Maladie d’Alzheimer et déficience visuellle

Ron Bramley, directeur général du Thomas Pocklington Trust (une fondation britannique dont la mission est d’améliorer la qualité de vie des personnes ayant perdu la vue), regrette que le plan Alzheimer anglais ne fasse aucune mention de la déficience visuelle. Selon lui, la nouvelle stratégie nationale continue à considérer la maladie d’Alzheimer sous le seul angle de la santé mentale, sans reconnaître que les déficiences visuelles ou sensorielles sont des facteurs associés à la confusion et aux troubles du comportement. La coordination entre les spécialistes de la maladie d’Alzheimer et les professionnels de la vision, pour reconnaître les troubles de la vision chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ne peut être effective si les deux cultures professionnelles s’ignorent. Le Thomas Pocklington Trust a publié en novembre 2008 une étude qualitative sur le vécu et les besoins des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer déficientes visuelles, menée par Vanessa Lawrence, Joanna Murray, Sube Banerjee (l’un des rédacteurs du plan Alzheimer anglais) et Dominic Ffytche du King’s College de Londres auprès de dix-sept personnes malades, dix-sept aidants familiaux et dix-huit aidants professionnels, recommandant de poursuivre la recherche dans quatre directions : identifier la prévalence de la déficience visuelle chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, vivant à domicile ou en établissement ; évaluer les techniques telles que la thérapie d’orientation et la thérapie de validation chez les personnes âgées présentant à la fois une démence et une déficience visuelle ; explorer si le conseil et le soutien peuvent être utilisés pour aider les personnes âgées à développer des stratégies mieux adaptées pour faire face à la situation ; identifier les meilleures méthodes pour prendre en charge les hallucinations visuelles chez les personnes âgées présentant simultanément des troubles cognitifs et une perte de la vision.
www.medicalnewstoday.com , 5 février 2009. Thomas Pocklington Trust. Lawrence V et al. The experiences and needs of people with dementia and serious visual impairment: a qualitative study. www.pocklington-trust.org.uk , novembre 2008.

Vieillissement cérébral et audition

L’Institut national du vieillissement américain estime que la déficience auditive touche environ un tiers des Américains âgés de soixante-cinq à soixante-quatorze ans et la moitié de ceux de plus de quatre-vingt-cinq ans. Les personnes âgées ont souvent du mal à reconnaître les mots dans un environnement bruyant. Une étude du service d’ORL de l’Université de Caroline du Sud (Etats-Unis) a utilisé l’imagerie cérébrale pour comparer un groupe de dix-huit personnes âgées de dix-neuf à trente-neuf ans et un groupe de dix-huit personnes âgées de soixante-et-un à soixante-dix-neuf ans, placés dans des conditions d’écoute difficiles, où il fallait identifier certains mots ayant été filtrés pour réduire l’intelligibilité. La performance plus faible des personnes âgées à ce test s’explique par une réduction de la taille du cortex auditif.
Pour le Dr Kelly Harris, coordinatrice de l’étude, les aides auditives ne peuvent pas résoudre tous les problèmes. Elles améliorent souvent la capacité à entendre, mais il subsiste d’autres problèmes à résoudre au niveau du cerveau, et des efforts restent à faire en termes de réhabilitation. Pour Robert Frisina, professeur d’otorhinolaryngologie, de génie biomédical, neurobiologie et anatomie à l’Université de Rochester (New York, Etats-Unis) cette étude d’imagerie est « pionnière et très prometteuse ».
Medline plus, 20 février 2009. 2009 Midwinter meeting of the Association for Research in Otorhinolaryngology, Baltimore, 22 février 2009.

Evaluation de l’autonomie : nouvel outil

En Allemagne, le comité consultatif de révision de la notion de soins de longue durée(Beirates zur Überprüfung des Pflegebedürftigkeitsbegriffs) a remis à la ministre fédérale de la Santé, Ulla Schmidt, des recommandations sur la notion de dépendance et un nouvel instrument d’évaluation du degré d’autonomie (Begutachtungsinstrument). 
Heike von Lützau-Holbein, présidente de la société Alzheimer allemande, salue ces recommandations, indique que des expérimentations de ce nouvel instrument montrent qu’il évalue correctement les besoins des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et souhaite sa mise en œuvre le plus rapidement possible, afin que les personnes malades puissent accéder plus facilement aux prestations de l’assurance dépendance.
www.deutsche-alzheimer.de , 19 janvier 2009www.bmg.bund.de , 21 janvier 2009 (sites en allemand).

Compétences cognitives de l’aidant: quel impact sur l’évaluation de l’autonomie ?

Le diagnostic initial et le traitement des troubles cognitifs s’appuient en partie sur les déclarations des aidants concernant l’autonomie de la personne malade pour les activités de la vie quotidienne (AVQ). Ces déclarations, subjectives, ne sont pas toujours fiables et conduisent à un biais dans l’évaluation de l’autonomie. Deux chercheurs de Phoenix (Etats-Unis) ont étudié les compétences cognitives des aidants, notamment dans le fonctionnement exécutif, comme variable explicative des désaccords entre les déclarations des aidants et les capacités objectives réelles des personnes malades, auprès de quarante couples aidants-aidés, les troubles cognitifs de la personne malade allant du déficit léger au stade modéré de la maladie d’Alzheimer. Les facteurs prédictifs significatifs d’un désaccord entre la déclaration subjective et la mesure objective de l’autonomie de la personne malade sont les fonctions exécutives de l’aidant et son niveau d’éducation.
Family Caregiver Alliance. 4 février 2009. Gerontologist . Bottiggi Dassel K et Schmitt FA.The Impact of Caregiver Executive Skills on Reports of Patient Functioning. Décembre 2008.

Âgisme

Une enquête de l’association britannique Help the aged , menée auprès de deux cents médecins membres de la Société britannique de gériatrie, montre que 66% des médecins pensent que des examens complémentaires ne seront pas demandés pour explorer les symptômes présentés par des personnes âgées. 72% des médecins interrogés pensent que les personnes âgées bénéficient moins souvent de traitements neurochirurgicaux ou de chimiothérapies anti-cancéreuses. 77% des médecins interrogés se déclarent favorables à des lois contre la discrimination liée à l’âge dans l’accès aux prestations du service national de santé (NHS).
www.telegraph.co.uk , 26 janvier 2009.

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