Détection de masse

Keiichi Onoda et ses collègues, du département de neurologie et du centre de recherche et d’éducation en santé communautaire de l’Université Shimane à Matsue (Japon) ont développé et validé un test de détection du déficit cognitif sur tablette sans clavier, comprenant différents critères d’évaluation : mémoire immédiate (trois mots), mémoire sémantique, catégorisation de six objets, soustraction, répétition de chiffres à rebours, rotation d’un cube, rotation d’une pyramide, attention visuelle et changement de tâche (Trail making tests A-B), et mémoire différée. Pour les auteurs, cet outil pourrait être utilisé pour la détection de masse de la démence au Japon.

Onoda K et al. Validation of a new mass screening tool for cognitive impairment: Cognitive Assessment for Dementia, iPad version. Clin Interv Aging, 25 mars 2013. http://scholar.google.fr/scholar_url?hl=fr&q=http://www.dovepress.com/getfile.php%3FfileID%3D15586&sa=X&scisig=AAGBfm2-IIubWO5VFmvz8VQ64xaW5nZSjQ&oi=scholaralrt (texte intégral).

Peut-on parler de dépistage de la maladie ?

« Non, on ne fait pas de dépistage, dans la mesure où il n’est pas question de chercher à savoir s’il y a des lésions de type Alzheimer chez un patient qui ne souffre de rien, qui ne se plaint de rien », explique le Professeur Florence Pasquier, responsable du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) au CHRU de Lille et coordonnatrice du centre national de référence pour les malades Alzheimer jeunes (CND-MAJ). « Les plaintes de mémoire, quand on est jeune, peuvent avoir de multiples raisons : la fatigue, le stress… C’est souvent un problème d’attention. Ce n’est pas forcément un trouble mnésique. En revanche, si on a fait le tour des autres questions, si la mémoire est déficiente, si la plainte est anormale, il faut faire des examens complémentaires pour porter peut-être un diagnostic de maladie d’Alzheimer ou d’une autre maladie. Chez les personnes plus jeunes, la proportion de maladies apparentées est beaucoup plus importante que chez les patients âgés. Si vous venez avec un trouble cognitif à l’âge de quatre-vingts ans, trois fois sur quatre, c’est une maladie d’Alzheimer, généralement avec des lésions vasculaires. Chez les personnes jeunes, ce ne sera qu’une fois sur deux. Les dégénérescences fronto-temporales (qui s’accompagnent de troubles du langage…), la démence à corps de Lewy, la démence vasculaire ou des causes plus rares peuvent être à l’origine du déclin cognitif ». Les personnes peuvent aller dans un CMRR où il y a un référent pour les malades jeunes », poursuit le Professeur Pasquier. « Ils ne sont pas plus nombreux qu’il y a vingt ou quarante ans. Nous faisons juste un meilleur diagnostic ».

Doc’Alzheimer, janvier-mars 2013.

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : l’opportunité d’un diagnostic précoce

Les équipes d'ALCOVE (Alzheimer Cooperative Valuation in Europe), un groupe de travail européen coordonné par la France et réunissant dix-neuf États-membres ont publié une série de recommandations destinées à la fois aux décideurs, aux professionnels de santé, aux personnes malades et à leur famille. Martine Perez, du Figaro, écrit : « sur la question de l'opportunité d'un diagnostic précoce, encore débattue aujourd'hui, le groupe d'experts a souligné la nécessité de concilier un diagnostic au plus tôt, qui soit respectueux des droits et des souhaits de la personne et défende un parcours de soins cohérent. ALCOVE propose ainsi des stratégies progressives pour le diagnostic de démences. "Il faut prendre en compte le contexte du diagnostic, c'est-à-dire à la fois le droit de la personne à connaître sa maladie mais également son droit à refuser les explorations. Cette décision de la personne doit être éclairée par la mise à disposition de l'ensemble des informations sur les examens pour le diagnostic et les conséquences de ce diagnostic", expliquent les équipes d'Alcove dans un communiqué. Comment annoncer à un patient ce diagnostic lourd, qui va le rendre dépendant au cours des années suivantes, sans pour autant pouvoir lui proposer des médicaments curatifs mais plutôt un aménagement du mode de vie ? », s’interroge Martine Perez, qui ajoute : « si la démarche de ce groupe de travail est intéressante, les recommandations à ce stade restent vagues : sans doute est-il difficile de proposer des référentiels pour des pays ayant des structures sociales et familiales et des infrastructures sanitaires très différentes. »

Le Figaro, 31 mars 2013. ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013. www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : les principes fondamentaux du diagnostic

Le groupe ALCOVE pose des principes fondamentaux : « le diagnostic de démence devrait être centré sur la personne, et les actions qui accompagnent le diagnostic devraient suivre les principes suivants : le diagnostic « au moment opportun » de la démence devrait être proposé à tous les citoyens qui le souhaitent et accessible à tous, dès que les premières modifications des fonctions cognitives sont rapportées par les personnes. Vaincre la peur et lutter contre la stigmatisation de la démence est un préalable nécessaire pour augmenter le nombre de personnes osant aller se faire diagnostiquer : dès qu’un diagnostic de démence est suspecté chez une personne, ses droits et ses souhaits doivent être absolument pris en compte durant tout le processus conduisant au diagnostic ; annoncer ou découvrir un diagnostic de démence constituent des moments clés dans le processus complexe d’acceptation et d’adaptation de la personne et de son entourage à la maladie. Les besoins de la personne et de ses proches doivent être au cœur de l’évaluation initiale et des interventions diagnostiques et post-diagnostiques ».

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf(texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : le repérage ciblé

« Dans les cas où il existe des services disponibles et bénéfiques pour la personne et sa famille », poursuivent les experts, « le repérage ciblé peut être un moyen efficace pour identifier les personnes et améliorer le diagnostic. Un repérage ciblé et opportuniste en ambulatoire, dans les courts séjours hospitaliers ou les maisons de retraite devrait être mis en place et des mesures prises pour s’assurer que les services et soins de supports sont disponibles pour apporter un bénéfice à la personne et à sa famille. Le dépistage systématique en population générale n’est pas recommandé tant qu’il n’existe pas de preuves scientifiques quant aux possibilités de pouvoir associer ce dépistage à des interventions de prévention ou des interventions retardant le processus de dégradation induit par la démence. »

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

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