Incapacités et perte d’autonomie des personnes âgées en France : une évolution favorable entre 2007 et 2014, de la DREES

L’enquête Vie quotidienne et santé (VQS), menée par Mathieu Brunel et Amélie Carrère, de la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) et de l’INED (Institut national d’études démographiques) interroge des seniors âgés de soixante ans ou plus, résidant à domicile. Plusieurs mesures de la perte d’autonomie et des incapacités ont été estimées dans l’enquête 2014 : 26% des personnes interrogées déclarent au moins une limitation fonctionnelle (physique, sensorielle ou cognitive) ; 12 % ont des difficultés pour se laver et 28 % déclarent recevoir une aide humaine. Pour la plupart de ces mesures, les femmes sont les plus touchées par la perte d’autonomie. Par ailleurs, les difficultés ne sont pas indépendantes les unes des autres puisque l’on constate, pour plus d’un tiers des seniors, un cumul des limitations. L’enquête VQS 2014 met aussi en évidence une moindre perte d’autonomie et une diminution des incapacités chez les seniors vivant à domicile depuis la précédente enquête menée en 2007.

Brunel M et Carrère A. Incapacités et perte d’autonomie des personnes âgées en France : une évolution favorable entre 2007 et 2014. Dossiers de la DREES 2017 ; 13.Mars 2017. http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dd13.pdf.

La Banque nationale Alzheimer : un outil pour la surveillance épidémiologique des démences en France ?, de Santé publique France

Compte tenu de l’augmentation attendue du nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence en France, la mise en place d’un système de surveillance épidémiologique opérationnel est indispensable. En complémentarité des données de cohortes et des bases médico-administratives, la Banque nationale Alzheimer (BNA), qui collecte de manière systématique les données des patients consultant un centre mémoire (CM) ou un centre de mémoire de ressources et de recherche (CMRR), présente un potentiel intéressant pour le suivi de ces maladies, écrivent Nathalie Beltzer et ses collègues, de la direction des maladies non transmissibles et traumatiques de Santé publique France, en collaboration avec le Pr Jean-François Dartigues, de l’Université Victor Segalen Bordeaux-2 et Philippe Robert, du CHU de Nice. Selon les chercheurs, « aujourd’hui, en France, environ 1.2 million de personnes seraient touchées par la maladie d’Alzheimer ou une autre démence, démences qui seraient de loin la cause la plus fréquente de maladies neurodégénératives. » « Nous avons analysé les forces et les faiblesses de la BNA pour la production de données pertinentes de surveillance de la maladie d’Alzheimer et des autres démence », écrivent les épidémiologistes. « À partir d’une extraction regroupant les données d’environ cinq cent soixante mille patients inclus entre janvier 2010 et décembre 2014, nous avons analysé la qualité des données recueillies puis évalué la possibilité de construire des indicateurs de fréquence et de pronostic de la maladie. » Pour les chercheurs, plusieurs actions doivent être menées pour pouvoir envisager l’intégration de la BNA dans le système de surveillance de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées : assurer la remontée exhaustive des informations pour tous les patients consultant un CM ou un CMRR ; améliorer la qualité des données recueillies ; évaluer la représentativité des cas de la BNA par rapport à ceux de la population générale ; chaîner la BNA aux bases médico-administratives pour permettre le suivi longitudinal de cas bien validés de démence. Ces points fondamentaux sont discutés au sein de groupes de travail dans le cadre de la mesure 16 « Pérenniser et améliorer la BNA » du plan Maladies neurodégénératives 2014-2019. La dernière version des données de la BNA est disponible sur le site du centre mémoire de ressources et de recherche de Nice (www.cmrr-nice.fr/?p=plan-alzheimer).

Beltzer N et al. La Banque nationale Alzheimer : un outil pour la surveillance épidémiologique des démences en France ? Santé publique France. Mai 2017.

Les personnes âgées aux urgences : une santé plus fragile nécessitant une prise en charge plus longue, de la DREES

Selon une étude de Bénédicte Boisguérin et Léa Mauro, de la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), « le temps de passage aux urgences est plus long pour les personnes âgées : sa durée médiane est de quatre heures pour les patients âgés de soixante-quinze ans ou plus, contre deux heures et dix minutes pour les personnes âgées de quinze à soixante-quatorze ans, en excluant les patients ayant séjourné en unité d’hospitalisation de courte durée. En prenant en compte ces derniers, la durée médiane s’allonge, de façon plus marquée pour les patients âgés. Elle est de quatre heures et trente minutes, contre deux heures et vingt minutes pour les patients plus jeunes. Le nombre d’examens complémentaires, plus important pour les patients âgés, et les délais nécessaires à leur réalisation contribuent à augmenter la durée de passage aux urgences. À cela s’ajoutent les modalités d’hospitalisation éventuelle en aval des urgences : le délai pour obtenir un lit est plus important pour les personnes âgées. En cas de retour à domicile, des durées de passage plus longues pour les personnes âgées sont constatées dans les points d’accueil ayant des ressources en gériatrie, en lien avec des prises en charge plus adaptées dans ces points d’accueil. »

Boisguérin B et Mauro L. Les personnes âgées aux urgences : une santé plus fragile nécessitant une prise en charge plus longue. DREES, Études et Résultats 2017 ; 1008. 28 avril 2017.

Vieillir seule : quelle proximité géographique des enfants ?

« Décohabiter ou, à l’inverse, prolonger la cohabitation familiale peuvent être affaire d’autonomie financière, de position sociale ou d’influence culturelle (familialiste vs individualiste) », écrivent Rémi Gallou et Julie Rochut, de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), qui analysent les données de l’enquête européenne Share sur le vieillissement. Les chercheurs abordent également le vieillissement des mères de famille vivant sans conjoint en France sous l’angle du départ des enfants. Les familles monoparentales constituant le type de ménage le plus en proie au risque de précarité, l’étude des liens et de la proximité géographique des enfants des femmes vivant sans conjoint prend tout son sens. L’enquête « Familles et Logements » a été utilisée pour décrire les liens de proximité des enfants à leur mère ne vivant pas en couple. Les résultats montrent que, « toutes choses égales par ailleurs, les mères âgées immigrées non européennes âgées de cinquante-cinq ans ou plus cohabitent davantage avec un enfant. Et lorsque ce n’est pas le cas, elles résident plus souvent que les autres dans la même commune qu’un de leurs enfants.

Gallou R et Rochut J. Vieillir seule : quelle proximité géographique des enfants ? Rev Eur Sci Soc 2017 ; 55-1, 16 mai 2017. http://ress.revues.org/3745.

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