Vous avez dit « psychose » ?

La psychologue israélienne Jiska Cohen-Mansfield, de l’École de santé publique de l’Université de Tel-Aviv, est une spécialiste mondiale de la mesure des troubles psycho-comportementaux associés à la démence. Son équipe a analysé en profondeur des données qualitatives concernant les antécédents, les conséquences et les descriptions des « hallucinations » de personnes atteintes de démence, rapportées par leurs aidants familiaux. Les chercheurs observent un recouvrement entre les symptômes connus de la démence et les caractéristiques des « hallucinations » : « Il apparaît donc que ce qui est souvent classé comme une hallucination de nature apparemment psychotique n’est en fait que la désorientation de la personne malade, combinée à une tentative de "combler les lacunes" causées par les déficits cognitifs. »

Cohen-Mansfield J et al. Rethinking Psychosis in Dementia: An Analysis of Antecedents and Explanations. Am J Alzheimers Dis Other Demen, 4 mai 2017.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28468553.

Maladie d’Alzheimer au stade préclinique : un concept hétérogène

« La maladie d’Alzheimer au stade préclinique est un concept relativement récent décrivant une entité caractérisée par la présence d’un biomarqueur pathophysiologique caractéristique de la maladie d’Alzheimer, en l’absence de symptômes cliniques spécifiques », écrivent le Pr Dubois et ses collègues, du département de neurologie du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Les chercheurs publient une revue systématique des cohortes ayant étayé ce concept. « Il existe un intérêt croissant pour définir une population-cible au stade préclinique, principalement en raison de l’échec de tous les essais cliniques. » Peu d’études s’intéressent à ce stade silencieux de la maladie. La revue révèle une hétérogénéité importante en ce qui concerne les trois déterminants principaux de la maladie à ce stade : la « cognition normale », le « déclin cognitif » et « la signature physiopathologique de la maladie d’Alzheimer ». Les chercheurs appellent à une nomenclature harmonisée du concept de maladie d’Alzheimer au stade préclinique et des critères opérationnels unifiés pour les études cliniques. »

Epelbaum S et al. Preclinical Alzheimer's disease: A systematic review of the cohorts underlying the concept. Alzheimers Dement 2017; 13(4): 454-467. Avril 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28188032.

Du déficit cognitif léger au déclin cognitif subjectif : évolution du concept

Yu-Wen Cheng et ses collègues, des départements de neurologie et psychologie de l’Université nationale de Taiwan, proposent une revue de l’évolution des concepts et des méthodes utilisées depuis vingt ans pour identifier les personnes au stade précoce de la maladie d’Alzheimer. De nombreuses études montrent que le déficit cognitif léger est associé à un risque plus élevé de présence des biomarqueurs (protéine amyloïde, protéine tau), ainsi qu’à un taux de conversion du déficit cognitif léger vers la maladie d’Alzheimer de 5% à 17% par an. « Les stades précliniques de la maladie d’Alzheimer constituent une cible thérapeutique potentielle », écrivent les auteurs. « Le déficit cognitif léger est la transition du vieillissement normal vers la démence.  Mais les échecs des essais cliniques de médicaments menés au stade du déficit cognitif léger ont été décevants. Pour étendre le spectre de la maladie d’Alzheimer à un stade encore plus précoce que le déficit cognitif léger, le déficit cognitif subjectif a été introduit, défini comme un déclin cognitif auto-déclaré avant que les déficits puissent être détectés par des tests cognitifs. Les personnes ayant un déficit cognitif subjectif présentent un risque accru de pathologie Alzheimer. Cependant, le déficit cognitif subjectif peut aussi être causé par d’autres étiologies hétérogènes, comme des maladies neurodégénératives ou psychiatriques, des traits de personnalité, la condition physique ou l’usage de médicaments. »

Cheng YW et al. From mild cognitive impairment to subjective cognitive decline: conceptual and methodological evolution. Neuropsychiatr Dis Treat 2017; 13: 491–498. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5317337/.

Déficit cognitif léger : quelle évolution dans les trois ans ?

Une étude menée par Matthew Clem, des départements de psychiatrie et de neurologie de l’Université du Texas à Dallas (Etats-Unis), auprès de mille personnes atteintes de déficit cognitif léger suivies pendant trois ans, montre que 56% restent dans un état stable et 44% progressent vers une démence. Les facteurs protecteurs les plus importants sont la capacité de rappel espacé, la vitesse de traitement de l’information, un plus jeune âge et l’absence de mutation génétique sur le gène de prédisposition APOEε4 (codant pour un précurseur du cholestérol, et qui est présent chez une personne sur six).

Clem MA et al. Predictors That a Diagnosis of Mild Cognitive Impairment Will Remain Stable 3 Years Later. Cogn Behav Neurol 2017; 30(1): 8-15. Mars 2017.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28323681.

Plan Maladies neurodégénératives : stratégie de diagnostic de la démence

Une nouvelle stratégie de diagnostic de la démence, fruit de collaborations internationales, a été construite dans le cadre d’un groupe expert sur le diagnostic et le soutien post-diagnostic, piloté par le Pr Pierre Krolak Salmon, neurologue et gériatre, vice-président de la Fédération nationale des centres mémoire de ressources et de recherche, et co-animé avec le Dr Armelle Leperre, chef de service adjoint du service de médecine du vieillissement et soins de longue durée aux Hospices civils de Lyon. La version française a été élaborée avec le Collège de médecine Générale (CMG), ce qui permettra de lancer des actions nationales de diffusion, de communication et de formation continue auprès des étudiants, médecins généralistes et spécialistes.

PMND Flash Info, avril 2017.

Retour haut de page