Comme les héros du film de Zabou Breitman, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont souvent conviées, désormais, à “ se souvenir des belles choses ”. Confirmant l’intrication de la mémoire et des émotions, une étude récente montre, d’ailleurs, l’intérêt de savourer des moments de plaisir pour retrouver le chemin d’un passé enfoui (Dementiae, n°15, vol. 3, article de A.M. Ergis). Cet objectif serait particulièrement bien servi par la musique et, notamment, par l’écoute de chansons familières (Senioractu.com, 20 mars 2006). Dans le même esprit, un atelier de réminiscence, mis en œuvre par une maison de retraite parisienne, s’appuie sur la stimulation émotionnelle pour faire émerger des souvenirs agréables et prévenir l’aggravation de la maladie (Agevillagepro.com, 21 février 2006 ; Senioractu.com, 23 février 2006). L’animation constitue, un véritable “ soin relationnel ”, estime Martine Péron. Pour cette praticienne nantaise, diverses petites madeleines sensorielles peuvent être utilisées pour solliciter les personnes malades. Celles-ci sont ainsi conduites, d’un même mouvement, à ranimer des images du temps perdu et à donner du goût à celui d’aujourd’hui (Santé Social, février 2006). 
De fait, indépendamment de leur visée thérapeutique, ce type d’activités retentit positivement sur l’humeur des résidents et leur capacité à communiquer. Cependant, l’évolution de cette dernière s’avère, aussi, très influencée par le lieu de vie des personnes (Neurologie Psychiatrie Gériatrie, février 2006, article de T. Rousseau et M. Loyau). Plus que l’institution, fût-elle un “ cantou ”, le domicile, protecteur de l’identité du sujet, serait mieux à même de l’aider à sauvegarder ses possibilités de communication (Documents-Cleirppa, cahier n°21) – soit, aussi, à préserver sa dignité, souligne Mitra Khosravi, dans un ouvrage consacré à “ La communication lors de la maladie d’Alzheimer et des démences séniles ” (éditions Doin). De leur côté, pour lier plus facilement contact avec les patients, les soignants doivent connaître quelques principes d’action. Simples à appréhender, ils permettent de capter l’attention de leur interlocuteur et de ne pas le mettre davantage en difficulté (Soins Gérontologie, mars/avril 2006, article de M.P. Pancrazi et P. Métais). 
La douleur a également des répercussions significatives sur les facultés cognitives des personnes (Psychologie et NeuroPsychiatrie du Vieillissement, mars 2006, article de Ch. Moroni et B. Laurent). Mais encore faut-il savoir la détecter pour soulager la souffrance des intéressées. A cet effet, le “ plan douleur ” du gouvernement, notamment centré sur les personnes âgées, prévoit de développer la formation des personnels de santé (AgeVillage.com, 5 mars 2006). Des outils de diagnostic seront créés pour les médecins de ville, cependant que les soignants des EHPAD seront plus spécifiquement formés à l’accompagnement des personnes en fin de vie. Un décret du 6 février impose, d’autre part, à tous les établissements et services où existe un projet général de soins de se doter des moyens nécessaires pour que leurs patients puissent bénéficier des soins palliatifs requis par leur état (legifrance.gouv.fr, 7 février 2006). Parallèlement, un comité de suivi a été institué afin de veiller au respect de cette obligation (Actualités sociales hebdomadaires, 24 février 2006). Il lui reviendra de s’assurer que, jusqu’à son terme, on favorise la qualité de la vie.
Caroline Helfter

Retour haut de page