Réserve cognitive

Une étude menée par Amy Borenstein, de l’Institut de recherche Group Health de Seattle (Washington, Etats-Unis), portant sur une cohorte de mille huit cents personnes sans démence à l’inclusion et suivies pendant dix ans, identifie trois facteurs de risque principaux de survenue d’une démence : la réserve cognitive, la pathologie vasculaire et la pathologie de type Alzheimer. La réserve cognitive apparait jouer un rôle important en atténuant les effets de la pathologie vasculaire et la pathologie de type Alzheimer sur le risque de démence. La mesure d’un simple temps de réaction, associé à l’éducation et à un test de lecture (New Adult Reading Test-Verbal IQ), permet d’évaluer facilement la réserve cognitive, selon les auteurs.

Borenstein A et al. Factor Scores for Brain Reserve, Alzheimer and Vascular Pathology are Independent Risk Factors for Dementia in a Population-based Cohort Study: The Kame Project. Neurology 2014; 82(10): S58.006. 1er mai 2014.

www.neurology.org/content/82/10_Supplement/S58.006.short.

Malades jeunes : quel impact des facteurs liés à l’âge sur la personnalité ?

Edward Tolhurst et ses collègues, de l’Université du Staffordshire (Royaume-Uni), soulignent qu’il existe très peu de recherche concernant explicitement le caractère de personne humaine (personhood) chez les personnes jeunes atteintes de démence.

Tolhurst E et al. Young onset dementia: the impact of emergent age-based factors upon personhood. Dementia (London) 2014; 13(2): 193-206. 1er mars 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24599813.

Personnes handicapées vieillissantes : relativiser le risque de démence (1)

Anne-Claude Juillerat Van der Linden et Martial van der Linden, les auteurs du blog du Mythe Alzheimer, rappellent qu’un accroissement considérable de l’espérance de vie a été observé chez les personnes handicapées mentales et que ce phénomène devrait se poursuivre dans les années futures. Les personnes présentant une trisomie 21 (syndrome de Down) avaient, en 1949, une espérance de vie de douze ans, alors qu’elles atteignent maintenant l’âge de soixante ans, voire plus. La présence d’un chromosome 21 supplémentaire, conduisant à une surexpression du précurseur de la protéine amyloïde, contribuerait à la formation excessive de plaques amyloïdes. Une étude menée par Antonia Coppus, du centre du handicap intellectuel de Gennep (Pays-Bas), auprès de cinq cents personnes atteintes de trisomie 21 suivies pendant cinq ans, montre que le risque de développer une démence est multiplié par 2.5 chez les personnes présentant une concentration élevée de peptides amyloïdes dans le sang. Une autre étude de la même équipe montre cependant que la prévalence de la démence chez les personnes les plus âgées atteintes de trisomie 21 ne dépasse pas 25.6%.

Mythe Alzheimer. La démence chez les personnes handicapées mentales vieillissantes : ne pas sombrer dans le réductionnisme, la médicalisation et la neurobiologisation. 6 avril 2014. http://mythe-alzheimer.over-blog.com/article-la-demence-chez-les-personnes-handicapees-mentales-vieillissantes-ne-pas-sombrer-dans-le-reduction-123240128.html(texte intégral). Coppus AM et al. Plasma β amyloid and the risk of Alzheimer's disease in Down syndrome. Neurobiol Aging 2012; 33(9):1988-1994. Septembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21958962. Coppus A et al. Dementia and mortality in persons with Down's syndrome. J Intellect Disabil Res 2006; 50(Pt 10): 768-77. Octobre 2006. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16961706.

Personnes handicapées vieillissantes : relativiser le risque de démence (2)

Pour les auteurs du blog du Mythe Alzheimer, il convient de « ne pas sombrer dans le réductionnisme, la médicalisation et la neurobiologisation » : « à mesure qu’elles vieillissent, les personnes handicapées mentales paraissent avoir un risque accru de "démence", avec une apparition plus précoce que ce qui est observé dans la population générale. L’approche biomédicale dominante, qui considère la "maladie d’Alzheimer " (et les autres "maladies neurodégénératives") comme des entités homogènes (des "maladies" essentielles) causées par des facteurs pathogènes spécifiques (des protéines anormales) a commencé à envahir le champ de la "démence" dans le handicap mental. Corollairement, on y a également vu apparaître des objectifs de diagnostic précoce, via l’entité diagnostique "trouble cognitif léger" et l’utilisation de biomarqueurs. Il apparaît nécessaire, tout comme pour la "démence" des personnes âgées issues de la population générale, de s’affranchir de l’approche biomédicale réductrice et stigmatisante de la "démence" survenant chez des personnes présentant un handicap mental, pour adopter une approche qui assume réellement la complexité et le caractère multifactoriel du vieillissement dans le contexte d’un handicap mental. Il importerait aussi de consacrer une part plus importante des ressources disponibles pour, d’une part, mettre en place des interventions de prévention (focalisées sur la formation scolaire et professionnelle, les activités physiques, l’alimentation, les activités cognitives stimulantes, les facteurs vasculaires, le sommeil, les relations sociales et familiales, y compris le soutien et l’information aux proches, etc.) dans le but de différer ou de réduire les expressions problématiques du vieillissement chez ces personnes et, d’autre part, de favoriser leur bien-être, leur qualité de vie, le sens qu’elles donnent à leur vie et à leurs activités, leur pouvoir d’agir et leur sentiment de contrôle de leur existence, leur sentiment d’identité et leur place dans la société. »

Mythe Alzheimer. La démence chez les personnes handicapées mentales vieillissantes : ne pas sombrer dans le réductionnisme, la médicalisation et la neurobiologisation. 6 avril 2014. http://mythe-alzheimer.over-blog.com/article-la-demence-chez-les-personnes-handicapees-mentales-vieillissantes-ne-pas-sombrer-dans-le-reduction-123240128.html(texte intégral).

Perte auditive et démence : quel lien ?

L’équipe de JoAnn Tschantz, du département de neurologie de l’Université de l’Utah (Etats-Unis), a mené une étude en population générale auprès de 4 463 personnes âgées sans démence à l’inclusion, dont 836 présentaient une perte auditive. Ces personnes ont été suivies pendant plus d’une décennie. 16.3% des personnes ayant une perte auditive à l’inclusion ont développé une démence, contre 12.1% des personnes sans perte auditive. Le délai moyen de survenue de la démence était de 10.3 ans dans le premier groupe, contre 11.9 ans dans le second. Ces différences sont significatives. La perte auditive est un facteur prédictif indépendant de développement d’une démence (risque multiplié par un facteur 1.27 par rapport aux personnes sans perte auditive). Le déclin cognitif est plus rapide chez les personnes ayant une perte auditive. Ces résultats suggèrent que le déficit auditif pourrait être un marqueur de dysfonctionnement cognitif chez des personnes âgées de soixante-cinq ans et plus.

Gurgel RK et al. Relationship of Hearing Loss and Dementia: A Prospective, Population-Based Study. Otol Neurotol, 21 mars 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24662628.

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