La contribution de la pathologie vasculaire au déficit cognitif

Un groupe d’anatomo-pathologistes britanniques coordonné par Seth Love, du groupe de recherche sur la démence de l’Université de Bristol, publient un consensus validé sur la contribution de la pathologie vasculaire au déficit cognitif. Sept pathologies vasculaires sont prédictives du développement du déficit cognitif. Trois sont particulièrement importantes en pratique clinique : l’angiopathie amyloïde cérébrale occipitale leptoméningée modérée ou sévère, l’artériolosclérose modérée à sévère de la substance blanche occipitale et au moins un infarctus important. La présence de zéro, une deux ou trois de ces pathologies est associée respectivement à une probabilité d’avoir un déficit cognitif de 16%, 43%, 73% ou 95%. Ces critères sont reproductibles et cliniquement prédictifs. Ils sont destinés à aider les neuro-pathologistes à déclarer (post-mortem) une probabilité faible, modérée ou élevée que la maladie cérébrovasculaire a contribué au déficit cognitif.

Skrobot OA et al. Vascular cognitive impairment neuropathology guidelines (VCING): the contribution of cerebrovascular pathology to cognitive impairment. Brain, 2 septembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27591113.

« On rentre malade à l’hôpital, on en sort dépendant »

Selon l’opérateur américain Kaiser Health, 33% des personnes hospitalisées âgées de plus de soixante-dix ans et plus de 50% des personnes âgées de quatre-vingt-cinq ans quittent l’hôpital avec une perte d’autonomie plus forte qu’à leur admission, même si elles ont été traitées pour la pathologie ayant motivé leur hospitalisation. Ainsi, à la sortie de l’hôpital, de nombreuses personnes âgées ont besoin d’aide dans les activités de la vie quotidienne. Comment cela s’est-il produit ? interroge Family Caregiver Alliance ? « Le personnel hospitalier n’arrive pas à donner à manger aux personnes de manière adéquate, à les faire sortir du lit suffisamment ou à contrôler leur douleur. Les médecins peuvent leur faire subir des actes inutiles et leur prescrire des médicaments redondants ou potentiellement dangereux.  Les besoins particuliers des patients âgés ne sont pas toujours une priorité pour les directeurs d’hôpitaux ; ceux qui investissent dans des unités gériatriques sont souvent capables d’éviter ces déclins dramatiques. »

Family Caregiver Alliance, Caregiving Policy Digest, 8 septembre 2016. http://khn.org/news/elderly-hospital-patients-arrive-sick-often-leave-disabled/, 9 août 2016.

Conséquences économiques de l’anosognosie : quels coûts pour les aidants

L’anosognosie désigne l’incapacité d’une personne malade à prendre conscience de la maladie dont elle est atteinte. Oriol Turró-Garriga, de l’Institut de recherche biomédicale de Girone (Catalogne, Espagne), a suivi prospectivement, pendant deux ans, deux cent vingt personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et vivant à domicile. À l’inclusion, la prévalence de l’anosognosie était de 54% et 44% des participants de l’étude étaient au stade léger de la maladie. Le temps d’aide moyen était de cinq heures par jour. 30% des personnes utilisaient des services à domicile, et 25% fréquentaient un accueil de jour. Les personnes atteintes d’anosognosie recevaient davantage de temps d’aide et avaient davantage recours à des services de soutien que leurs homologues sans anosognosie. Le coût moyen des services de soutien était de 490 €/mois et le coût moyen de l’aide et des soins (incluant les services de soutien et l’aide informelle apportée par les aidants) était de 1 787 €/mois pour les personnes sans anosognosie, contre respectivement 834 €/mois et 2 424 €/mois pour les personnes atteintes d’anosognosie.

Turró-Garriga O et al. Consequences of Anosognosia on the Cost of Caregivers' Care in Alzheimer's Disease. J Alzheimers Dis, 12 septembre 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27636844.

Continence

Dianne Gove, directrice de projets à l’Association Alzheimer Europe, et un groupe d’experts européens, publient une revue de la littérature sur la prise en charge de l’incontinence chez les personnes atteintes de démence vivant à domicile en Europe. L’incontinence contribue de façon importante à l’entrée en établissement d’hébergement. L’aide et les soins sont souvent inadéquats ou inappropriés, et il n’existe pas de recommandations. Seuls six articles pertinents ont été identifiés. Les difficultés principales comprennent les perceptions ; la disponibilité de l’aide et des soins ; le coût financier ; la mobilité et l’environnement ; les relations et l’inclusion sociales ; la prise en compte des émotions. Pour les experts, un consensus est nécessaire, ainsi que des travaux de recherche, pour s’assurer du respect des droits des personnes.

Aux Etats-Unis, une étude menée par Jean Mullins, de l’Ecole infirmière de l’Université du Minnesota, auprès de quarante-huit aidants de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer (75% de femmes, âge moyen soixante-quatre ans), montre que les obstacles à la communication sur l’incontinence entre les familles et l’établissement d’hébergement sont liés aux rôles respectifs des aidants : pour les filles, les obstacles sont d’ordre émotionnel ; pour les conjoints, ils sont liés à l’inexpérience de la situation ; pour les maris, à l’organisation du système de soins, et pour la famille étendue (famille et amis), aux difficultés relationnelles, les aidants se sentant exclus.

Gove D et al. Continence care for people with dementia living at home in Europe: a review of literature with a focus on problems and challenges. J Clin Nurs, 14 septembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27626773. Mullins J et al. Barriers to Communication With a Healthcare Provider and Health Literacy About Incontinence Among Informal Caregivers of Individuals With Dementia. J Wound Ostomy Continence Nurs 2016 ; 43(5) : 539-544. 14 septembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27607750.

Perte de la mémoire au long de la vie : des déterminants multiples

Une modèle construit par Richard Henson, du centre de recherche sur le vieillissement et des neurosciences de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), et ses collègues, à partir de scores cognitifs obtenus auprès de trois cents personnes en population générale, met en évidence trois facteurs de déclin cognitif, associés à trois zones distinctes du cerveau, qui évoluent avec l’âge : la mémoire associative [celle qui permet de mieux retenir lorsqu'on peut relier la nouvelle information à des connaissances déjà acquises et solidement ancrées], la mémoire des objets, et les émotions négatives. Le volume de matière grise dans l’hippocampe, le para-hippocampe et le cortex fusiforme, et le volume de matière blanche d’autres zones du cerveau : d’une part le fornix, qui relie l’hippocampe à l’hypothalamus, pont entre le système nerveux autonome (qui régule certaines fonctions automatiques de l’organisme (digestion, respiration, battements du cœur) et le système endocrinien ; le faisceau unciné, qui relie l’hippocampe et l’amygdale au cortex fronto-temporal). Outre la formation de la mémoire, ces structures anatomiques jouent un rôle clé dans l’expression du comportement et diverses émotions, notamment l'agressivité, la peur, le plaisir. L’ensemble de ces données neurologiques explique comment le vieillissement différentiel du cerveau se traduit par des schémas différents de la perte de mémoire chez des individus différents, expliquent les chercheurs.

Henson RN et al. Multiple determinants of lifespan memory differences. Scientific Reports 2016 ; 32527. Doi : 10.1038/srep32527. 7 septembre 2016.

www.nature.com/articles/srep32527(texte intégral).

Retour haut de page