Maltraitance : de graves lacunes. 
Le rapport de l’Inspection générale des services sociaux sur la lutte contre les maltraitances est particulièrement sévère. Il dénonce une définition trop large, l’enchevêtrement des compétences, l’absence de coordination entre la justice et les affaires sociales. Il préconise une relance de la lutte, notamment par la réalisation d’un guide de l’action publique, l’installation dans chaque département d’une structure légère de pilotage et l’élaboration d’une loi permettant aux présidents de Conseils généraux d’exercer effectivement leurs pouvoirs de contrôle. Actualités sociales hebdomadaires, 12 mai 2006
Des soins de force aux soins plaisir… 
« Aujourd’hui, comme tous les jours, il y aura eu sans doute plus de dix mille soins de force, où des personnes atteintes de troubles démentiels seront baignées, douchées, lavées au lit, changées, sous des contraintes insupportables. Il existe une méthode, l’humanitude qui, grâce à des « préliminaires aux soins », - la parole, les regards et les gestes-, permet de pacifier les personnes âgées ». 
Ainsi s’expriment Yves Gineste, Rosette Marescotti et Jérôme Pélissier, qui ont mis au point une méthodologie de soins qui comprend plusieurs étapes : les préliminaires, le rebouclage sensoriel et la consolidation émotionnelle. 
Décideurs en gérontologie, mai 2006
Motiver les personnels. 
La motivation des personnels appelés à prendre soin des personnes âgées dépendantes exige d’abord de savoir prendre en compte les réalités du grand âge : processus du vieillissement, regard à poser sur la personne âgée, interaction aidant-aidé, avec le risque de dérapage. Il s’agit d’adopter en toute circonstance une attitude positive et bienveillante, de savoir ce que l’on peut et veut faire et d’y consacrer toutes ses forces, d’apprendre à surmonter ses difficultés professionnelles, sans jamais occulter la face positive du travail. D’où l’intérêt des séances de formation et du travail en équipe pluridisciplinaire. Mais la démotivation menace toujours, parfois tout simplement par incompétence, mais aussi en raison de l’absence de reconnaissance par la hiérarchie ou par insuffisance des effectifs. 
Gérontologie, article de Hervé Beck et André Boiffin, 2ème trimestre 2006
Le travail de nuit en établissement construit sa propre culture professionnelle, en élaborant de façon quasi-autonome ses règles et ses repères au travail. 97% du travail de nuit est effectué par des femmes : essentiellement des aides soignant(e)s (33%) et des agents de service (51%), les infirmières ne représentant que 0,4%. Il en résulte que plus des deux tiers des intervenant(e)s de nuit n’ont reçu aucune formation et doivent exercer leur métier sans repère et par défaut. 93% ont moins de dix ans d’ancienneté, en raison de l’épuisement rapide au travail et de l‘incompatibilité avec une vie de famille. Le manque de transmission réelle entre équipes de jour et de nuit aboutit à un sentiment d’exclusion de ces dernières, donc à un principe culturel de base : l’autonomie fonctionnelle, ce qui conduit au risque de marginalisation professionnelle et rend nécessaire la recherche d’une complémentarité. Il existe un enjeu de reconnaissance de deux cultures différentes, non opposables. Mais où et quand trouver les concepts et les moyens d’une interprofessionnalité ? Gérontologie et société, article de Richard Vercauteren, en collaboration avec Sylvain Connangle, mars 2006
Cumul de vulnérabilités ? 
Est-il conforme à nos valeurs de « faire assumer la solidarité envers les plus démunis psychiquement par les plus défavorisés socialement » ? Tel serait l’un des enjeux de la loi sur les services d’aide à la personne. Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont « d’autant plus vulnérables qu’elles ne sont plus en état d’exprimer par le langage coutumier leurs besoins même les plus élémentaires, leur détresse ou leur souffrance ». Or les personnels qui sont confrontés chaque jour aux « conséquences les plus pénibles de la maladie (…) sont aussi généralement les moins formés, les moins soutenus, les moins reconnus », donc les plus vulnérables. La tâche des formateurs, « c’est de les aider à transformer tout un potentiel en compétences. » Le diplôme « constitue souvent la première étape d’une reconstruction identitaire ». La première exigence, c’est donc la reconnaissance de chacun dans sa fragilité, dans ses droits et dans sa dignité. 
Gérontologie, article de Marijane Provenzano Loizillon, 2ème trimestre 2006
Gemapa pour évaluer l’aide à apporter. 
C’est un logiciel mis à la disposition des travailleurs médico-sociaux du Conseil général de la Creuse se rendant au domicile des personnes âgées pour élaborer, dans le cadre de l’APA, un plan d’aide personnalisé. Il propose, sous forme de guide d’entretien, une liste de 228 questions pour identifier les « désavantages majeurs » de la personne.
Santé Social, avril 2006 ; La Revue de Gériatrie, tome 31, n°3, mars 2006
Comment obtenir le diplôme d’Etat d’aide médico-psychologique ?
Pour accéder à la formation préparant à ce diplôme, les candidats doivent d’abord subir une épreuve écrite d’admissibilité (questionnaire d’actualité en dix questions) et une épreuve orale d’admission (entretien de vingt minutes). La formation est dispensée de manière continue ou discontinue sur douze à quatorze mois. Elle comporte 495 heures d’enseignement théorique et 840 heures de formation pratique (soit deux stages de douze semaines chacun). Les élèves doivent se présenter à six domaines de certification, validés séparément par une note au moins égale à dix sur vingt. Le diplôme peut également être obtenu par validation des acquis de l’expérience. Actualités sociales hebdomadaires, 28 avril 2006
Validation des acquis de l’expérience : qui gèrera les candidatures ? 
A partir du 1er septembre, ce sera le Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles. Mais le pilotage du dispositif continuera à être assuré par les DRASS. Directions, avril 2006
Le rôle des médecins généralistes. 
Le médecin généraliste jour un rôle crucial dans le repérage et le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Malgré une offre de soins importante, la proportion de patients diagnostiqués et traités correctement n’atteint que 30%, même si la France figure en tête des pays européens. Selon l’étude des 3C (les 3 cités), le recours au médecin généraliste s’avère satisfaisant, mais pas le recours au spécialiste, surtout pour les patients les plus âgés. L’étude « Imagine » a comparé un groupe de médecins généralistes qui ont bénéficié d’une information préalable sur la maladie d’Alzheimer et un groupe témoin qui a agi selon sa pratique habituelle : neuf cents généralistes au total ont participé à cette enquête. Les conclusions indiquent que le nombre de patients adressés aux spécialistes est identique dans les deux groupes tout en notant que le pré-diagnostic établi par le médecin généraliste est plus pertinent dans le groupe informé sur la maladie. 
F. Duveau in Alzheimer : quelle prise en charge ? Agora Europe 2006.

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