Fin de vie : les « enfants-soignants » face à leur proche âgé

« Pourvu que l’on ne me fasse pas ça ! » ; « pourvu que je ne devienne pas comme ça » ; « il faut euthanasier » ou « je me suiciderais avant plutôt que ça » : face au vieillissement de ses parents, l’ « enfant-soignant » est confronté à une angoisse très particulière du fait de sa formation et de sa pratique », écrit Marguerite Charazac-Brunel, psychanalyste, expert près la Cour d’appel de Lyon, maître de conférences à l’Université catholique de Lyon. « Cette souffrance est peu entendue, voire niée, par le soignant et son entourage ». Plus le soignant occupe une position d’autorité, plus la situation est angoissante, voire douloureuse. « Chez l’enfant-soignant, la difficulté à accepter l’échec, à abandonner le désir de perfection dans ses actes d’aide et de soin vis-à-vis de son parent âgé, la fragilisation du lien et la désillusion face à un parent qui peut adopter une attitude hostile ou sans reconnaissance, induisent une dépression hostile du soignant », hostilité qui se retourne sur son conjoint et sa famille, et dans son travail, sur ses subordonnés. Au travers de plusieurs vignettes cliniques, l’auteur analyse différentes facettes de cette confrontation au grand âge et les réactions possibles du soignant. « Dans le risque de rupture de lien vers la fin de vie, il s’avère nécessaire de réintroduire des médiations par un tiers, son rôle est de signifier à l’enfant-soignant le droit et le devoir de ne jamais prendre en charge et aider son parent seul, et même souvent de laisser la charge du soin et de l’accompagnement de fin de vie à des soignants extérieurs à la famille ».

Charazac-Brunel M. Les soignants face à leur proche âgé. Santé mentale 171 ; 76-81. Octobre 2012.

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