PASA, UHR, mode d’emploi, de Jean-Marie Vétel et Philippe Robert

Quelles attitudes adopter en fonction des symptômes des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? Le Dr Jean-Marie Vétel, chef du service de gériatrie au Centre hospitalier du Mans et le Professeur Philippe Robert, coordonnateur du Centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) du CHU de Nice, proposent un ouvrage sur les conduites à tenir,  issu de fiches développées et validées par des études randomisées réalisées en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (TNM et STIM-EHPAD). Pour les attitudes générales à adopter : établir un contact avec le patient (par le regard, le toucher ou la voix) ; être rassurant, sécurisant ; créer une ambiance apaisante de détente ; respecter le rythme du patient ; expliquer ce qui va être fait au fur et à mesure ; solliciter l’aide du patient et privilégier l’autonomie. Certaines attitudes générales sont à proscrire : infantiliser ; faire la morale ; parler de façon autoritaire ; réprimander ; forcer le patient ; utiliser des moyens de contention (dans la mesure du possible) ; avoir des réactions brutales ou agressives ; se sentir blessé des propos tenus ; montrer sa peur. Les attitudes à adopter sont déclinées en fonction des symptômes

Le Journal du médecin coordonnateur, mai-juin 2012. Vétel JM et Robert P. PASA, UHR, mode d’emploi. Paris : Phase 5. 2011. 47 p. ISBN 978-2-35546-161-3. http://bibliographienationale.bnf.fr/Livres/M6_12.h/cadre360-1.html.  CMRR Nice. Traitement non pharmacologique de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées (STIM-EHPAD). Application aux troubles du comportement en EHPAD. Apathie-humeur dépressive. Février 2010.www.cmrr-nice.fr/doc/stimehpad.pdf (texte intégral). Traitement non pharmacologique de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées. Application aux troubles du comportement en EHPAD. Octobre 2008.

www.cmrr-nice.fr/doc/TNM_recommandations_generales.pdf (texte intégral). 

Précis de législation, éthique et déontologie, de Régine Maufoux-Immergout, Gilles Devers et Khady Badiane-Devers

« Dans le monde de la santé, deux moteurs jouent essentiellement : le progrès scientifique et la considération pour la personne. La question des droits des patients résulte de cette dynamique », écrivent Régine Maufoux-Immergout, cadre de santé aux Instituts de formation du centre hospitalier du Val-d’Ariège, Gilles Devers, docteur en droit, avocat et ancien infirmier, et Khady Badiane-Devers, juriste en droit de la santé et formatrice. « La première cause d’évolution est le progrès scientifique, le renouvellement des capacités techniques, l’émergence des enjeux collectifs. Les progrès scientifiques sont sources de bienfaits, mais aussi de risques. Le second moteur est la considération pour la personne. Le patient a pu être, par le passé, considéré comme « objet des soins » ; de plus en plus, il revendique d’être sujet dans la relation de soins et n’hésite pas à faire valoir ses droits. La notion de droits des patients s’inscrit dans cette recherche de l’amélioration de la qualité des soins. Ce renforcement du droit peut paraître dérangeant ; il est en réalité un signe de reconnaissance sociale. L’infirmier n’est plus celui qui cherche à bien faire. C’est un professionnel de haut niveau qui doit rendre des comptes ». « La considération pour la personne et la question du sens des actions, quelles que soient les contraintes qu’imposent le droit, la morale et l’éthique, doivent toujours occuper une place prépondérante dans les actes de soin.

Maufoux-Immergout R et al. Précis de législation, éthique et déontologie UE 1.3. Avril 2012. Rueil-Malmaison : Lamarre-Wolters Kluwer.196 p. ISBN 978-2-7573-0329-0.

Les cadres de santé et la reconnaissance au travail. Une position difficile entre soins et management, coordonné par Dominique Bourgeon

Dominique Bourgeon, directeur des soins et docteur en sociologie, coordonne un ouvrage collectif explorant la « jungle de la gratitude » en abordant, en premier lieu, les liens entre reconnaissance et sentiment d'appartenance. « Car, comme celui d'identité, le concept de reconnaissance offre une ambiguïté dans le sens où, pour être reconnu, il faut, à la fois, appartenir à un collectif et suffisamment s'en distinguer. Quelle est la plus-value des cadres de santé ? En quoi se distinguent-ils des cadres administratifs ? Quelles sont leurs problématiques singulières au regard de l'évolution hospitalière ? » Mais de quelle reconnaissance s’agit-il ? Celle des patients ? Des médecins ? De l'institution hospitalière ? Des personnels ? Autant d'acteurs, autant d'attentes. Les auteurs sont convaincus que « la reconnaissance ne se donne pas, elle ne peut être que conquise. Les cadres de santé ne peuvent l'obtenir que par une démarche collective mettant l'accent sur leurs apports spécifiques au sein des institutions. Or, au regard de l'évolution médico-économique de l'hôpital, l'une des stratégies possibles ne réside-t-elle pas en un management par et pour l'éthique ? Que peut-on attendre d'un soignant si ce n'est de poser une limite argumentée à la stricte approche financière ? Sans nier l'inévitable inscription de l'institution hospitalière dans une politique d'efficience, la situation actuelle de l'hôpital exige un certain rééquilibre ».

Bourgeon D (coord.). Les cadres de santé et la reconnaissance au travail. Une position difficile entre soins et management. Rueil-Malmaison : Lamarre-Wolters Kluwer. 16 avril 2012. 343 p. ISBN 978-2-7573-0576-8. www.lechoixdeslibraires.com/, 22 avril 2012.

L’action sociale a-t-elle encore un avenir ? de Pierre Savignat

Depuis trente ans, l’action sociale se trouve prise dans les remous d’une société en mutation, et aujourd’hui en crise, constate Pierre Savignat, directeur d’hôpital et maître de conférences associé à l’Université Pierre Mendès-France Grenoble-2. « Les besoins des usagers évoluent. Les professionnels et les décideurs recomposent leurs discours. Ainsi, la demande de sécurité peut être reliée à l’augmentation de la précarité, tandis que la libéralisation du système est parfois considérée comme un moyen d’aider l’usager à agir avec davantage d’autonomie. L’auteur envisage trois scénarios d’évolution : des avancées plus ou moins chaotiques dans un certain flou décisionnel, un modèle social néo-libéral ou, au contraire, un modèle solidaire « réarticulant société et action sociale ». Pour Pierre Savignat, l’avenir de l’action sociale dépendra principalement de quatre facteurs : le fait que les pratiques professionnelles restent vecteurs de sens ; la reconnaissance de la place des usagers, la promotion de l’approche territoriale des problèmes sociaux ; la refondation des jeux d’acteurs.

Savignat P. L’action sociale a-t-elle encore un avenir ? Paris : Dunod. Avril 2012. 224 p. ISBN 978-2-10-056021-9. www.dunod.com/document/9782100560219/Feuilletage.pdf.

Fins de vie, éthique et société, sous la direction d’Emmanuel Hirsch

Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’Université Paris-Sud et directeur de l’Espace éthique/AP-HP et de l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer (EREMA) coordonne les contributions de soixante-dix auteurs de différentes disciplines, qui développent leurs analyses à partir des pratiques : « ces situations toujours singulières, irréductibles aux débats généraux portant sur la mort dans la dignité justifient une exigence de clarifications, la restitution d’expériences et la transmission de savoirs vrais », écrit-il. « Témoigner de manière digne notre considération à la personne, ne pas être indifférent à ce qu’elle éprouve dans ces temps incertains de la fin de vie, signifie qu’on refuse d’anticiper sa mort, que nous ne l’excluons pas de notre vie en lui contestant sa place au sein de la communauté humaine. Nous touchons là au principe même de la responsabilité humaine et de l’idée de dignité, dès lors qu’est ainsi confirmée à cette personne si proche du terme de son existence, si vulnérable, l’incontestable valeur de son existence parmi et avec nous. La loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie confère à de telles questions une dimension politique.  Les conditions du mourir interrogent à la fois nos obligations humaines, sociales et les exigences du soin. Désormais doit s’instaurer au cœur de notre cité une nouvelle culture de la fin de vie, de nouvelles solidarités, des pratiques professionnelles différentes, au service de la personne malade et de ses proches ». Un volumineux ouvrage de six cents pages au format de poche.

Hirsch E (coord.) Fins de vie, éthique et société. Ramonville : Eres. 600 p. Avril 2012. www.espace-ethique.org/doc2012/Parution2012.pdf. La Gazette Santé-social, mai 2012.

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