu’on attend d’elle, la présence d’un aidant, changent complètement la situation. La personne a une part essentielle dans le résultat, et doit accéder à une consultation comparable à tout autre personne. Ses soignants auront des réponses à lui donner, un travail efficace à lui proposer. Elle constatera ses progrès, verra les premiers résultats et vivra hors de cette prison de verre à laquelle elle était condamnée.

La Lettre du GRAPSanté, octobre 2017.

www.grapsante.org/lettres/GRAP_lettre_94_octobre_2017.pdf (texte intégral).

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