Diagnostiquer les malades jeunes, et après ?

Une étude menée par Zeina Chemali, de l’Ecole médicale Harvard (Boston, Etats-Unis), auprès de quatre-vingt-cinq personnes atteintes d’une forme précoce de la maladie d’Alzheimer, montre que si la majorité d’entre elles ont bénéficié d’une prise en charge médicale extensive et ont été « lourdement traités par des médicaments », elles sont restés chez elles sans services d’accompagnement ni possibilité d’hébergement, malgré l’ « écrasant fardeau de l’aidant ». Les auteurs présentent un schéma des services et options disponibles ou fermées à cette population de personnes malades, et dénoncent « un système frustrant de ressources après le soin ».

Chemali Z et al. Diagnosing early onset dementia and then what ? A frustrating system of aftercare resources. Int J Gen Med 2012 ; 5 : 81-86. 19 janvier 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3265995/pdf/ijgm-5-081.pdf.

Nouveaux critères de diagnostic : mise en cause du diagnostic de la forme légère

Une étude du Dr John Morris, de l’Institut de recherche Knight sur la maladie d’Alzheimer à Saint Louis (Missouri, Etats-Unis), portant sur dix-sept mille personnes sans troubles cognitifs, atteintes de déficit cognitif léger ou de démence de type Alzheimer, montre que 99.8% des personnes ayant un diagnostic de démence de type Alzheimer au stade très léger et 92.7% au stade léger pourraient être reclassées comme ayant un diagnostic de déficit cognitif léger selon les nouveaux critères de diagnostic, sur la base de leur niveau d’incapacité mesuré sur l’échelle CDR (clinical dementia rating) dans les domaines des activités instrumentales de la vie quotidienne. Les nouveaux critères diagnostiques de l’Institut national du vieillissement américain (NIA) autorisent en effet, au stade du déficit cognitif léger, des « problèmes légers » lorsqu’il s’agit de gérer les finances personnelles (réunir les documents pour la déclaration d’impôts, faire des chèques), préparer les repas, faire les courses. Une large proportion des personnes malades (de 30% à 90% selon l’activité concernée) peut être considérée comme autonome (n’ayant pas besoin d’assistance) pour ces activités. La distinction entre déficit cognitif léger et les stades les plus légers de la démence de type Alzheimer est donc remise en question par les nouveaux critères de diagnostic du déficit cognitif léger.

Morris JC. Revised Criteria for Mild cognitive Impairment May Compromise the Diagnosis of Alzheimer Disease Dementia.  Arch Neurol, 6 février 2012. http://archneur.ama-assn.org/cgi/reprint/archneurol.2011.3152 (texte integral). Albert MS, DeKosky ST et al. The diagnosis of mild cognitive impairment due to Alzheimer’s disease : recommendations from the National institute on Aging-Alzheimer’s Association workgroups on diagnostic guidelines for Alzheimer’s disease. Alzheimer’s Dement 2011; 7(3): 270-279. http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/1552 (texte intégral).

Plainte mnésique subjective en médecine générale : un facteur prédictif

Frans Boch Waldorff et ses collègues, des départements de santé publique et neurologie de l’Université de Copenhague (Danemark), ont suivi pendant quatre ans, une cohorte de sept cent cinquante-huit personnes âgées de soixante-cinq ans et plus, vivant à domicile et consultant leur médecin généraliste. Lorsque le médecin leur a demandé s’ils avaient des problèmes de mémoire, 24% ont répondu oui, et 6.6% ont eu un diagnostic hospitalier de démence dans les quatre ans. La plainte mnésique est associée significativement à la survenue d’une démence, le risque étant multiplié par 2.2 par rapport à des personnes sans plainte mnésique. Pour les auteurs, il est utile que le médecin généraliste demande s’il existe des troubles de la mémoire afin d’identifier les personnes à risque.

Waldorff FB et al. Subjective memory complaints in general practice predicts future dementia : a 4-year follow-up study. Int J Gen Psychiatr, 17 janvier 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22253004.

Détection du déficit cognitif léger en service de soins de suite et réadaptation

Une étude française, menée par le groupe de cliniques Orpéa/Clinéa auprès de deux cent soixante-dix-neuf personnes de plus de soixante-quinze ans admises en service de soins de suite et réadaptation, dénombre cent cinq nouveaux cas de déficit cognitif (38%), dont soixante-deux de démence (22%). Les auteurs soulignent l’intérêt de généraliser la détection du déficit cognitif à l’entrée dans ces établissements, en coordination avec les consultations mémoire et les médecins généralistes.

Porte P et al. Screening of patients with cognitive impairment when entering a rehabilitation unit. Geriatr Gerontol Int 2012 ; 12(12) : 23-29. Janvier 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21635670.

Fragilité : grille d’évaluation rapide

La Fédération des réseaux de santé gérontologiques d’Ile-de-France (FREGIF) présente la grille SEGA (Sommaire évaluation du profil gériatrique à l’admission), un outil d’évaluation rapide de la fragilité, conçue par le laboratoire Santé publique, vieillissement, qualité de vie, réadaptation des sujets fragiles de Reims. Cette grille sera évaluée en 2012 dans le cadre d’un programme hospitalier de recherche clinique. Plusieurs réseaux de santé gérontologiques expérimentent déjà cet outil.

Grille individuelle d’évaluation du niveau de fragilité. www.fregif.org/docs/groupe-reseaux-sfgg/2012-01-sfgg-grille-sega-modifiee-599.pdf. Lettre d’actualité de la FREGIF, janvier-février 2012. www.agevillagepro.com, 30 janvier 2012. 

Retour haut de page