• Faire évoluer le regard sur la maladie d’Alzheimer et les handicaps cognitifs.
  • Mobiliser les acteurs de proximité afin que les personnes atteintes de troubles cognitifs bénéficient d’environnements de vie plus accueillants et plus étayants.

Deux objectifs prioritaires pour la recherche et l’innovation sociale qu'ont fait apparaître les Assises de la recherche et de l’innovation sociale pour relever le défi du vieillissement cognitif organisées les 7 et 8 mars 2017 à Paris par la Fondation Médéric Alzheimer, avec le soutien de la Fondation de France.

Faire évoluer le regard sur la maladie d’Alzheimer et les handicaps cognitifs liés à l’avancée en âge, en sensibilisant les jeunes générations

Même si des infléchissements ont été constatés dans la période récente, les troubles cognitifs qui peuvent survenir au cours du vieillissement souffrent d’une image sociale très négative[1]. Comment faire évoluer le regard de la société sur les personnes malades, mais aussi sur les institutions qui les accueillent, et sur les professionnels qui prennent soin des personnes malades, dont le métier est souvent dévalorisé ?

Des campagnes de communication ont été menées, par exemple en Belgique – sous l’égide de la Fondation Roi Baudouin[2]  – pour promouvoir une image plus nuancée, plus réaliste et plus respectueuse des personnes. Les stéréotypes déjà présents dans l’esprit des personnes adultes sont tellement ancrés qu’il est difficile d’y substituer des cadres de pensée alternatifs.

Par conséquent, plutôt que de mener une campagne de communication auprès de l’ensemble de la population, il pourrait être pertinent de concentrer les efforts sur les jeunes générations. En sensibilisant les enfants et les adolescents aux troubles cognitifs pouvant survenir avec l’avancée en âge, en leur proposant une image plus nuancée de la maladie d’Alzheimer, et en leur permettant de rencontrer des personnes ayant des difficultés cognitives, nous parviendrons peut-être à créer une génération plus ouverte à ces problématiques, avec des jeunes gens qui pourront de plus – comme c’est le cas par exemple au Royaume-Uni avec les dementia champions – faire office « d’ambassadeurs » auprès de leurs parents.

Mobiliser les acteurs de proximité pour rendre l’environnement de proximité plus accueillant et étayant

S’il est primordial de changer le regard de la société sur le vieillissement cognitif, il est tout aussi important de mobiliser l’environnement social de proximité afin que les personnes en difficulté cognitive puissent bénéficier d’un environnement de vie attentif à leurs attentes et à leurs besoins. L’on sait en particulier que les personnes âgées en difficulté cognitive souhaitent, le plus longtemps possible, pouvoir continuer à vivre chez elles, dans leur cadre de vie habituel, entourées de leurs proches, et les politiques publiques les y encouragent.

Mais vivre à domicile, c’est aussi – lorsqu’on en a encore les capacités – pouvoir sortir de chez soi, faire ses courses dans les commerces de proximité, aller à la boulangerie, à la pharmacie, à la banque ou à la poste, pratiquer des activités de loisirs, se rendre dans un lieu de culte, ou dans un lieu dédié à la culture (cinéma, théâtre, musée), se sentir à l’aise et en sécurité dans son quartier, voire pouvoir prendre les transports en commun ou faire des voyages.

Or, toutes ces activités peuvent devenir compliquées en cas de troubles de la mémoire, de l’orientation ou de la planification des actions. L’inadaptation de l’environnement physique et social de proximité, son impréparation à accueillir les personnes en difficulté cognitive, peuvent générer des situations de handicap. Il s’agit donc de promouvoir les stratégies et les initiatives permettant de rendre l’environnement humain de proximité plus accueillant, vigilant et étayant.

 

[1] Laëtitia Ngatcha-Ribert, Évolutions des regards portés sur la maladie d’Alzheimer dans la culture et les médias 2010-2014. Rapport d’étude de la Fondation Médéric Alzheimer n°10, juin 2016, 94 p.

[2] Patrick De Rynck, « Je suis toujours la même personne ». Une invitation à communiquer autrement à propos de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. Fondation Roi Baudouin, septembre 2011, 30 p.

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