Empathie : la perspective des médecins à l’annonce du diagnostic

Des chercheurs du département comportement et santé de l’Université du Michigan à Ann Arbor (Etats-Unis) ont observé l’utilisation par les médecins d’une communication centrée sur la personne lors de l’annonce du diagnostic, auprès de cinquante-quatre personnes malades et de leurs aidants. Les interactions ont été analysées à partir d’enregistrements audio de ces rencontres à trois à l’aide de l’échelle de Roter (Roter Interaction Analysis System). Les médecins montrent une utilisation modérée et variable des comportements centrés sur les personnes, comprenant la construction d’un rapport positif, la facilitation, et l’activation de la personne malade. Les médecins utilisent beaucoup moins fréquemment le rapport émotionnel. Les médecins montrant la meilleure communication centrée sur la personne malade montrent aussi le plus grand affect positif. Le comportement centré sur la personne varie davantage d’un médecin à l’autre que d’un patient à l’autre chez le même médecin, et semble dépendre davantage de caractéristiques individuelles de chaque médecin que de la sévérité de la démence, de l’âge ou du sexe des personnes malades et de leurs aidants.

Am J Alzheimers Dis Other Demen. Zaleta AK et Carpenter BD. Patient-centered communication during the disclosure of a dementia diagnosis. 17 juin 2010.

Dispositifs Alzheimer locaux : qu’en savent les médecins généralistes ?

Une enquête du service de médecine générale de l’hôpital universitaire de Düsseldorf (Allemagne), auprès de cent trente-sept médecins généralistes attachés à l’hôpital, montrent que plus des deux tiers sont capables de nommer des accueils de jour, moins de la moitié les groupes de soutien aux personnes malades et 40% seulement les groupes de soutien aux aidants et les centres mémoire. Les médecins connaissant le mieux les dispositifs sont ceux qui ont la meilleure connaissance théorique de la démence et ceux pratiquant en zone urbaine. Une approche plus active de sensibilisation des médecins en zone rurale pourrait améliorer la prise de conscience et la collaboration.

Aux Etats-Unis, Marcia Cameron, du département de santé communautaire de l’Etat du Michigan à Lansing, et ses collègues, ont évalué l’effet d’une formation personnalisée de quinze minutes des médecins généralistes, en leur cabinet (academic detailing for primary care physician dementia education), par une équipe comprenant un médecin et des représentants de l’Association Alzheimer et de l’Agence locale pour le vieillissement. 77% des médecins estiment que la visite a été très efficace, 55% ont adressé des patients aux associations ou aux agences locales pour le vieillissement, et ont augmenté la détection précoce de la démence de 35% en modifiant la façon dont ils identifient des patients à risque.

Aging Clin Exp Res. Pentzek M et al. Awareness of local dementia services among general practitioners with an academic affiliation. 7 juin 2010. kurtis.it, 16 juin 2010. Am J Alzheimer’s Dis Other Demen. Cameron MJ et al. Evaluation of academic detailing for primary care physician dementia education. 1er juin 2010.

Maltraitance : quelle attitude des professionnels ?

Des praticiens de plusieurs centres médicaux israéliens, menés par A. Almogue, du Centre médical Rabin à Petah Tikva, ont étudié le niveau de connaissance des questions de maltraitance auprès de cent infirmières et cinquante-sept médecins. Il apparaît faible, tant en ce qui concerne la connaissance des enjeux généraux que celle des lois et de la réglementation. Aucune différence n’est observée selon le métier ou le lieu d’exercice. Les professionnels de la gériatrie ont des attitudes plus satisfaisantes que les employés des hôpitaux généraux. La plupart des répondants pensent que la crainte de poursuites pénales est le principal motif de non déclaration de cas suspects.

Arch Gerontol Geriatrics. Almogue A et al. Attitudes and knowledge of medical and nursing staff toward elder abuse. Juillet-août 2010.

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