iStock/FatCamera
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La maladie d’Alzheimer est de mieux en mieux connue par les Français, qui en ont aussi de plus en plus peur. En revanche, c’est un « grand flou » lorsque l’on évoque la question de la prévention. Les Français méconnaissent les moyens de la prévenir et semblent peu enclins à s’investir.

  • 97 % en ont entendu parler
  • Trois quarts des Français ont peur d’y être confrontés
  • Moins d’1 Français sur 10 affirme connaître les moyens de la prévenir
  • Seulement 35 % des Français se disent prêts à pratiquer une activité physique régulière pour la prévenir

Cette attitude paradoxale est l’un des enseignements majeurs de l’enquête IFOP « Opinions et perceptions des Français à l’égard de la prévention de la maladie d’Alzheimer » menée auprès des Français.

Même si les récentes avancées de la recherche scientifique peuvent venir à rebours du fatalisme associé à cette maladie chronique du vieillissement - qui touchera plus de 2,2 millions de Français en 2050 -, ne traiter qu’une seule de ses nombreuses causes possibles ne l’empêchera pas de se développer. L’espoir le plus réaliste réside aujourd’hui dans la prévention qui permet de rendre évitable la maladie dans 40 % des cas. Stimuler notre cerveau, le protéger des traumatismes et des toxines, préserver notre santé physique et métabolique mais aussi garder notre réseau relationnel aussi longtemps que possible nous aidera à accroître notre réserve cognitive et résister aux affres du temps.

Hélène Jacquemont, présidente de la Fondation Médéric Alzheimer

 

Alzheimer : une maladie désormais ancrée dans l’imaginaire collectif national

La maladie d’Alzheimer est bien connue des Français et elle est citée très spontanément, ce qui en fait la maladie neurodégénérative la mieux identifiée (devant la maladie de Parkinson). Cette notoriété est en forte progression par rapport au niveau mesuré en 1992. Les principaux symptômes de la maladie sont eux aussi bien identifiés, notamment les troubles de la mémoire. Une vigilance est à pointer sur le risque d’épisodes dépressifs.

Frédéric Dabi, directeur général Opinion du groupe Ifop, témoigne : « En l’espace d’une trentaine d’années, la maladie d’Alzheimer s’est fortement ancrée dans l’imaginaire collectif national. Elle est désormais connue par la quasi-totalité des Français et elle fait de plus en plus peur. Mais paradoxalement, les stratégies de prévention sont très largement méconnues du grand public ».

Une maladie dont on a de plus en plus peur

La maladie d’Alzheimer est bien mieux identifiée qu’elle ne l’était dans les années 1990. Mais, elle fait de plus en plus peur. En 2001 le cancer était la pathologie faisant le plus peur suivi par le SIDA, la maladie d’Alzheimer et l’infarctus du myocarde. En 2021, les Français citent le cancer au même niveau mais sont significativement plus nombreux à évoquer la maladie d’Alzheimer. Ils sont à l’inverse nettement moins effrayés par le SIDA.

Dans le même temps, le constat d’une maladie incurable s’est renforcé avec désormais 90 % des Français qui estiment qu’il s’agit d’une maladie dont on ne peut pas guérir. Trois quart des Français ont peur d’être atteint un jour de la maladie (74 % dont 24 % « très peur »), une proportion qui a fortement progressé en vingt ans (42 % seulement en avaient peur en 2001).

Pourtant, Les stratégies de prévention restent méconnues

Si les Français connaissent de plus en plus la maladie d’Alzheimer, ils méconnaissent assez largement les stratégies de prévention. Ils sont moins d’un sur dix à les connaître. Invités à attribuer une note entre 0 et 10 pour qualifier le sentiment que différentes pathologies peuvent être prévenues en adoptant certains comportements, ils n’attribuent en moyenne qu’une note de 4,7/10 à la maladie d’Alzheimer (traduisant une faible croyance dans des stratégies préventives), bien inférieure à la note attribuée aux cancers (5,9/10), au diabète (6,8/10), aux maladies cardiovasculaires (6,8/10) et au Sida (7,4/10).

La pratique d’une activité physique régulière, le rôle du sommeil et de la vie sociale sont assez largement perçus comme étant des facteurs de prévention. Pourtant, il n’en va pas de même pour l’alimentation et notamment le suivi d’un régime méditerranéen. À noter aussi que le sommeil et l’activité physique ne sont encore que partiellement reconnus dans les stratégies préventives en général.

 

Des solutions existent pour prévenir la maladie d’Alzheimer. Il s’agit maintenant de les faire connaître et d’inciter les français à s’investir personnellement pour améliorer leurs chances de vieillir en bonne santé cognitive.

Christine Tabuenca, directrice générale de la Fondation Médéric Alzheimer

 

5 stratégies de prévention primaire à adopter pour diminuer le risque de troubles cognitifs

Pratiquer une activité physique régulière

Dormir au moins 7 heures par nuit

Avoir une vie sociale riche

Suivre un régime méditerranéen

Limiter le tabac

 

L’OMS définit la prévention primaire comme l’ensemble des actes visant à diminuer l’incidence d'une maladie dans une population et donc à réduire les risques d’apparition de nouveaux cas.

Connaissez-vous ICOPE ?
Conçu par l’Organisation Mondiale de la Santé, ICOPE (Integrated Care for Older People) est un programme de santé publique de soins intégrés pour les personnes de 60 ans et plus. Il repose sur une évaluation et le suivi des fonctions de la capacité intrinsèque : la mobilité, la mémoire, la nutrition, l’état psychologique, la vision et l’audition. Il a pour objectif de permettre au plus grand nombre de veillir en santé. Le Pr Bruno Vellas, chef de service pôle gériatrie du CHU de Toulouse et fondateur du Gérontopôle (centre collaborateur OMS), nous en dit plus.


Entretien du Pr Bruno Vellas avec Thierry Calvat, sociologue

Vidéo dévoilée lors de la 3e rencontre du collectif Alzheimer Ensemble Construisons l’avenir « Prévenir la maladie d’Alzheimer : une utopie ? »

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