Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie : la formation des travailleurs sociaux

« Si la question de l’accompagnement de la perte d’autonomie est depuis longtemps intégrée dans les cursus de formation initiale car constitutive du cœur de métier des professionnels de l’accompagnement, celle plus spécifiquement liée à la prévention de la perte d’autonomie est aujourd’hui plutôt développée dans les parcours de formation continue », constate le Dr Jean-Pierre Aquino, président du comité Avancée en âge. Il recommande de « renforcer les compétences de l’ensemble des professionnels intervenant dans l’accompagnement des personnes âgées », en intégrant plus largement cette problématique dans les différents cursus et modules de formation, en diffusant les bonnes pratiques ou encore en expérimentant des techniques permettant de favoriser l’évolution des pratiques ou la transmission des savoirs.

Actualités sociales hebdomadaires, 25 septembre 2015. Ministère des Affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie. Aquino JP (rapporteur). Septembre 2015. www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_national_daction_de_prevention_de_la_perte_dautonomie.pdf (texte intégral).

L’établissement doit s’adapter aux résidents et non l’inverse

« Perçus comme le dernier et ultime recours quand la maladie d’Alzheimer progresse, les établissements souffrent d’une image négative dans les représentations collectives. À contre-courant de ces idées reçues, on constate que nombre d’entre eux sont des lieux d’innovation au service d’un accompagnement au plus près des besoins de chaque individu », souligne Michèle Frémontier, directrice de la Fondation Médéric Alzheimer. « Comment se sentir ici chez soi, alors que l’on ne peut plus vivre à la maison ? Comment faire reconnaître ses besoins et ses désirs quand s’imposent les contraintes de la vie en collectivité ? Comment exercer ses droits et faire respecter sa liberté d’aller et venir dans des lieux où l’on privilégie la sécurité au point parfois d’en faire des lieux d’enfermement ? » Michèle Frémontier reconnaît que la stigmatisation des établissements de soins et d’hébergement est prégnante. « Une des ambitions de la Fondation est de lutter contre cette image profondément négative, car elle conduit souvent à retarder le moment de l’entrée en établissement. Or il faut savoir que rester à domicile au-delà du raisonnable peut aussi représenter une certaine forme de maltraitance. » Elle rappelle aussi le besoin de reconnaissance des professionnels qui innovent, développent de nouvelles pratiques et participent ce faisant, au bien-être des résidents. L’âge d’entrée en établissement augmente, atteignant quatre-vingt-cinq ans ans en moyenne. Diagnostiquées ou non, plus de 70% des personnes vivant en établissement ont des troubles cognitifs conséquents. Cet état de fait implique que l’établissement s’adapte. « Car ce n’est pas à la personne de s’adapter mais bien à l’établissement d’accueil, poursuit Michèle Frémontier. L’établissement doit être en mesure de créer des conditions de vie favorables à la satisfaction des besoins individuels, à la préservation de l’histoire familiale, comme à la nécessaire inclusion sociale des personnes accueillies dans un nouvel environnement, qu’elles doivent pouvoir s’approprier. »

Vivre ensemble la maladie d’Alzheimer. Lettre d’information n°2, septembre 2015. Paris : Fondation Médéric Alzheimer. Septembre 2015.

L’établissement : un intermédiaire entre la personne malade et ses proches

Christelle Dumoulin, directrice de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Floralies à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), œuvre activement pour l’amélioration des bonnes pratiques d’accompagnement. Quels sont pour elle les enjeux de l’accueil ? « La première difficulté est d’être en adéquation avec le ressenti de la personne accueillie, d’obtenir d’elle un consentement, alors qu’elle n’est pas toujours à même de l’exprimer. Souvent, ce consentement est donné par la famille. En état d’épuisement psychologique, elle ne peut plus assumer l’aide quotidienne. Le vrai défi pour les équipes est de trouver les bons mots, de s’assurer d’avoir la meilleure réponse à leurs besoins. Pour cela, elles doivent être formées à l’accompagnement psychologique du résident et de sa famille. À travers le projet de vie individualisé, nous recueillons les informations nécessaires à la prise en charge médicale et à la prise en charge sociale. Sur le plan médical, c’est relativement simple. Le social est beaucoup plus complexe, puisqu’il est subjectif. Or l’établissement devient un intermédiaire entre la personne malade et ses proches, qui doivent eux aussi trouver leur place dans ce nouvel environnement. Chacune des trois entités doit apprendre à vivre ensemble, la famille doit continuer à s’investir comme avant, tout en accordant sa confiance à l’établissement.

Vivre ensemble la maladie d’Alzheimer. Lettre d’information n°2, septembre 2015. Paris : Fondation Médéric Alzheimer. Septembre 2015.

Soutien à l’animation : les volontaires du service civique

Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’enfance, des personnes âgées et de l’autonomie, encourage les gestionnaires d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes à recourir au service civique mis à leur disposition : « dès maintenant et d’ici 2017, plus de trois mille volontaires pourront intervenir dans les établissements, en soutien notamment à l’animation. Les expériences de ce type montrent que les gestionnaires, les résidents et aussi les jeunes sont très satisfaits de ces interventions enrichissantes pour tous. »

Le Mensuel des maisons de retraite, août-septembre 2015.

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