Malgré la baisse de l’incidence, le nombre de personnes atteintes de démence devrait continuer à croître dans les prochaines années

« Récemment, des tendances à la baisse de la fréquence des démences ont été observées dans plusieurs pays européens et aux États-Unis. Cette baisse pourrait être due à une augmentation du niveau d’études, à une meilleure prise en charge des facteurs vasculaires et à une meilleure hygiène de vie », rappelle l’équipe de Jean-François Dartigues au centre de recherche sur la santé des populations de Bordeaux. « La majorité des travaux publiés vont dans le sens d’une tendance à la baisse, mais cette tendance n’est pas retrouvée dans toutes les études et n’est pas toujours significative. De nombreux travaux antérieurs se heurtent à des difficultés méthodologiques pour étudier les tendances évolutives de la démence. En France, une baisse de l’incidence de la démence, à dix ans d’intervalle, est retrouvée pour les femmes uniquement. « Ces résultats sont certes optimistes, mais ne doivent pas faire oublier que ces maladies sont et seront encore très présentes dans le futur. En effet, l’incidence semble diminuer mais, pour autant, le nombre de personnes âgées et très âgées continue d’augmenter, même si les derniers chiffres de l’INSEE montrent un recul très récent de l’espérance de vie. Ainsi, malgré cette baisse de l’incidence, le nombre de personnes touchées par la démence devrait continuer à croître dans les prochaines années. »

Helmer C et al. Évolution temporelle des démences : état des lieux en France et à l’international.Bull Epidemiol Hebdom 2016 ; 28-29 : 20 septembre 2016. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2016/28-29/pdf/2016_28-29_2.pdf (texte intégral).

Déterminants génétiques de la maladie : l’information scientifique pour le grand public

L’Institut national du vieillissement américain (NIA-National Institute on Aging) publie une brochure de vingt pages en gros caractères, destinée aux familles inquiètes de savoir si la maladie d’Alzheimer peut être héréditaire, intitulée : « Comprendre les gènes de la maladie d’Alzheimer. Sachez l’histoire de votre famille ». Les formes familiales de la maladie, qui s’expriment entre trente et soixante ans, ont une cause génétique. Elles sont très rares. La probabilité de transmission d’un parent à un enfant est de 50%. Les chercheurs du NIA suggèrent de créer une histoire de santé de la famille sur trois générations : un site fédéral américain a été créé pour les y aider. Le NIA donne des conseils de prévention liés au style de vie, pour se maintenir en bonne santé physique et mentale), et invite les personnes atteintes de formes familiales de la maladie à participer aux essais cliniques.

National Institute on Ageing. Understanding Alzheimer's Genes: Know Your Family History. 4 octobre 2016. 20 p. www.nia.nih.gov/alzheimers/publication/understanding-alzheimers-genes/introduction (texte intégral).

Malades jeunes : déterminants de la qualité de vie

Joany Millenaar, du centre Alzheimer de l’Université de Maastricht (Pays-Bas), a mené une étude multicentrique auprès de deux cents malades jeunes atteints de maladie d’Alzheimer ou de démence fronto-temporale, aux Pays-Bas et en Norvège. Le centre Florence Mariahoeve de La Haye, spécialiste des malades jeunes, a collaboré à l’étude. La qualité de vie des malades jeunes a été évaluée par des tiers (proxy-reported quality of life) en utilisant un questionnaire spécifique (QoL-AD). La qualité de vie diminue lorsque les symptômes dépressifs augmentent, lorsque la sensibilisation à la maladie est faible et lorsque les besoins des personnes (satisfaits ou non) augmentent. Le développement des amitiés a une influence positive sur la qualité de vie.

Millenaar J et al. Determinants of quality of life in young onset dementia - results from a European multicenter assessment. Aging Ment Health, 27 septembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27676211.

Inactivité physique et déclin cognitif : quel lien ?

Une étude basée sur une population de dix-neuf mille personnes âgées de cinquante-cinq ans et plus dans seize pays européens (enquête SHARE-Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe) confirme que les variables significativement associées à l’inactivité physique sont l’avancée en âge, la dépression, les limitations physiques, une vision négative du sens de la vie, un manque de soutien social et la perte de la mémoire. La prévalence moyenne de l’inactivité physique est de 12.5% en Europe.

Gomes M et al. Physical inactivity among older adults across Europe based on the SHARE database. Age Ageing, 20 octobre 2016.

Limitation de mobilité et déclin cognitif : dans quel ordre ?

La plupart des personnes présentant une limitation de mobilité sont également sujettes à un déclin cognitif, rappellent Qu Tian et ses collègues, de la branche de gérontologie translationnelle et du laboratoire de neuroscience du comportement à l’Institut national du vieillissement américain. Dans quel ordre ces incapacités apparaissent-elles ? Les chercheurs ont suivi quatre cents personnes âgées de plus de soixante ans pendant six ans, sans troubles de la cognition ni de la vitesse de marche à l’inclusion. Les chercheurs observent que la relation temporelle entre la vitesse de marche habituelle et la fonction exécutive (organiser, planifier, établir des priorités, anticiper…) est bidirectionnelle : chacune prédit le déclin de l’autre. Une incapacité à la marche rapide sur quatre cents mètres prédit un déclin futur de la fonction exécutive et de la mémoire, mais pas l’inverse : pour les chercheurs, ce test est supérieur au test de vitesse de marche sur six mètres, habituellement pratiquée dans un cabinet médical.

Tian Q et al. The relative temporal sequence of decline in mobility and cognition among initially unimpaired older adults: Results from the Baltimore Longitudinal Study of Aging. Age Ageing, 15 octobre 2016.

http://ageing.oxfordjournals.org/content/early/2016/10/15/ageing.afw185.abstract.

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