Facteur neurotrophique dérivé du cerveau

Le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) est une protéine impliquée dans la survie des neurones existants, favorisant la croissance et la différenciation de nouveaux neurones et des synapses. Dans des autopsies cérébrales de plus de cinq cents personnes âgées, suivies annuellement pour des troubles cognitifs avant leur décès, Aron Buchman et ses collègues, du centre Alzheimer Rush de Chicago, montrent qu’un niveau élevé de ce facteur de neurogénèse dans le cerveau est associé à un déclin cognitif plus lent de 50% chez les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, mais pas chez celles atteintes de démence vasculaire, de maladie à corps de Lewy ou de sclérose de l’hippocampe. Pour les chercheurs, l’activation du gène BDNF pourrait réduire les effets délétères de la pathologie de type Alzheimer sur le déclin cognitif.

Buchman AS et al. Higher brain BDNF gene expression is associated with slower cognitive decline in older adults. Neurology, 27 janvier 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26819457.

Plaques amyloïdes et dépendance : quel rapport ?

L’équipe du Pr Bruno Vellas, au Gérontopôle de Toulouse, coordonne un essai clinique de prévention multi-domaine dans la prévention de la maladie d’Alzheimer (MAPT). L’un des premiers résultats publiés, portant sur près de trois cents personnes, montre une association significative entre l’observation de plaques amyloïdes en imagerie cérébrale et des limitations fonctionnelles précoces touchant les activités instrumentales de la vie quotidienne (utiliser le téléphone, faire les courses, préparer les repas, entretenir sa maison, laver son linge, utiliser les moyens de transport, prendre ses médicaments, manipuler de l’argent).

Lilamand M et al.  Brain Amyloid Deposition Is Associated With Lower Instrumental Activities of Daily Living Abilities in Older Adults. Results From the MAPT Study. J Gerontol A Biol Sci Med Sci 2016; 71(3): 391-397.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26419979.

Démence et dépendance : quelles relations ?

Une étude économique menée par le cabinet Mapi, en collaboration avec les Professeurs Anders Wimo et Laura Fratiglioni, de l’Institut Karolinska de Stockholm, analyse les données du registre suédois du vieillissement et des soins. Les chercheurs proposent un modèle de parcours mettant en relation le coût des soins et de la dépendance (formels et informels), les capacités cognitives, le fonctionnement dans la vie quotidienne, les symptômes neuropsychiatriques et les comorbidités. Le coût annuel pour les personnes ayant un diagnostic de démence est de 43 259 euros/an. Le principal inducteur de coût est l’hébergement. L’utilisation des ressources de santé augmente significativement avec la sévérité de la dépendance. L’analyse des trajectoires montre que les capacités cognitives, le fonctionnement dans la vie quotidienne et les symptômes neuropsychiatriques sont significativement corrélés à la dépendance, qui elle-même a un fort impact sur les coûts annuels.

Åkerborg Ö et al. Cost of Dementia and Its Correlation With Dependence. J Aging Health, 26 janvier 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26818587.

L’éducation : un effet protecteur

Dans la cohorte française PAQUID, le Pr Jean-François Dartigues, du département de neurologie du CHU de Bordeaux (INSERM U897), ont observé, auprès de 442 personnes suivies pendant vingt ans, l’effet protecteur de l’éducation dans la survenue et l’évolution des troubles cognitifs : un haut niveau d’éducation retarde d’environ sept ans le passage au stade sévère. L’étude mettait en évidence une baisse de l’incidence de la maladie d’Alzheimer au cours du temps. « La raison de cette baisse tient principalement à l’amélioration globale du niveau d’études des nouvelles générations. Cette découverte a révélé l’extraordinaire capacité de réserve du cerveau », explique le Pr Dartigues dans un entretien au Monde diplomatique.

Le Monde diplomatique, février 2016. Amieva H et al. Compensatory mechanisms in higher-educated subjects with Alzheimer’s disease: a study of 20 years of cognitive decline. Brain 2014; 137: 1167-1175.

http://brain.oxfordjournals.org/content/brain/137/4/1167.full.pdf (texte intégral).

Démarche hésitante : un facteur prédictif du risque de démence ?

L’Association américaine de neurologie s’interroge : une démarche hésitante pourrait-elle signaler un risque de maladie d’Alzheimer ? Les preuves s’accumulent en faveur de cette hypothèse. Une revue de la littérature, menée par Lisette Kikkert, du centre des sciences du mouvement humain à l’Université de Groningen (Pays-Bas) et un groupe d’experts européens, montre que le ralentissement de la vitesse de marche (0.68-1.1m/sec) précède le déclin cognitif et la survenue de la démence, avec un risque relatif pouvant être multiplié par onze par rapport aux personnes ayant une vitesse de marche normale. Une étude coordonnée par l’équipe du Pr Bruno Vellas, du gérontopôle de Toulouse, auprès de cent vingt-huit personnes âgées dans le groupe témoin de l’essai clinique de prévention multi-domaines de la maladie d’Alzheimer (MAPT), montre une association significative entre la vitesse de marche et la présence de peptide amyloïde dans les régions motrices du cerveau. « On ne connaît pas les mécanismes neuraux sous-jacents, qui peuvent impliquer des circuits moteurs et sensori-moteurs jusqu’ici largement négligés dans la pathophysiologie de la maladie d’Alzheimer », soulignent les auteurs, membres du groupe MAPT/DSA, qui partagent les données épidémiologiques et de prévention au niveau international. Le groupe réuni des chercheurs du gérontopôle de Toulouse, de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), de l’Université libre d’Amsterdam (Pays-Bas), du centre médical des Anciens combattants de San Francisco (États-Unis) et de l’Université de Californie à San Francisco.

Kikkert LH et al. Walking ability to predict future cognitive decline in old adults: a scoping review. Ageing Res Rev, 6 février 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26861693. Del Campo N et al. Relationship of regional brain β-amyloid to gait speed. Neurology 2016; 86(1):36-43. 5 janvier 2016. American Academy of Neurology. Can slow walking speed in elderly signal Alzheimer's disease hallmarks? Science Daily, 3 décembre 2015.

www.sciencedaily.com/releases/2015/12/151203081758.htm.

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