Le sommeil et la maladie d’Alzheimer

« Les preuves scientifiques s’accumulent pour montrer qu’il existe une relation bidirectionnelle entre les troubles du sommeil et la démence », écrivent Elissaios Karageorgiou et ses collègues, du centre Mémoire et vieillissement de l’Université de Californie à San Francisco (Etats-Unis). « Les troubles du sommeil précèdent souvent le déficit cognitif de plusieurs années. Cette vulnérabilité sélective est associée à la fragmentation du sommeil, à l’assoupissement diurne, à une durée excessive du sommeil, à des troubles respiratoires. Les recherches récentes indiquent que les troubles du sommeil accentuent l’accumulation de protéine amyloïde. Une boucle de rétroaction (feedback loop) accélère les deux processus (troubles du sommeil et troubles cognitifs), ce qui justifie une intervention précoce chez des personnes âgées sans troubles cognitifs. Des interventions comportementales, telles que l’hygiène du sommeil, l’exercice quotidien, éviter l’alcool et le café après une certaine heure, constituent un premier pas important. D’autre interventions s’appuient sur la consolidation du sommeil, une respiration correcte durant le sommeil, l’optimisation de l’heure de prise des médicaments. 

Karageorgiou E et al. Sleep Disorders and Dementia: From Basic Mechanisms to Clinical Decisions. Psychiatric Ann 2017; 47 (5) :227-228. Mai 2017. https://scholar.google.com/citations?view_op=view_citation&hl=en&user=CwZ6VRoAAAAJ&citation_for_view=CwZ6VRoAAAAJ:_FxGoFyzp5QC

Déclin cognitif, déclin moteur : quel lien ?

« Le déclin cognitif et le déclin moteur sont des processus reliés entre eux ; le déclin de la mobilité coïncide ou précède le déclin cognitif », écrivent Manuel Montero-Odasso, du laboratoire Marche et cerveau de l’Institut Lawson de Londres (Ontario, Canada) et ses collègues de l’Université Western Ontario, ses collègues. Les chercheurs publient une revue systématique des études sur le sujet et une méta-analyse de dix études de qualité méthodologique suffisante. Chez des personnes sans trouble neurologique apparent, le risque de démence est doublé lorsque le score moteur fonctionnel des membres inférieurs (comprenant l’équilibre et la vitesse de marche) est faible.

La même équipe rappelle que le déficit cognitif léger est associé à un risque dix fois plus élevé de progression vers une démence, mais qu’un tiers des personnes à ce stade restent cliniquement stables ou reviennent à un état cognitif normal. Le déclin moteur a-t-il une influence sur la progression du déclin cognitif ? Les chercheurs ont suivi, pendant six ans, cent-douze personnes atteintes de déficit cognitif léger (Gait and Brain Study), en observant leur performance lors d’une double tâche : marcher normalement, tout en effectuant en même temps une tâche cognitive : compter à rebours à partir de 100 ; soustraire 7 de façon répétée à partir de 100 ; et nommer des animaux. À l’inclusion, la vitesse de marche était normale chez tous les participants. Chez les personnes progressant vers une démence, la vitesse de marche était significativement diminuée. Le risque de progression vers une démence est multiplié par 13 entre les personnes qui marchent le moins vite et les personnes qui marchent le plus vite lors de l’épreuve de la double tâche. Pour les chercheurs, ce test simple peut servir à détecter un risque de déclin cognitif, avant d’orienter la personne vers des tests plus invasifs et plus coûteux, comme l’imagerie cérébrale. Cependant, le tapis roulant permettant de mesurer la vitesse de marche avec précision est cher et volumineux. Une solution plus simple est de se servir d’un chronomètre et d’une zone de marche clairement délimitée.

Kueper JK et al. Motor function and incident dementia: a systematic review and meta-analysis. Age Ageing, 25 mai 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28541374. Montero-Odasso MM et al. Association of Dual-Task Gait With Incident Dementia in Mild Cognitive Impairment: Results From the Gait and Brain Study. JAMA Neurol, 15 mai 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28505243. www.lawsonresearch.ca/lawson-and-western-researchers-suggest-walking-and-talking-can-be-early-predictor-dementia, 10 mai 2017.

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