Situation très critique dans la filière soins

Alors que le nombre de personnes âgées dépendantes augmente, la filière soins (Pflegekassen) est confrontée à un avenir très mouvementé. Plus de deux millions de personnes sont aujourd’hui prises en charge et reçoivent des prestations financières pour soins à domicile, soit un tiers de plus qu’il y a huit ans. Trois autres millions de personnes ne peuvent plus s’occuper de leur foyer. Et le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie laissent prévoir que ce nombre passera à trois ou quatre millions d’individus en 2040. Du côté des familles de ces personnes, la situation est lourde à gérer, entre l’aide ou la prise en charge totale, ou la maison de retraite. Par ailleurs, les pathologies telles que les troubles cognitifs augmentent considérablement. Le mode de vie moderne ne prête plus guère à prendre un parent dépendant chez soi, et les experts estiment donc qu’à l’avenir, de plus en plus de personnes dépendantes et âgées seront confiées à des institutions de long séjour. D’ici trente ans, cinq cent mille lits supplémentaires devront être créés dans les structures de long séjour. Mais le long séjour en maison de retraite coûte très cher : de deux mille à quatre mille euros. Qui paiera et comment ? La filière soins (domicile, maison de retraite) est déjà dans le rouge à hauteur de huit cent vingt millions d’euros. Une réforme est donc urgente. De très nombreux aidants (surtout des femmes) vivent une pression quotidienne insupportable, qui plus est sans reconnaissance ni aide financière conséquente. Ainsi, une personne atteinte de démence occasionne un coût de 43 800 euros, dont les deux tiers sont à la charge de la famille. Les aidants ne bénéficient pas de cadeaux fiscaux suffisants qui allègerait leur facture. Pour nombre de familles, la seule issue est souvent de recourir à du personnel clandestin, car les tarifs des prestations à domicile ont augmenté de 15% en dix ans, alors que les indemnités n’ont pas bougé. 
Quelques trois cent-vingt-trois mille personnes bénéficiant d’une allocation dépendance ont demandé un secours supplémentaire aux services sociaux de leur ville. 

Der Spiegelwww.spiegel.de, 9 mai 2005

Les aidants canadiens mal lotis

Le Canada n’offre pas une aide financière assez importante aux personnes qui ont en charge un proche malade, selon une étude (The Hidden Costs of Invisible Contributions) menée par la Mount Saint Vincent University. Le pays se situe en effet loin derrière le Royaume-Uni et l’Australie en matière de soutien aux aidants. Tandis que les Britanniques et les Australiens perçoivent des aides financières directes établies selon leurs besoins, (le Royaume-Uni a créé une bourse à destination des aidants sans ou à faible revenu) les aidants canadiens ne bénéficient que de quelques réductions d’impôts. 

MyDna Newswww.mydna.com, 23 mai 2005

Nouveaux droits pour les aidants

Alan Johnson, le ministre britannique du Commerce et de l’Industrie, a annoncé l’octroi de droits particuliers aux personnes qui ont un proche âgé à leur charge. Elles pourront désormais faire valoir auprès de leur employeur leur responsabilité d’aidant pour modifier sans difficulté leur emploi du temps, travailler à temps partiel ou en télé travail. Selon l’Association Carers UK, trois millions de Britanniques cumulent travail et responsabilité d’aidants.

Personnel Todaywww.personneltoday.com, 20 juin 2005

Le soutien de l’Exécutif Ecossais aux aidants

Rhona Brankin, Deputy Health Minister (déléguée au secrétariat à la Santé) de l’Exécutif écossais a annoncé dans l’édition du 16 juin du quotidien The Scotsman, la remise en août 2005 du rapport final du projet Care 21 (Care for the 21st Century) commencé en octobre 2004 et achevé en avril 2005. Le programme, organisé en partenariat avec l’Office for Public Management, a élaboré un plan afin d’améliorer la qualité du soutien accordé aux aidants par l’Exécutif écossais. Care 21 s’est inspiré des expériences innovantes menées en la matière dans d’autres pays. Une évaluation de l’offre et de la demande des soins et services a été réalisée grâce à la collaboration d’aidants, d’associations et d’institutions. Un site Internet a été ouvert pour l’occasion et a recueilli les témoignages de nombreux aidants. La déléguée rappelle l’importance du rôle des aidants dans la société et la nécessité de leur témoigner de la reconnaissance. Ils sont 700 000 en Ecosse à assurer des soins « non payés » aux membres de leur familles, à leurs amis ou à leurs voisins. 
Depuis 1999 et la mise en place du Carers Strategy for Scotland, l’Exécutif écossais affiche son soutien aux aidants souligne Rhona Brankin. Les fonds destinés à cette aide sont passés de cinq millions de livres par an en 1999 (7,5 millions d’euro) à vingt-trois millions de livres (34,6 millions d’euro) cette année. Les services locaux destinés aux aidants ont ainsi pu se moderniser et accroître leur activité. 

The Scotsmanwww.scotsman.com, 16 juin 2005

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