Coût du diagnostic : France

La neurologue Bénédicte Defontaine, fondatrice du Réseau mémoire Aloïs, et ses collèguesont estimé et comparé les coûts des parcours initiaux du diagnostic de la maladie d’Alzheimer en ambulatoire et à l’hôpital, selon le stade de progression de la maladie, ainsi que leur prise en charge par les différents financeurs. Les coûts des parcours ont été déterminés en confrontant les pratiques d’une douzaine d’experts des milieux hospitalier et libéral. Le coût de chaque parcours a été évalué à partir d’une estimation des coûts unitaires des consultations et des examens. À l’échelle nationale, la comparaison a été faite en projetant les coûts de parcours individuels sur l’ensemble de la population de nouveaux malades (229 000) supposés être diagnostiqués en France en 2020. Pour les auteurs, un parcours initial de diagnostic en ambulatoire coûte moins cher qu’à l’hôpital : une économie moyenne de l’ordre de 850 euros par an et par patient, croissante du stade léger au stade sévère. L’économie potentielle serait de l’ordre de 200 millions au niveau national.

Defontaines B et al. Congrès national 2014 des unités de soins, d’évaluation et de prise en charge Alzheimer. La Lettre mensuelle de l’année gérontologique. Recherche et pratique clinique 2015 ; 256 : 1. Juin 2015.

Espérance de vie

Si l’on sait que la démence est associée à une mortalité plus élevée, la survie relative et les facteurs déterminants de cette survie restent moins connus. Une étude allemande longitudinale prospective (AgeCode), portant sur trois mille deux cents personnes à risque suivies pendant neuf ans, montre qu’une personne sur six (16.3%) a développé une démence durant la durée de l’étude. Le temps de survie moyen après la survenue de la maladie est de 3.2 ans à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, ce qui représente une perte de 2.6 années de vie.

Roehr S et al. Mortality in incident dementia - results from the German Study on Aging, Cognition, and Dementia in Primary Care Patients. Acta Psychiatr Scand, 5 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26052745.

Une infirmière gériatrique coordinatrice dans l’équipe de diagnostic

Une étude menée par Bart Ament et ses collègues, du département de recherche sur les services de santé de l’Université de Maastricht (Pays-Bas), portant sur deux cent cinquante patients, évalue l’intérêt d’adjoindre une infirmière gériatrique à un service ambulatoire multidisciplinaire de diagnostic des troubles cognitifs en psychogériatrie. La présence d’une infirmière coordinatrice améliore de 11% l’adhésion des médecins généralistes au plan de soins recommandé par le service de diagnostic et diminue significativement le fardeau des aidants un an après le diagnostic.

Ament BH et al. The benefit of a geriatric nurse practitioner in a multidisciplinary diagnostic service for people with cognitive disorders. BMC Res Notes 2015; 8: 217. 4 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26040514(texte intégral).

Atteinte manuelle d’un objet et déficit cognitif

Les départements de neurosciences et de médecine interne du centre médical Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas), en collaboration avec le centre expert du déficit visuel Royal Dutch Visio, ont mené une étude auprès de vingt-sept personnes consultant pour plainte cognitive. Leur capacité à atteindre un objet avec la main a été évaluée en détail grâce à des analyses du mouvement de la main et de l’œil. Les personnes ayant une perte de la capacité à réaliser une ou plusieurs activités instrumentales de la vie quotidienne (IADL) présentent un retard dans la réponse de la main et du mouvement de la main vers des cibles visibles, par rapport à des personnes sans incapacité pour les activités instrumentales.

de Boer C et al. Delays in Manual Reaching Are Associated with Impaired Functional Abilities in Early Dementia Patients. Dement Geriatr Cogn Disord 2015; 40(1-2): 63-71. 3 juin 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26043721.

La reconnaissance des émotions

L’incapacité à reconnaître plus ou moins bien les émotions des autres est observée dans de nombreuses maladies psychiatriques (notamment l’autisme et la schizophrénie) ou neurologiques (notamment la forme comportementale de la démence fronto-temporale et la maladie d’Alzheimer). De nombreuses études utilisent des photographies pour évaluer la capacité des personnes à identifier les émotions. Mais ces outils présentent plusieurs limites : les images sont statiques, ne font appel qu’à l’information visuelle et ne tiennent pas compte du contexte social. Madeleine Goodkind et ses collègues, du département de psychologie de l’Université de Californie à Berkeley (Etats-Unis), proposent un outil basé sur des séquences filmées, dans lesquelles les participants doivent reconnaître des émotions négatives (par exemple la peur), positives (par exemple la joie) et intégrées dans un contexte social (par exemple la gêne). L’étude montre que les personnes atteintes de la forme comportementale de la démence fronto-temporale présentent des déficits pour reconnaître ces trois catégories d’émotion. Ces déficits sont particulièrement prononcés pour les émotions négatives et intégrées dans un contexte social (self-conscious emotions). Dans cette étude et avec cet outil de détection, la capacité de détection des émotions est préservée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Au Royaume-Uni, Geraldine Boyle de l’Université ouverte et Lorna Warren, de l’Université de Sheffield étudient la communication émotionnelle chez six personnes atteintes de démence au stade avancé. Malgré les limitations des capacités de délibération, du discours et de l’interaction sociale, les personnes malades sont capables de « réflexivité émotionnelle », c’est-à-dire la capacité à tenir un dialogue réel ou imaginé en fonction de ce que les autres pensent, font et ressentent.

Goodkind MS et al. Emotion Recognition in Frontotemporal Dementia and Alzheimer's Disease: A New Film-Based Assessment. Emotion, 25 mai 2015.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2841311/pdf/nihms165240.pdf (texte intégral).

Boyle G et Warren L. Showing how they feel: the emotional reflexivity of people with dementia. Families, Relationships and Societies, 2 juin 2015. http://docserver.ingentaconnect.com/deliver/fasttrack/tpp/20467435/frs_ft_boyle_uploaded2_1433252552631.pdf?expires=1435141668&id=guest&checksum=999862B4D9AB6FD9B4B2A3ED70EFD7CA(texte intégral).

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