Anesthésie générale et maladie d’Alzheimer : quel lien ?

Les familles posent souvent la question de la relation entre l’anesthésie générale et le déclenchement de la maladie d’Alzheimer, témoigne le Dr Bernard Pradines, anesthésiste-réanimateur et gériatre. « Il existe une suspicion, sans preuve, du rôle néfaste de l’anesthésie générale du fait d’une symptomatologie post-opératoire fréquente chez les personnes âgées : états confusionnels, délires, hallucinations, altérations cognitives, aggravation d’une pathologie démentielle. Quant à eux, les chirurgiens et autres opérateurs peuvent être tentés de répondre sommairement à une famille dans l’interrogation que l’intervention s’est bien passée, mais que l’anesthésie générale a provoqué ces troubles. En fait, les résultats des études sont contradictoires, tant il est difficile de faire la part de l’anesthésie générale, de la pathologie ayant nécessité l'intervention, du stress, de l’inflammation, de l’hypothermie ou de l’insulino-résistance ou encore simplement de l'hospitalisation. Toutefois, depuis 2007, une équipe canadienne a progressé dans la compréhension d’un élément spécifique : l’hyperphosphorylation de la protéine tau sous l’influence de l’anesthésie, ajoutée au principal facteur confondant représenté par l’hypothermie. Les anesthésiques volatils sont particulièrement suspects. Toutefois, ces études instructives n’ont été menées que chez la souris. »

www.agevillagepro.com, 10 février 2015.

Déficit cognitif léger associé à la maladie d’Alzheimer : quel pronostic ?

Une étude internationale (Pays-Bas, Allemagne, Italie, Suisse, France, Royaume-Uni, Finlande, Pologne, Grèce, Belgique, Suède, Portugal), menée par Stéphanie Vos, du centre Alzheimer de l’Université de Maastricht (Pays-Bas) , auprès de mille six cents personnes atteintes de déficit cognitif léger, montre un taux de progression à trois ans vers la maladie d’Alzheimer de 59% chez les personnes à risque élevé, 22% chez les personnes présentant une pathologie amyloïde isolée, 24% chez celles pour qui la maladie d’Alzheimer n’est pas suspectée et 5% chez les personnes à risque faible de survenue de la maladie d’Alzheimer.   

Vos SJ et al. Prevalence and prognosis of Alzheimer's disease at the mild cognitive impairment stage. Brain, 17 février 2015.  www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25693589.

Déficit cognitif associé à la maladie de Parkinson : quel pronostic ?

Peter Hobson et Jolyon Meara, de l’hôpital Glan Clwyd de Bodelwyddan (Pays-de-Galles), ont suivi pendant seize ans une cohorte de soixante-huit personnes atteintes de la maladie de Parkinson sans troubles cognitifs à l’inclusion, dix-huit atteintes de maladie de Parkinson avec déficit cognitif léger et quatre-vingts atteintes de démence associée à la maladie de Parkinson. L’incidence de progression du déficit cognitif léger à la démence, chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, est de 98/1000 personnes-années, avec un rythme de conversion annuel de 11%. Les facteurs prédictifs de la conversion du déficit cognitif léger à la démence sont des déficits de langage sémantique [sens des mots], de praxies (dessiner ou copier un dessin) et des déficits visuels et spatiaux. Après seize ans, 91% de la cohorte des personnes atteintes de déficit cognitif léger ont progressé vers une démence.

Hobson P et Meara J. Mild cognitive impairment in Parkinson's disease and its progression onto dementia: a 16-year outcome evaluation of the Denbighshire cohort. Int J Geriatr Psychiatry, 11 février 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25676160.

Accidents vasculaires cérébraux : mortalité en baisse

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont des pathologies graves, handicapantes et fréquentes, rappelle la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), dans l’édition 2015 de l’état de santé de la population.  En France, les AVC représentent la première cause de handicap moteur non traumatique, la deuxième cause de démence derrière la maladie d’Alzheimer et la première cause de mortalité chez les femmes (la troisième chez les hommes). Entre 2000 et 2010, le taux standardisé de mortalité par AVC a diminué de plus de 30% (tous âges confondus) et de 28% chez personnes âgées de moins de soixante-cinq ans.

L’équipe du Pr Laura Fratiglioni, du département de neurobiologie, sciences du soin et de la société de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède), dans une étude portant sur deux cent quarante personnes âgées de soixante ans et plus sans troubles cognitifs à l’inclusion, montre que les facteurs de risque cardiovasculaires (consommation élevée d’alcool, hypertension, diabète et consommation de tabac) sont associés à une perte d’intégrité de la substance blanche du cerveau des personnes âgées, conduisant à un déclin cognitif plus rapide.

DREES. L’état de santé de la population en France. Edition 2015. www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rappeds_v7_05022015.pdf(texte intégral).
Wang R et al. Effects of vascular risk factors and APOE ε4 on white matter integrity and cognitive decline. Neurology, 11 février 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25672924.

Retraités agricoles : baisse de la prévalence de la démence avec incapacité

Lancée en 2007 auprès de mille retraités agricoles, l’étude épidémiologique AMI, initiée par le groupe de protection sociale complémentaire AGRICA en association avec la Mutualité sociale agricole (MSA) et l’Institut fédératif de recherche de santé publique, est un programme de recherche multidisciplinaire sur le vieillissement et la dépendance en milieu rural et agricole. Elle est conduite par le Pr Jean-François Dartigues, de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement à l’Université Bordeaux Segalen (Inserm U897). Les chercheurs ont étudié l’évolution en vingt ans de la prévalence des démences en comparant deux échantillons d’agriculteurs suivis dans le cadre de deux cohortes : PAQUID (Personnes âgées Quid), étude démarrée en 1988 et AMI en 2007. Les chercheurs observent une augmentation de la prévalence de la démence cliniquement diagnostiquée (+12% en vingt ans pour l’étude AMI, +5.7% pour l’étude PAQUID), ce qui suggère une meilleure sensibilité des médecins aux symptômes de la maladie. Toutefois, ils observent aussi une baisse significative de 38% en vingt ans de la prévalence des déficits cognitifs avec incapacité. Parmi les facteurs potentiels pouvant expliquer cette baisse, les chercheurs avancent une augmentation significative du niveau d’études, une meilleure prise en charge des facteurs de risque vasculaire, une amélioration de l’état global de santé, et une amélioration significative des conditions de vie. Tous les journalistes ont retenu : « une baisse de la démence de 38% en milieu rural ». [Mais l’indicateur présenté par AGRICA combine deux dimensions : les déficits cognitifs d’une part, et l’incapacité de l’autre. Si la prévalence de la démence cliniquement diagnostiquée a augmenté, n’est-ce pas la prévalence de l’incapacité qui a diminué ?]

Groupe AGRICA. Baisse de 38% de la prévalence de la maladie d’Alzheimer en 20 ans dans la population agricole. Communiqué de presse. 9 février 2015.www.groupagrica.com/fileadmin/mediatheque/documents/Groupe/Presse/Fevrier__2015/CP_AGRICA_Resultats_Etude_AMI_2015_VF.pdf(texte intégral). Le Quotidien du médecin, 10 février 2014. www.localtis.info, 16 février 2015. www.silvereco.fr, 9 février 2015. www.agevillagepro.com, 23 février 2015.

Retour haut de page