Fragmentation du sommeil

Une étude prospective de cohorte canadienne, menée par Andrew Lim, de la division de neurologie de l’Université de Toronto, auprès de sept cents personnes âgées vivant à domicile, non atteintes de démence à l’inclusion et suivies pendant 3.3 ans, montre qu’une personne dormant d’un sommeil hautement fragmenté a un risque multiplié par 1.5 de développer une maladie d’Alzheimer, par rapport à une personne ayant un sommeil peu fragmenté.

Lim AS et al. Sleep Fragmentation and the Risk of Incident Alzheimer's Disease and Cognitive Decline in Older Persons. Sleep 2013; 36(7):1027-1032. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23814339.

Risque vasculaire et symptômes neuropsychiatriques : quel rapport ?

Une étude menée par le département de psychiatrie et sciences du comportement de l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) auprès de trois cent vingt-sept personnes atteintes de maladie d’Alzheimer incidente, montre que les facteurs de risque vasculaire ne sont pas significativement associés à la modification des symptômes neuropsychiatriques individuels lorsque la maladie progresse. La prise de médicaments antihypertenseurs plus de quatre fois par semaine est associée à une augmentation des troubles neuropsychiatriques totaux et des symptômes de type affectif.

Steinberg M et al. Vascular risk factors and neuropsychiatric symptoms in Alzheimer's disease: the Cache County Study. Int J Geriatr Psychiatry, 17 mai 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23681754.

Risque cardiovasculaire : la fibrillation auriculaire

Une étude multicentrique portant sur cinq mille neuf cents personnes âgées de soixante-cinq ans, menée par Evan Thacker, du département d’épidémiologie de l’université d’Alabama à Birmingham (Etats-Unis), montre que 10.7% développent une fibrillation auriculaire (appelée aussi fibrillation atriale, le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent) dans les sept ans après l’inclusion. Chez les personnes âgées de quatre-vingt à quatre-vingt-cinq ans, le déclin cognitif à cinq ans est plus rapide en présence d’une fibrillation auriculaire (-10.3 points sur l’échelle MMSE-mini-mental state examination) qu’en son absence (-6.4 points de MMSE). En l’absence d’accident vasculaire cérébral, les personnes atteintes de fibrillation auriculaire développent un déficit cognitif ou une démence plus tôt que des personnes sans antécédent de fibrillation.

La Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) et la Société française de cardiologie (SFC) publient un consensus d’experts sur la prise en charge de la fibrillation atriale chez le sujet âgé. Ce trouble du rythme touche en France entre six cent mille et un million de personnes, dont les deux tiers sont âgés de plus de soixante-quinze ans. La fibrillation atriale majore le risque de mortalité et représente un facteur majeur de risque d‘accident vasculaire cérébral ischémique (AVC). Chez la personne âgée atteinte de fibrillation atriale, les comorbidités sont fréquentes et aggravent le pronostic. La prise en charge doit s’accompagner d’une évaluation gériatrique standardisée (EGS) qui apprécie les éléments médicaux, psychosociaux et permet une évaluation fonctionnelle du patient et de sa situation sociale. Elle conduit à identifier certaines comorbidités ou syndromes gériatriques (troubles cognitifs, chutes, dénutrition, dépression).

Thacker EL et al. Atrial fibrillation and cognitive decline: A longitudinal cohort study. Neurologie, 5 juin 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23739229. Hanon O et al. Consensus d’experts de la Société française de gériatrie et gérontologie et de la Société française de cardiologie, sur la prise en charge de la fibrillation atriale du sujet âgé. Gériatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2013 ; 11(2) : 117-143. Juin 2013. http://www.jle.com/e-docs/00/04/88/5B/article.phtml?fichier=images.htm.

Utiliser les souvenirs pour comprendre les autres

Noémie Moreau et ses collègues, du département de neurologie du centre hospitalier du Pays d’Aix (CNRS LPL UMR 7309), proposent une revue sur la « théorie de l’esprit » (theory of mind), qui concerne la capacité d’attribuer des états mentaux (croyance, intention, désir, connaissance…) à soi-même et aux autres. Cette aptitude enrichit qualitativement les interactions sociales (communication, collaboration, compétition, apprentissage...). Des données neuroanatomiques récentes montrent que les souvenirs des événements passés et l’inférence de l’état d’esprit des autres utilisent le même réseau cérébral, ce qui suggère un mécanisme commun. Le déficit des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, au sens de la maladie de l’esprit, pourrait être ainsi lié à leurs difficultés à se rappeler leurs interactions sociales passées.

Moreau N et al. Using memories to understand others: The role of Episodic Memory in Theory of Mind impairment in Alzheimer disease. Aging Res Rev, 6 juillet 2013. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1568163713000494.

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