Vulnérabilité urbaine : prendre des repères

Dans la plupart des études de repérage visuel et spatial, des labyrinthes, composés de couloirs avec peu de repères visuels, sont utilisés pour tester la mémorisation d’itinéraires en laboratoire. Cependant, ces environnements très appauvris ne ressemblent guère aux environnements rencontrés habituellement dans la vie quotidienne. Une étude menée par Doriane Gras, du laboratoire Mémoire et cognition de l’Université Paris-Descartes à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), auprès de trente personnes âgées sans troubles cognitifs et trente jeunes adultes, analyse le rôle des différentes composantes de la mémoire dans le déclin lié au vieillissement des capacités de représentation spatiale d’itinéraires nouveaux. La mémorisation d’un itinéraire urbain complexe est composite, elle implique la mémorisation des repères, des directions associées à ces repères et de l’ordre d’apparition de ces repères. L’impact du vieillissement sur la mémoire épisodique explique en partie que les personnes âgées reconnaissent moins bien des lieux déjà rencontrés. La diminution de la capacité de la mémoire de travail lors du vieillissement (capacité à maintenir l’information pendant la réalisation d’une activité cognitive complexe) est en partie à l’origine des difficultés de mémorisation d’un itinéraire.

Gras D et al. Effet du vieillissement sur la mémorisation d’itinéraires réels : l’importance de la mémoire de travail et de la mémoire épisodique. Gériatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2012 ; 10(4) : 463-470. Décembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23250027.

Vulnérabilité urbaine : traverser la rue

Un ralentissement de la vitesse de marche, une perte d’acuité visuelle et auditive, ainsi que des difficultés à prendre rapidement la bonne décision, sont les principales difficultés auxquelles les personnes âgées sont confrontées dans la rue. Une étude menée par Laura Asher et ses collègues, du département d’épidémiologie et santé publique de l’University College de Londres, auprès de trois mille personnes âgées de soixante-cinq ans et plus, montre que 84% des hommes et 93% des femmes ont des difficultés à marcher (parcourir une distance de 2.4 mètres avec une vitesse de marche inférieure à 1.2 m/s). La vitesse moyenne de marche est de 0.9 m/s chez les hommes et 0.8 m/s chez les femmes. La vitesse de réglage des feux tricolores, le plus souvent 1.2 m/s, est inadaptée aux personnes âgées.

http://reverse-blog.com/?tag=epidemiology, 24 décembre 2012. La Lettre mensuelle de l’année gérontologique, novembre 2012.  Asher L et al. Most older pedestrians are unable to cross the road in time: a cross-sectional study. Age Ageing 2012 ; 41(5): 690-694. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22695790.

Émotion et cognition

La maladie d'Alzheimer perturbe la communication non verbale en altérant la perception et la production des émotions. Un trouble de la perception ou de la production des émotions pourrait expliquer les troubles du comportement et de la communication que présentent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, expliquent Peggy Gatignol et Thierry Rousseau, du laboratoire de recherche clinique en orthophonie (LURCO) de l’UNADREO (Union nationale pour le développement de la recherche et de l’évaluation en orthophonie), qui ont tenté de mesurer les conséquences de l'atteinte de la composante cognitive dans la prise de conscience de l'émotion chez des personnes malades.

Gatignol P et Rousseau T. L’émotion dans la maladie d’Alzheimer. Rééducation orthophonique 2012 ; 50(251) : 63-70.

http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=26549770.

Chute et démence : quel lien ?

L’équipe de Laure de Decker, du pôle universitaire de gérontologie clinique au CHU de Nantes, montre, dans une étude prospective de six mois portant sur cent personnes âgées de soixante-quinze ans et plus hospitalisées au décours d’une chute en court séjour, que la présence d’une démence est, avec l’antécédent de chute, le facteur de risque prédominant pour la récidive de chute et de mortalité. La principale comorbidité qui influence le pronostic médical et social est la présence d’un syndrome démentiel reconnu.

Dickes-Sotty H et al. Devenir à 6 mois après une hospitalisation en court séjour gériatrique à la suite d’une chute. Gériatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2012 ; 10(4) : 391-401. Décembre 2012. http://www.jle.com/fr/revues/medecine/gpn/e-docs/00/04/7F/60/resume.phtml.

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