Progression des symptômes psycho-comportementaux de la démence

Rianne van der Linde, de l’Institut de santé publique de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) et ses collègues des Universités de Nottingham, Newcastle et du King’s College de Londres, publient une revue systématique de la littérature sur l’histoire naturelle des symptômes psycho-comportementaux de la démence au cours du temps. Cinquante-neuf études ont été identifiées, très hétérogènes dans leurs objectifs et leurs méthodes. Toutefois, des différences cliniquement pertinentes sont observées : l’hyperactivité et l’apathie ont à la fois une persistance et une incidence (nombre de nouveaux cas) élevée ; la dépression et l’anxiété une persistance faible à modérée et une incidence modérée ; les symptômes psychotiques (délires, hallucinations) une faible persistance et une incidence modérée à élevée. L’apathie est le seul symptôme ayant une prévalence, une persistance et une incidence élevée tout au long de la progression de la maladie.

Van Linde RM. Longitudinal course of behavioural and psychological symptoms of dementia: systematic review.  Br J Psychiatry, 4 août 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27491532.

Qualité de l’environnement bâti et qualité de vie des personnes malades hébergées

Une étude coordonnée par le Pr Henry Brodaty, du centre de recherche collaborative sur la démence de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud à Sydney (Australie), portant sur deux cent soixante-quinze résidents de trente-cinq maisons de retraite, montre que la qualité de l’environnement bâti est associée significativement à la qualité de vie perçue par les résidents. Une meilleure qualité de vie est associée à des bâtiments qui facilitent la participation à des activités diverses à l’intérieur et à l’extérieur, qui sont familiers, qui proposent des espaces collectifs et privatifs variés et confortables, ainsi que l’opportunité de participer à des activités domestiques.

Fleming R et al. The relationship between the quality of the built environment and the quality of life of people with dementia in residential care. Dementia (London) 2016 ; 15(4) : 663-680. Juillet 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24803645.

Déficits sensoriels : perception sonore et déclin cognitif

« À la différence de nombreuses réalités visuelles, l’évènement sonore est une réalité essentiellement temporelle, donc précaire et provisoire. Par conséquent, la perception sonore réclame, y compris chez le sujet disposant de ses pleines capacités perceptives et cognitives, un effort mémoriel tout particulier lorsqu’il ne s’agit pas de séquences musicales ou de voix non familières », soulignent Philippe Thomas et ses collègues, du centre de recherches sémiotiques (CeReS, EA 3648) de l’Université de Limoges et du CHRU de Brest. La presbyacousie des personnes âgées concerne seulement des pertes sur les hautes fréquences en raison de lésions périphériques de l’oreille interne ou des nerfs auditifs, sans que les noyaux auditifs internes soient concernés. Dans la maladie d’Alzheimer, ces noyaux internes présentent des lésions neurodégénératives s’ajoutant aux lésions périphériques liées à l’âge. Une désafférentation sensorielle [absence de sensations atteignant le cerveau] s’ajoute aux altérations cognitives. » Frank Lin et ses collègues, du département d’otorhinolaryngologie de l’École de médecine Johns-Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis), ont émis l’hypothèse en 2011, à partir d’une cohorte de trois cent cinquante personnes suivies pendant quatre ans et d’une revue de la littérature, que la déficience auditive est un facteur de risque d’apparition de la démence. Plus grandes sont les pertes auditives, plus marqué est le déclin cognitif aux tests mnésiques et à l’évaluation des fonctions exécutives. » Chez une personne ayant une perte auditive de 25 décibels, les performances cognitives équivalent à celles d’une personne ayant 6.8 ans de plus. Les personnes atteintes de troubles auditifs non corrigés ont un risque accru de 24% de développer une démence par rapport aux personnes entendant normalement.

Thomas P et al. Mémoire et sens. Neurol Psychiatr Gériatr 2016 ; 16(94) : 183-193. Août 2016. www.em-consulte.com/article/1070916/memoire-et-sens.

Lin FR et al. Hearing loss and cognition in the Baltimore Longitudinal Study of Aging. Neuropsychology 2011; 25(6): 763-770. Novembre 2011.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3193888/pdf/nihms296852.pdf (texte intégral).

Retour haut de page