La gériatrie : richesse ou punition ?

« Quelles sont les motivations qui nous poussent à exercer en gériatrie ? Est-ce un choix ? Est-ce par goût ? Ou par dépit ? » s’interrogent Elodie Sales et Solène Baticle, psychologues cliniciennes à l’unité de douleur chronique-soins palliatifs de l’hôpital Sainte Périne (Assistance publique des hôpitaux de Paris). Dans ce dernier cas, pourquoi y travaillons-nous toujours ? Par facilité de recrutement (manque de gériatres, de paramédicaux dans ce secteur) ? Par convenance personnelle (proximité, salaires) ? Ou par découverte de l’immense richesse des rencontres avec ces personnes, certes âgées, et par le partage de leur parcours de vie parfois tumultueux, de leurs histoires dans l’Histoire, et de leurs pensées pas toujours sages ? Les réponses à ces questions conditionnent pour beaucoup notre positionnement professionnel dans la prise en charge que nous proposons à nos patients ». Travailler en gériatrie n’est pas anodin. Comment concilier « prendre soin » et « savoir être » avec les difficultés psychologiques inhérentes à la prise en charge de personnes âgées ? S’il n’y a pas toujours une « bonne solution » face à cette problématique, il s’agit de trouver, en équipe, la « moins mauvaise ».

Le Journal du médecin coordonnateur, juillet-août-septembre 2010.

MobiQual : les mallettes de la bientraitance

Nora Berra, secrétaire d’État chargée des Aînés, Laurent Vachey, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), et Jean-Pierre Aquino, président de la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) ont signé le 29 septembre 2010 une convention de trois ans, portant sur un montant de 4.8 millions d’euros au titre de la section V du budget de la CNSA, pour financer la poursuite du programme MobiQual. Il s’agit de la réalisation d’outils visant à améliorer la qualité des pratiques des professionnels intervenant auprès des personnes âgées ou handicapées. Il concerne les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les établissements de santé, ainsi que les services intervenant au domicile. Les différentes thématiques de ce programme sont la bientraitance, la douleur, les soins palliatifs, la dépression (quatre thématiques en cours de diffusion), ainsi que la maladie d’Alzheimer et les troubles du comportement, la nutrition et l’alimentation, les infections nosocomiales et risques infectieux (trois thématiques à développer). A chacune de ces thématiques correspond au moins un outil de sensibilisation, de formation et d’aide à la pratique quotidienne, sous forme de mallette. Cet outil est conçu par la SFGG, en lien avec l’ensemble des sociétés savantes et acteurs professionnels concernés, puis expérimenté et diffusé dans l’ensemble des régions françaises sur la base d’un engagement à une bonne utilisation. La CNSA reconnaît l’apport de MobiQual « au développement de la qualité dans les établissements et services médico-sociaux et de sa contribution aux actions menées par la Caisse dans le cadre de plusieurs plan de santé publique (plan soins palliatifs, plan Alzheimer 2008-2012, plan de lutte contre la maltraitance) ». La diffusion des outils concernant la maladie d’Alzheimer touchera mille professionnels en 2010, deux mille en 2011 et deux mille en 2012. Les premières analyses quantitatives indiquent qu’un outil diffusé profite à environ sept professionnels.

www.cnsa.fr, 29 septembre 2010. lagedor.fr, 5 octobre 2010.

Assistants de soins en gérontologie : de nouveaux spécialistes

Le contenu de la formation d’assistant de soins en gérontologie (ASG) a été fixé au niveau national, rappelle La Gazette Santé-Social. « Pour la première fois, tous les services spécialisés disposeront de personnes ressources ayant un bagage commun », se félicite Dominique Terrasson, conseillère technique chargée des questions de formation à la direction générale de la cohésion sociale (DGCS). A terme, les unités cognitivo-comportementales, les unités d’hébergement renforcé et les services de soins infirmiers à domicile spécialisés devront disposer « d’au moins un ou deux ASG », précise Jean-Philippe Flouzat, gériatre et conseiller technique à la DGCS, qui estime que six mille à sept mille professionnels seront formés pour répondre aux besoins spécifiques des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées (quatre mille d’ici à 2012, selon Dominique Terrasson).

La Gazette Santé-Social, octobre 2010. Terrasson D. Des assistants de soins en gérontologie. Soins Gérontologie 2010 ; 85 :33. Septembre-octobre 2010. Arrêté du 23 juin 2010 relatif à la formation préparant à la fonction d’assistant de soins en gérontologie, http://textes.droit.org/JORF/2010/07/16/0162/0041/, 23 juin 2010.

Soins infirmiers à domicile : les activités

Au 31 décembre 2008, deux mille quatre vingt-quinze services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), offrant une capacité de cent six mille places installées, prenaient en charge quatre vint dix-huit mille personnes, ce qui représente un taux global d’occupation de 93% et un taux d’équipement moyen de vingt places pour mille personnes âgées de soixante-quinze ans ou plus, selon une étude de Dominique Bertrand, de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Les SSIAD sont ouverts depuis 2004 aux personnes adultes de moins de soixante ans présentant un handicap ou atteintes de pathologies chroniques ; néanmoins, plus de 95% des places restent destinées aux personnes âgées de soixante ans ou plus ; 80% des patients ont soixante-quinze ans et plus et sont en situation sévère de perte d’autonomie. 96% vivent à domicile. Les femmes représentent les deux tiers des bénéficiaires. Les SSIAD emploient plus de trente-trois mille salariés (vingt-quatre mille équivalents temps plein-ETP). Le personnel administratif représente moins de 17% des effectifs en ETP. Plus de la moitié sont des infirmiers coordonnateurs. Le personnel soignant salarié représente 83% des effectifs en ETP. Il est essentiellement constitué d’aides-soignants. Les infirmiers (hors coordonnateurs) représentent moins de 6% de l’ensemble ETP, et il n’y a des infirmiers salariés que dans un tiers des SSIAD. Les aides médico-psychologues (AMP) forment à peine 1% des effectifs en ETP, et chacun des autres soignants (psychologues, diététiciens, ergothérapeutes et psychomotriciens) moins de 0.1%. Plus de 80% des SSIAD ont recours à des personnels extérieurs, représentant vingt mille professionnels (90% d’infirmiers libéraux, 4% d’infirmiers salariés de centres de soins infirmiers et 6% de podologues libéraux). Les visites effectuées par les intervenants libéraux représentent 15% des visites

Bertrand D. Les services de soins infirmiers à domicile en 2008. DREES. Etudes et résultats 739. Septembre 2010. www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/er739.pdf.

Aide à domicile : les activités (1)

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie les résultats d’une enquête menée en 2008 sur la nature des activités des aides à domicile (cinq cent quinze mille intervenantes au domicile de personnes fragilisées nécessitant de l’aide dans l’accomplissement des actes de la vie quotidienne). On distingue les actes essentiels de la vie quotidienne (ADL-activities of daily living ; 31% des activités de l’aide à domicile), comprenant l’aide à l’habillage, l’aide pour aller aux toilettes, l’aide pour faire la toilette et assurer l’hygiène, l’aide à la prise des repas, l’aide aux déplacements dans le logement et l’aide au coucher et au lever du lit. Les autres actes, qualifiés d’activités instrumentales de la vie quotidienne (IADL-Instrumental Activities of Daily Living ), forment un ensemble vaste et hétérogène. Une analyse en composantes principales affine la typologie des actes, en distinguant au sein des IADL trois groupes d’activités élémentaires, relativement homogènes du point de vue de la fréquence des interventions au titre de l’aide à ces activités : les actes instrumentaux ménagers de la vie quotidienne (56.3% des activités de l’aide à domicile), agissant sur l’environnement direct de la personne comprennent le ménage, la vaisselle, la préparation du nettoyage du linge pour une tierce personne, le nettoyage du linge, le repassage ou les travaux de couture, la préparation des repas, les courses et l’achat des médicaments ; les actes instrumentaux administratifs, les sorties et les loisirs (9.9% des activités de l’aide à domicile) regroupent les visites chez le médecin et la gestion des problèmes de santé, la gestion du budget, des démarches administratives, l’aide aux loisirs à domicile et à l’extérieur, l’accompagnement dans les déplacements à l’extérieur ; les autres actes instrumentaux correspondent à la garde, à l’aide dans l’activité professionnelle de la personne aidée, la surveillance de nuit et aux autres activités (2.8% des activités de l’aide à domicile).

Marquier R. Les activités des aides à domicile en 2008. DREES, Etudes et Résultats 741, octobre 2010. www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er460/er460.pdf. Actualités sociales hebdomadaires, 7 octobre 2010. www.agevillagepro.com, 11 octobre 2010.

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