Olfaction et cognition

Une étude menée par Martin Vyhnalek, du département de neurologie de l’Université Charles de Prague (République tchèque), auprès de cent soixante personnes, montre que le déclin olfactif (mesuré par le test Motol Hospital Smell Test, qui permet d’identifier dix-huit odeurs), est similaire pour les personnes atteintes d’un déficit cognitif léger avec ou sans troubles de la mémoire. Chez les personnes atteintes de troubles de la mémoire, le déficit olfactif est proportionnel au déficit cognitif.

Une étude d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, réalisée auprès de soixante-trois personnes par les départements de radiologie et neurologie de l’Université d’Etat de Pennsylvanie, montre que le déclin olfactif est corrélé à une dégénérescence structurelle du cortex olfactif primaire et de l’hippocampe, avec un déficit olfactif marqué dès le stade du déficit cognitif léger.

Vyhnalek M et al. Olfactory identification in amnestic and non-amnestic mild cognitive impairment and its neuropsychological correlates. J Neurol Sci, 14 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25614440. Vasavada MM et al. Olfactory Cortex Degeneration in Alzheimer's Disease and Mild Cognitive Impairment. J Alzheimers Dis, 29 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25633674.

Capacité à s’alimenter

Une étude menée par le département de soins infirmiers de l’Université DonKang à Gwangju (Corée du Sud), auprès de cent cinquante résidents de maison de retraite atteints de démence, montre que les personnes malades sont modérément dépendantes pour s’alimenter, la perte d’autonomie la plus forte concernant l’utilisation des ustensiles. La capacité à s’alimenter dépend de plusieurs facteurs prédictifs : la durée de séjour, la durée de la maladie, le degré de déficit visuel, le lieu des repas (salon ou salle à manger) et la présentation des aliments (solide ou liquide).

Lee KM et Song JA. Factors influencing the degree of eating ability among people with dementia. J Clin Nurs, 26 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25623819.

Dépression au stade sévère de la démence

Une étude coordonnée par le Pr David Challis, de l’unité de recherche en services sociaux à la personne (PSSRU) de l’Université de Manchester (Royaume-Uni), a exploré la prévalence et les facteurs associés aux symptômes de la dépression, auprès de quatre cents personnes atteintes de démence au stade sévère, dans huit pays d’Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Finlande, France, Suède, Pays-Bas, Espagne, Estonie). La prévalence de la dépression est de 30% dans la population de l’étude. Il existe de grandes variations de prévalence selon les pays, notamment en raison des habitudes de prescription des médicaments antidépresseurs. La prévalence de la dépression au stade sévère de la démence est de 37% chez les personnes vivant à domicile et de 23% chez celles vivant en établissement d’hébergement.

Giebel CM et al. Depressive symptomatology in severe dementia in a European sample: prevalence, associated factors and prescription rate of antidepressants. Int Psychogeriatr, 11 décembre 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25497829. Alzheimer Europe Newsletter, janvier 2015.

Progression de la maladie : symptômes neuropsychiatriques

Les équipes de Joann Tchantz, du centre d’études épidémiologiques de l’Université d’État de l’Utah et Constantine Lyketsos, professeur de santé publique de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) (Cache County Dementia Progression Study on Memory Health and Aging), ont suivi depuis plus de dix ans trois cent quarante-cinq personnes atteintes de maladie d’Alzheimer incidente. 20% ont développé une démence sévère. Les symptômes neuropsychiatriques associés à une progression plus rapide vers une démence sévère sont les troubles psychotiques (hallucinations, idées délirantes, pensées confuses ou incohérentes ; risque multiplié par 2), agitation et agressivité (risque multiplié par 3) ou tout autre symptôme neuropsychiatrique cliniquement important (risque multiplié par 2.7). Ces mêmes symptômes neuropsychiatriques, ainsi que les troubles affectifs, sont associés à une mortalité plus rapide.

Peters ME et al. Neuropsychiatric Symptoms as Predictors of Progression to Severe Alzheimer's Dementia and Death: The Cache County Dementia Progression Study. Am J Psychiatry, 13 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25614127.

Douleur, empathie et représentations culturelles

Voir quelqu’un d’autre souffrir augmente la douleur subjective. On parle d’hyperalgie compassionnelle (Godinho F et al). L’étude de l’empathie, une traduction du terme Einfühlung, a débuté dans l’Allemagne du dix-neuvième siècle dans la sphère de l’esthétique, puis s’est poursuivie dans les domaines de la psychologie et des neurosciences, rappelle Geoffrey Schott, de l’hôpital national de neurologie et neurochirurgie de Londres. Depuis une dizaine d’années, les liens entre l’empathie et l’art ont commencé à être étudiés par les neurosciences. De nombreux historiens d’art ont d’abord évoqué l’importance des réponses cognitives à l’art. Les neurosciences ont découvert le système des neurones miroirs, impliqués dans l’apprentissage par l’imitation, ainsi que d’autres réseaux neuronaux dans les réponses empathiques à la douleur, dans les processus spontanés et cognitifs. Par ailleurs, le poids de la culture dans la représentation de la douleur pour la personne qui a mal et pour le médecin qui l’écoute sont le thème d’un essai du Pr Patrice Queneau, membre de l’Académie de médecine, ancien doyen de la Faculté de Saint-Etienne, intitulé : La douleur transcendée par les artistes. Des dessins de Piem « soulignent parfois avec cruauté le décalage entre le discours du malade qui a mal et souffre et le médecin qui n’entend pas mais mesure avec une échelle une douleur subjective », écrit la neurologue Catherine Thomas-Antérion, responsable du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) de Saint-Etienne.

Schott GD et al. Pictures of pain: their contribution to the neuroscience of empathy. Brain, 21 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25614024. www.neuroscoop.net, 26 janvier 2015. Queneau P. La douleur transcendée par les artistes. Paris : Glyphe. 2014. 144 p. ISBN 978-2-35815-144-3. www.editions-glyphe.com/images/48/revue_1540.pdf.   Godinho F et al. How the pain of others enhances our pain: searching the cerebral correlates of 'compassional hyperalgesia'. Eur J Pain 2012 ; 16(5) : 748-759. Mai 2012.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22337252.

Retour haut de page