Détection du déficit cognitif après un accident vasculaire cérébral

Louisa Burton et Sarah Tyson, du centre de recherche sur l’accident vasculaire cérébral (AVC) de l’Université de Manchester (Royaume-Uni), proposent une revue systématique des outils de détection du déficit cognitif consécutif à un AVC. Seuls deux outils satisfont à la validité psychométrique et à l’utilité clinique : les tests MoCA (Montreal cognitive assessment) et MMSE (mini-mental state examination). Le MMSE est le plus précis pour détecter une démence, et ne devrait être utilisé que pour cela, recommandent les auteurs. Le test IQCODE (informant questionnaire for cognitive decline in the elderly) est utile lorsque le patient ne peut répondre et que la présence d’un tiers est requise.

Burton L et Tyson SF. Screening for cognitive impairment after stroke: A systematic review of psychometric properties and clinical utility. J Rehabil Med 2015, 12 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25590458.

Approches ethniques et culturelles : le diagnostic (1)

Aux Etats-Unis, les Afro-américains ont deux fois plus de risque de développer une maladie d’Alzheimer à un âge avancé et se font moins souvent diagnostiquer que la population blanche du même âge, selon l’Association Alzheimer américaine. Les approches ethniques et culturelles de la maladie d’Alzheimer se développent dans le monde anglo-saxon. Une étude coordonnée par John Ringman, du centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer à l’Université de Californie de Los Angeles (Etats-Unis), portant sur près de trois cents personnes âgées de cinquante ans et plus vivant à domicile, montre ainsi que le diagnostic de maladie d’Alzheimer probable ou de démence vasculaire probable est porté quatre ans plus tôt chez les Américains d’origine hispanique que chez les Blancs d’origine non hispanique.  Cette différence n’est expliquée que par l’origine ethnique. Les auteurs explorent d’autres facteurs culturels, génétiques ou médicaux pouvant influencer l’âge de survenue de la démence dans cette population (Fitten LJ et al). Christiane Reitz et Richard Mayeux, professeurs de neurologie à l’Université Columbia de New York, ont récemment publié une synthèse des connaissances sur les relations entre la maladie d’Alzheimer et la génétique des populations.  La plupart des études génétiques ont été menées sur des populations essentiellement blanches. Les minorités ethniques afro-américaine et hispanique y sont peu représentées, même si l’on observe une incidence plus élevée de la maladie dans ces populations. Une étude coordonnée par Mary Mittelman, du département de psychiatrie de l’Université de New York, menée auprès de cent trente-neuf aidants familiaux d’origine hispanique, montre que les comorbidités des aidants sont associées à une plus grande sévérité des symptômes dépressifs (Luchsinger JA et al).

www.alz.org/africanamerican/, 10 février 2015. Fitten LJ et al. Younger age of dementia diagnosis in a Hispanic population in southern California. Int J Geriatr Psychiatry 2014; 29(6): 586-593. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24478258. Reitz C et Mayeux R. Genetics of Alzheimer's disease in Caribbean Hispanic and African American populations. Biol Psychiatry 2014; 75(7): 534-541. Avril 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23890735. Luchsinger JA et al.Characteristics and Mental Health of Hispanic Dementia Caregivers in New York City. J Alzheimers Dis Other Demen, 29 janvier 2015.www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25635108.

Approches ethniques et culturelles : le diagnostic (2)

En Chine, une étude menée par Hsin-Yi Hsiao, professeur assistant de travail social à l’Université de Californie du Sud (Etats-Unis), auprès de quarante services de santé mentale de Pékin dans deux zones de la mégalopole de Pékin (district de Xicheng, au centre-ville, 32 km2, 700 000 habitants, et district de Daxing en banlieue, 1 000 km2, 670 000 habitants), montre des disparités territoriales en terme de diagnostic précoce et de compétences à conseiller les personnes atteintes de démence. Pour les auteurs, il serait urgent de mettre en place une éducation culturellement adaptée des professionnels, ainsi qu’un modèle d’aide et de soins spécialisés Alzheimer pour les personnes malades et leurs familles.

En Iran, Amrollah Ebrahimi et ses collègues, du département de psychiatrie de l’Université de sciences médicales d’Ispahan, ont développé une version persane du test KICA (Kimberley indigenous cognitive assessment) pour évaluer les troubles cognitifs chez les personnes illettrées vues en gériatrie.

Une étude internationale, menée par Daniel Mograbi de l’Institut de psychiatrie du King’s College de Londres, auprès de huit cents personnes atteintes de démence en Amérique latine, en Chine et en Inde, montre que la connaissance de la maladie par la personne malade elle-même est influencée, dans chaque contexte culturel, par des variables cognitives (fluence verbale en Chine, déficit visuel et spatial en Amérique latine) et des symptômes psycho-comportementaux (manies en Amérique latine, hallucinations en Chine). Les mesures de la connaissance de la maladie par la personne malade, lorsqu’elles sont recueillies via un tiers, sont plus subjectives et moins sensibles que les mesures de performance réelle de la personne malade à des tests cognitifs.

Hsiao HY et al. Knowledge, Attitudes, and Clinical Practices for Patients With Dementia Among Mental Health Providers in China: City and Town Differences. Gerontol Geriatr Educ, 27 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25625718. Ebrahimi A et al. Preparing a persian version of kimberley indigenous cognitive assessment for assessing the cognitive problems of illiterate geriatric patients. Adv Biomed Res 2015; 4: 7. 6 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4300600/ (texte intégral).

Capacité financière

Les cliniciens sont souvent en première ligne pour répondre aux questions concernant la capacité de décision financière des personnes âgées, c’est-à-dire la capacité de celles-ci à gérer de façon satisfaisante leurs affaires financières en cohérence avec leur propre intérêt et leurs valeurs personnelles, rappellent le Pr Nancy Pachana et ses collègues, de l’École de psychologie de l’Université du Queensland (Australie). Mais les options d’évaluation de la capacité financière sont souvent mal comprises, et les cliniciens manquent d’un outil simple. Il s’agit notamment de recueillir des données de contexte en plus de l’entretien clinique.

Gardiner PA et al. Financial capacity in older adults: a growing concern for clinicians. Med J Aust 2015; 202(2):82-85. 2 février 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25627739.

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