Plan Alzheimer 2008-2012 : le financement de cent nouvelles MAIA

Une circulaire adressée par la direction générale de la cohésion sociale aux Agences régionales de santé (ARS) précise les modalités de création et de financement de cent nouvelles MAIA (Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer). Les délégations de crédits aux ARS s’effectueront à hauteur de cent mille euros pour le financement du pilotage et de soixante mille euros par gestionnaire de cas. En année pleine, le montant plafond est de deux cent quatre-vingt mille euros pour une MAIA disposant de trois gestionnaires de cas et de deux cent vingt mille euros lorsque la MAIA n’en dispose que de deux. Le financement provient, d’une part de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (13.5 millions d’euros pour quatre-vingt-huit MAIA), et d’autre part, du fonds d’intervention pour la qualité et la coordination des soins (1.92 million en année pleine pour douze MAIA).

Actualités sociales hebdomadaires, 27 janvier 2012. www.agevillagepro.com, 30 janvier 2012. Circulaire n° DGCS/DGOS/2012/06 du 10 janvier 2012 relative à la mise en œuvre de la mesure 4 du Plan Alzheimer : déploiement des maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer (MAIA). http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/ (texte intégral).

Plan Alzheimer 2008-2012 : qu’en pensent les gériatres ? (1)

Le Professeur Gilles Berrut, président de la Société française de gériatrie et de gérontologie, évoque les points saillants du plan présidentiel Alzheimer 2008-2012. « Parmi les bénéfices incontestables », il cite la réflexion sur les droits de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, la prise en compte des aidants naturels, la création de structures adaptées telles que les unités cognitivo-comportementales (UCC), la mise en œuvre des expérimentations d’intégration de la prise en charge (il juge peu approprié le terme de Maison pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer), l’investissement médico-social (12 milliard d’euros) et la dynamique de recherche. Il regrette que « l’évaluation gériatrique ne figure toujours pas dans le cahier des charges de la réalisation d’une consultation mémoire restée quelque peu centrée sur les aspects neuropsychologiques et neurologiques » : selon lui, « le postulat est en filigrane dans le plan Alzheimer que l’expertise est neurologique et les aspects non neurologiques sont remis au médecins traitant, malgré les recommandations d’évaluation multidimensionnelle qui ne sont pas suivies dans de nombreuses consultations mémoire. Mais ceci ne correspond pas et ne pourra pas correspondre à la réalité de la complexité des situations, de la diversité des lieux de vie et du caractère parfois accidenté du parcours de santé. 

Berrut G. Plan Alzheimer. Rev Gériatrie 2012 ; 37(1) : 5-6. Janvier 2012.

Plan Alzheimer 2008-2012 : qu’en pensent les gériatres ? (2)

Pour le Professeur Berrut, « si la recherche scientifique fondamentale et médicale a bénéficié du plan Alzheimer, il n’en n’est pas de même de la recherche en sciences humaines et sociales. Probablement que les critères de choix des experts, la trop forte conviction que des traitements rendraient inutile l’accroissement des moyens de prise en charge, et la volonté que ce plan présidentiel puisse imprimer sa marque dans la littérature scientifique internationale, ont orienté les choix de la Fondation de coopération scientifique ». Aujourd’hui, poursuit-il, « le temps est passé des espoirs de blockbusters qui rendraient obsolètes une démarche gériatrique et gérontologique pour les patients ayant une maladie d’Alzheimer », et la crise financière « a eu raison de la réforme de la dépendance ». Mais si les propositions gériatriques reprennent de l’actualité, Gilles Berrut regrette « que les conclusions des groupes de travail sur la dépendance telles que la valorisation des métiers, les filières de formation, l’organisation des prises en soins ne puissent faire l’objet de lois et décrets dès cette législature, car ils manquent à l’implantation du plan Alzheimer au sein des territoires. Concernant les nouveaux dispositifs spécialisés (unités d’hébergement renforcé et pôles d’activité et de soins adaptés), il appelle à des assouplissements dans leur mise en œuvre, souligne « la nécessité essentielle d’appropriation des projets par les acteurs », l’importance pour eux de pouvoir soumettre des projets pouvant s’écarter du cahier des charges régional, comme le suggèrent certains textes récents, et met en question un « arbitrage non lisible » des Agences régionales de la santé pour la sélection des projets. 

Berrut G. Plan Alzheimer. Rev Gériatrie 2012 ; 37(1) : 5-6. Janvier 2012.

Unités cognitivo-comportementales : état des lieux

Une étude descriptive de seize unités cognitivo-comportementales (UCC) a été menée par la neurogériatre Valérie-Anne Gallerne, médecin responsable de l’UCC du centre hospitalier Bretagne-Sud de Hennebont (Morbihan). Une très grand hétérogénéité est observée tant sur le plan des moyens humains mis en œuvre que sur le plan architectural, des techniques de réadaptation, du profil des patients. L’échelle NPI (neuropsychiatric inventory) est largement utilisée comme outil d’évaluation des troubles psycho-comportementaux. Trois critères d’efficacité ou d’échec d’une prise en charge en UCC sont utilisés : la modification de la prise en charge médicamenteuse, le devenir des patients à la sortie de l’UCC, l’évolution cognitive.

Gallerne A et al. Etat des lieux des unités cognitivo-comportementales ou UCC. Une étude descriptive sur le territoire français en juin 2010. Rev Gériatrie 2012 ; 37(1) : 15-27. Janvier 2012.

Qualité nutritionnelle des repas

Un décret du 30 janvier 2012 pose six exigences pour les établissements qui devront proposer quatre ou cinq plats à chaque déjeuner ou dîner ; respecter des exigences en matière de taille des portions et de fréquence des repas ; assurer la variété des plats présentés, qui devront être adaptés « à l’âge ou au handicap des résidents » ainsi qu’à leurs « goûts et habitudes alimentaires » ; définir les règles adaptées pour le service de l’eau, du pain, du sel et des sauces. Les dispositions du décret (en attente d’un arrêté d’application), doivent entrer en vigueur au 1er juillet 2013. La Commission consultative d’évaluation des normes avait émis un avis négatif sur le projet de texte, estimant que les objectifs fixés semblaient « excéder ce qui est strictement nécessaire à l’application de la loi », ne précisaient pas les moyens d’atteindre ces objectifs et n’avaient pas été établis en concertation avec les associations d’élus.

www.agevillagepro.com, 6 février 2012.

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