Métabolisme du cholestérol : un gène protecteur ?

Après avoir analysé huit cents cerveaux de Québécois, tous descendants des fondateurs venus d’Europe depuis trois cents ans, l’équipe du Dr Judes Poirier, de l’Institut Douglas de Montréal, a constaté que la présence du gène de l’enzyme HMG CoA réductase réduit les risques de survenue de la maladie d’Alzheimer de 30% chez les hommes et de 50% chez les femmes. « C’est un gène qu’on connaît déjà très bien dans les maladies cardiovasculaires. Il sert principalement à fabriquer le cholestérol et c’est une variante naturelle qui existe déjà chez environ 25% des Québécois », note le Dr Poirier. La présence de ce gène permettrait de reporter de quatre à cinq ans le développement de la maladie. « On arriverait à éliminer la moitié des cas mondiaux si on avait des médicaments qui permettaient de repousser de quatre à cinq ans la maladie », explique-t-il. Les statines, des médicaments hypocholestérolémiants, sont justement des inhibiteurs chimiques de l’enzyme HMG CoA réductase. Certaines statines anciennes pourraient-elles être utiles en prévention de la maladie d’Alzheimer ? La preuve n’est pas établie. À titre curatif, les statines ne montrent aucun effet sur la fonction cognitive, le comportement ou l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne, montre une revue systématique de la littérature menée par le département de médecine gériatrique des services de santé de Belfast (Royaume-Uni).

Le Devoir, 15 juillet 2014. Poirier J et al. Apolipoprotein E and lipid homeostasis in the etiology and treatment of sporadic Alzheimer's disease. Neurobiol Aging 2014; 35S2 : S3-S10. Septembre 2014. www.neurobiologyofaging.org/article/S0197-4580(14)00353-4/pdf (texte intégral).

Malnutrition : un facteur majeur de risque de démence

Aux Etats-Unis, la malnutrition concerne 16% des personnes âgées accueillies en urgence hospitalière et 60% sont soit mal nourris, soit à risque de malnutrition. La malnutrition est associée à la dépression (52% des cas), à la vie en résidence avec services (50%), à la difficulté de manger ou d’avaler en raison de difficultés avec leur dentier ou de douleurs (38%), à la difficulté d’aller faire les courses (33%).

Une étude coordonnée par l’équipe de l’épidémiologiste Miia Kivipelto et ses collègues de l’Institut Karolinska à Stockholm (Suède), en collaboration avec le centre international de recherche sur la maladie diarrhéique de Dhaka (Bangladesh), auprès de cinq cents personnes âgées de soixante ans et plus vivant en zone rurale, montre que la malnutrition est associée à un risque de survenue d’une démence multiplié par six.

Pereira GF et al. Malnutrition Among Cognitively Intact, Noncritically Ill Older Adults in the Emergency Department. Ann Emerg Med, 7 août 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25129819. http://consumer.healthday.com/senior-citizen-information-31/senior-citizen-news-778/seniors-malnutrition-aem-release-batch-1327-690736.html, 13 août 2014. Palmer K et al. Prevalence of dementia and factors associated with dementia in rural Bangladesh: data from a cross-sectional, population-based study. Int Psychogeriatr, 17 juillet 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25033341.

Co-morbidités et mortalité

Le groupe de recherche espagnol sur la qualité de vie et le vieillissement a suivi pendant dix-neuf mois quatre cents personnes âgées de soixante ans et plus, ayant un diagnostic de démence et vivant en établissement. Les facteurs associés à la mortalité sont l’âge (risque multiplié par 2), le diabète (risque multiplié par 2.3), l’hypertension (risque multiplié par 1.7), les maladies du système génito-urinaire (risque multiplié par 2.4), une détérioration de la santé durant les derniers douze mois (risque multiplié par 1.6) et le manque d’activités de loisirs passives (risque multiplié par 1.6) ou sociales (risque multiplié par 2.2). Pour les auteurs, ces facteurs prédictifs pourraient être des marqueurs cliniques utiles pour identifier les patients à risque de mortalité accru.

Navarro-Gil P et al. Which factors are associated with mortality in institutionalized older adults with dementia? Arch Gerontol Geriatr, 14 juillet 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25103852.

Dépendance et maladie d’Alzheimer : quelle relation ?

« La plupart des modèles qui déterminent comment les caractéristiques des personnes malades et de leurs aidants et les coûts changent à mesure que la maladie d’Alzheimer progresse s’intéressent à un seul aspect, par exemple la cognition », écrit le Pr Roy Jones, de l’Institut de recherche sur les soins aux personnes âgées de l’hôpital Royal United de Bath. « Mais la maladie d’Alzheimer est insuffisamment définie par un seul domaine. La dépendance pourrait être un meilleur marqueur pour suivre la progression de la maladie. » Une étude collaborative (DADE study) associant médecins, sociologues et économistes de l’hôpital de Bath, du King’s College de Londres, de l’Université Trent de Nottingham, de la London School of Economics a été menée dans dix-huit sites britanniques auprès de deux cent cinquante personnes atteintes de maladie d’Alzheimer possible ou probable. Des associations significatives ont été observées entre la dépendance et les mesures cliniques de la sévérité de la maladie d’Alzheimer (cognition, fonction et comportement), ainsi qu’entre le score de dépendance et l’utilisation des services, la qualité de vie de la personne malade et le fardeau perçu par l’aidant. Pour les auteurs, « le construit de la dépendance pourrait aider à traduire l’impact combiné des changements de cognition, fonction et comportement sous une forme plus facilement interprétable », concluent les chercheurs, qui conseillent d’intégrer la dépendance comme critère de résultat dans les essais cliniques.

Jones RW et al. Dependence in Alzheimer's disease and service use costs, quality of life, and caregiver burden: The DADE study. Alzheimers Dement, 26 juillet 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25074342.

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