Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : le processus du diagnostic

Les experts d’ALCOVE poursuivent : « les étapes menant au diagnostic doivent permettre de faciliter une acceptation positive de la maladie, utiliser une démarche diagnostique scientifiquement validée et permettre une planification des soins après le diagnostic. Le processus diagnostique doit être pensé par rapport à l’annonce du diagnostic. Il comprend un entretien et des conseils avant l’évaluation diagnostique, avec pour objectif de fournir une information sur le processus d’évaluation diagnostique ; fournir une information sur les résultats et conséquences possibles du diagnostic ; faire connaitre à la personne son droit à refuser (et maîtriser) la poursuite de la recherche du diagnostic ». L’annonce des résultats de l’évaluation diagnostique doit être programmée (en présence de quelles personnes, et où ?) de façon à permettre l’organisation anticipée des services et interventions pouvant être proposées après un diagnostic positif. Le diagnostic « au moment opportun » comprend quatre étapes, dont chacune peut être réalisée par tout professionnel bien formé, étapes qui doivent être coordonnées autour de la personne : détection initiale des symptômes : difficultés cognitives et autres signes évocateurs de démence ; évaluation diagnostique permettant de déterminer si ces symptômes sont ou non dus à une démence ; en cas de diagnostic de démence confirmé, diagnostic du type de démence et des co-morbidités significatives ; établissement d’un programme et parcours de soins répondant aux besoins actuels et futurs. 

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : les critères de diagnostic

Les experts d’ALCOVE précisent : « les récents critères de diagnostic du syndrome de démence et de ses sous-types doivent être utilisés en pratique clinique, tout en sachant que ces critères diagnostiques constituent un domaine en pleine évolution et que des validations et révisions à venir sont attendues. L’organisation du système de santé doit intégrer l’actualisation des connaissances des professionnels sur les critères cliniques du diagnostic de démence. L’utilisation des biomarqueurs (liquide céphalorachidien et neuro imagerie fonctionnelle) est recommandée uniquement dans les centres de recherche et non en pratique clinique quotidienne ». Le diagnostic des cas complexes de démence est réalisé selon les mêmes étapes que pour les cas simples. « Des compétences particulières sont requises lorsque les personnes sont jeunes, présentent des problèmes de santé préexistants ou des déficiences intellectuelles. Dans ces situations particulières, l’évaluation diagnostique et les interventions doivent être adaptées aux besoins particuliers de cette population. Un consensus est nécessaire pour établir les bonnes pratiques cliniques vis-à-vis des modifications cognitives précoces (actuellement dénommées « troubles cognitifs légers », mild cognitive impairment-MCI). Les modifications à venir des classifications diagnostiques devraient clarifier la définition des modifications cognitives précoces et leur gestion en pratique clinique. Actuellement, le label MCI est, du point de vue de la santé publique, du domaine de la recherche. Quand les personnes sont informées qu’elles présentent des modifications cognitives précoces, des conseils et un soutien devraient être apportés tout au long d’un suivi clairement organisé à court, moyen et long terme. » 

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : une détection des troubles par l’ensemble des personnels compét...

Pour le groupe ALCOVE, « il est nécessaire d’augmenter les personnels de santé et médico-sociaux compétents à toutes les étapes pour faciliter la détection « au moment opportun », une évaluation diagnostique fondée sur les preuves et une bonne acceptation de la maladie. Lors de la planification des politiques de santé pour la démence, la formation des professionnels et le développement de services correspondants sont pris en compte. Les médecins généralistes et leurs collègues, exerçant en ambulatoire, dans les maisons de retraite ou les courts séjours hospitaliers devraient bénéficier de formations théoriques et pratiques, assorties d‘outils validés d’aide à la décision pour les renforcer dans leur rôle de détection de la démence. L’organisation du système de santé favorise la détection précoce de la démence par le médecin traitant en mettant en place des coopérations avec les autres spécialistes, des recommandations pour la détection, de la formation théorique et pratique. Les services spécialisés de second recours (consultations spécialisées, consultations mémoire) peuvent améliorer le diagnostic « au moment opportun », mais ce modèle est difficile à mettre en œuvre lorsqu’il existe un manque de spécialistes compétents ou dans des territoires ruraux avec une population dispersée. Une politique active est mise en place envers la majorité des équipes de professionnels travaillant dans le domaine de la santé, du médico-social et en ambulatoire, pour favoriser l’alliance thérapeutique, l’adaptabilité et l’implication des personnes et de leurs familles dès l’annonce du diagnostic de la maladie. »

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

Une approche structurée du diagnostic pour le médecin de famille

« L’incertitude sur le plan du diagnostic et la complexité des soins requis par les patients atteints de démence demeurent des obstacles considérables au diagnostic et à la prise en charge précoces de la démence en soins primaires », écrivent Linda Lee, directrice du centre mémoire de médecine familiale de l’Université McMaster de Hamilton (Ontario, Canada), et ses collègues. Les auteurs proposent, à l’intention des médecins généralistes, une approche de raisonnement clinique en sept étapes pour les patients ayant un problème de mémoire. Élaboré avec le soutien du Collège des médecins de famille de l’Ontario, ce raisonnement se fonde sur un programme agréé de formation continue.

Lee L et al. Approche structurée en pratique familiale pour les patients ayant des problèmes de mémoire. Can Fam Physician 2013; 59: e129-e34. Mars 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3596219/pdf/059e129.pdf.

Capacité à consentir à la recherche

Une étude menée par Emmanuelle Duron, du département de gériatrie de l’hôpital Broca (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), auprès de soixante-et-une personnes vues en centre mémoire, montre que l’échelle UBACC (University of California Brief Assessment of Capacity to Consent), un questionnaire rapide pour évaluer la capacité des personnes malades à donner leur consentement pour des recherches biomédicales) et validé jusqu’à présent pour des patients schizophrènes, peut être utilisé chez les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs.

Duron E et al. Capacity to Consent to Biomedical Research's Evaluation among Older Cognitively Impaired Patients. A Study to Validate the University of California Brief Assessment of Capacity to Consent Questionnaire in French among Older Cognitively Impaired Patients. J Nutr Health Aging 2013; 17(4): 385-389. Avril 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23538663.

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