Consultez Alzheimer actualités n° 160 - février 2019.

Si tout le monde convient qu’il vaut mieux prévenir que guérir, de l’acquiescement passif à l’engagement individuel résolu, il y a un fossé que la plupart d’entre nous se refusent à franchir.

Plusieurs raisons expliquent ces réticences. Rappelons tout d’abord que conformer son comportement à une logique de prévention suppose constance et détermination, quand bien même la survenue d’un risque demeure lointaine, hypothétique et souvent minimisée. Ceci est d’autant plus vrai dans une époque dominée par les sollicitations immédiates et les échéances de très court terme. Dans ce contexte, comment intégrer les usages de prévention à une culture ambiante portée sur l’éphémère ?

En cela, tous les messages de prévention doivent être adaptés au public concerné. C’est l’objet de la « littératie » en santé, qui est la capacité du public à comprendre, à évaluer, à utiliser et à s’approprier ces messages. Aussi est-il essentiel d’adopter une communication permettant de les rendre accessibles.

Si la prévention comporte une raison d’être, c’est parce que notre santé n’est pas programmée de manière définitive et exclusive par le génome. En effet, nous pouvons l’améliorer en modifiant notre style de vie, car nos gènes s’expriment différemment en fonction de nos actions et de notre environnement.

En cela, la prévention consiste à déceler les facteurs de protection et les facteurs de risque afin de renforcer les premiers et de limiter les seconds. Ceci est notamment vrai dans le cas de la maladie d’Alzheimer.

Parmi les facteurs de protection, on note un niveau d’études élevé, un réseau social riche, ainsi qu’une hygiène de vie saine. Au premier rang des facteurs de risque, se trouve le risque cardio-vasculaire. Sa prévention renforcée apparaît très pertinente, et ce dès 45 ans car l’association entre facteurs de risque vasculaire et troubles cognitifs est prouvée. D’autres facteurs de risque ont également été identifiés : certaines prédispositions génétiques, la dépression, le stress, un environnement non adapté.  

Lorsque la maladie est déclarée, différentes mesures peuvent permettre de préserver les capacités de la personne, comme la lutte contre l’isolement et l’exclusion, le maintien de ses capacités sensorielles ou la prévention des chutes. On accordera aussi une attention particulière à l’aménagement du domicile et à l’accompagnement des personnes malades et de leurs aidants. Ces derniers sont en effet en droit de continuer à aider sans s’épuiser. L’équilibre du couple aidant-aidé, pour être maintenu, doit être soutenu. La prévention concerne ici le recours à l’éducation thérapeutique des aidants et au renforcement de leurs capacités pour leur permettre de mieux faire face à la situation.

Au moins trois défis collectifs restent à relever : l’évaluation des stratégies de prévention, les mots choisis pour les faire connaître et les budgets alloués pour les financer. En la matière, il y a encore beaucoup à faire pour progresser. Espérons que les travaux de la mission « Grand âge et autonomie », menée par Dominique Libault, apporteront les réponses nécessaires à ce problème, permettant ainsi de limiter la survenue de troubles cognitifs liés au vieillissement au sein de la population française.

À condition que chacun y mette du sien.


La rédaction

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