Reproduire un geste en l’imitant volontairement (2)

La cognition motrice est un champ de recherche qui s’est développé notamment en médecine du sport, en réhabilitation dans le domaine du handicap et en robotique. Les applications évoluent maintenant vers l’assistance aux personnes âgées, atteintes ou non de troubles cognitifs.  En Espagne, par exemple, l’équipe de Javier Olazarán, de l’unité de recherche de la Fondation Maria Wolff au centre Alzheimer Reine-Sophie de Madrid, a testé auprès de quatre-vingt-quatre personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, vivant à domicile, un programme d’interventions de stimulation cognitivo-motrice. Des améliorations significatives ont été observées trois ans après l’intervention pour la réalisation des activités de base de la vie quotidienne [toilette, habillage, alimentation, continence, déplacements, transferts], mais pas au-delà de deux ans pour les activités instrumentales de la vie quotidienne [utiliser le téléphone, faire les courses, faire la cuisine, faire le ménage, faire la lessive, utiliser les transports, prendre ses médicaments, gérer son argent]. En Allemagne, Christian Seegelke et Thomas Schack, du groupe de neurocognition et recherche-action de la Faculté de psychologie et sciences du sport de Bielefeld (Allemagne), proposent un modèle d’architecture cognitive de l’action humaine qui souligne l’importance des représentations cognitives stockées dans la mémoire à long terme comme des références guidant la performance de l’action motrice volontaire.

Muñiz R et al. Cognitive-motor intervention in Alzheimer's disease: long-term results from the Maria Wolff trial. J Alzheimers Dis 2015; 45(1): 295-304. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25547632. Seegelke C et al. Cognitive representation of human action: theory, applications and perspectives. Front Publ Health, 18 février 2016. http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fpubh.2016.00024/full(texte intégral).

Qualité du sommeil et maladie d’Alzheimer : quel rapport ?

« Des travaux récents suggèrent que les troubles du sommeil et l’accumulation de peptide bêta-amyloïde sont liés et pourraient s’exacerber mutuellement », expliquent le neurologue Pierre Branger et ses collègues, de l’unité INSERM 1077 « Neuropsychologie et Neuroanatomie Fonctionnelle de la Mémoire Humaine » au CHU de Caen. Dans une étude portant sur cinquante sujets sains (âge moyen 64.1 ans), les chercheurs ont évalué la qualité subjective de leur sommeil au cours des cinq dernières années, ainsi que la charge amyloïde, le métabolisme du glucose et le volume de substance grise en imagerie cérébrale.  Chez ces sujets asymptomatiques, un sommeil de mauvaise qualité (retard à l’endormissement) est associé à une charge amyloïde plus élevée et à une atrophie corticale dans des régions connues pour être sensibles aux effets de l’âge et de la maladie d’Alzheimer. Pour les auteurs, « ces résultats soulignent l’importance de préserver un sommeil de bonne qualité chez le sujet âgé, et suggèrent que le sommeil serait un facteur important à considérer chez les individus à risque de maladie d’Alzheimer. »

Susan Diem, du département de médecine de l’Université du Minnesota (Etats-Unis), a mené une étude prospective de cohorte auprès de mille deux cents femmes sans troubles cognitifs à l’inclusion, âgées en moyenne de 82.6 ans et suivies pendant cinq ans. 23% d’entre elles ont développé un déficit cognitif léger et 15% une démence. Leur sommeil a été mesuré par actigraphie [enregistrement des mouvements au moyen d’un bracelet pour suivre l’activité veille-sommeil]. Les femmes ayant un sommeil de mauvaise qualité ont un risque de développer un déficit cognitif multiplié par 1.5, par rapport à celles ayant une qualité de sommeil satisfaisante.

Branger P et al. Étude des liens entre la qualité subjective de sommeil et les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Médecine du sommeil 2016 ; 13(1) : 7. Janvier-mars 2016. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1769449316000169. Diem SJ et al. Measures of Sleep-Wake Patterns and Risk of Mild Cognitive Impairment or Dementia in Older Women. Am J Geriatr Psychiatry, 29 janvier 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26964485.

Inde rurale : déterminants sociaux de la démence et perspective des aidants

Amol Dongre et ses collègues, du département de médecine communautaire de l’hôpital Sri Manakula Vinayagar de Pondichéry et du département de psychiatrie de l’Institut Mahatma Gandhi à Wardha, ont interrogé mille trois cents villageois venant consulter dans trois centres de santé du Tamil Nadu (Sud-Est de l’Inde). La prévalence de la démence dans cet échantillon est de 3.1%. Les déterminants sont l’âge, le sexe, le statut socio-économique, l’implication antérieure dans la prise de décision au sein de la famille et les facteurs de risque cardiovasculaire. Les aidants familiaux ressentent fortement l’interférence entre leur activité d’aide et leur vie personnelle et professionnelle. Ils pensent aussi qu’aider fait partie intégrante de la culture indienne, et les personnes âgées préfèrent l’aide à leur domicile. Les aidants préfèrent les services de santé publics. Les aidants se disent « insuffisamment formés pour exercer leur rôle. »

Gurukartick J. Social Determinants of Dementia and Caregivers' Perspectives in the Field Practice Villages of Rural Health Training Centre, Thiruvennainallur. Indian J Palliat Care. 2016; 22(1): 25-32. Janvier-mars 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26962277.

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