In memoriam : Pierre Pfitzenmeyer (1959-2011)

Le professeur de gériatrie et gérontologie Pierre Pfitzenmeyer, créateur du gérontopôle de Dijon en 2007 et président de la commission éthique inter-régionale Bourgogne-Franche-Comté, est décédé à l’âge de cinquante-deux ans. Militant pour le « prendre soin » des personnes âgées fragilisées, il avait osé, en 2004, donner sa démission de chef de service et adresser une lettre ouverte au ministre de la Santé, dans laquelle il dénonçait « les conditions de soins des patients qui nous sont confiés, qui ne sont plus admissibles. Nous sommes à l’évidence dans un défaut de soin que j’ose qualifier de maltraitance vis-à-vis de ces personnes très âgées ». Pour lui, le grand âge n’était pas une phase de vie catastrophique. Dans son dernier ouvrage, Prendre soin du grand âge vulnérable –un défi pour une société juste (novembre 2010), il proposait d’atténuer la peur du vieillissement chez les plus jeunes, pour leur permettre de mieux vivre et mieux vieillir. En effet, selon lui, le danger réside dans notre vision misérabiliste de cette phase de vie, menant à une phobie du vieillissement. Pour ses pairs du gérontopôle, il se caractérisait « avant tout par son humanisme, sa gentillesse, sa générosité, sa simplicité, son ouverture aux autres. Ces qualités faisaient de lui un homme attachant, un médecin hors pair, un professeur charismatique, un honnête homme et un homme honnête. Il a su créer un enthousiasme et un mouvement qui continueront bien après lui ».

www.agevillagepro.com, http://bourgogne-france3.fr, 18 juillet 2011. Pfitzenmeyer P. Prendre soin du grand âge vulnérable –un défi pour une société juste. Paris :  L’Harmattan. Novembre 2010. ISBN : 978-2-296-13263-4. www.editions-harmattan.fr.

Les médecins généralistes et la maladie d’Alzheimer

Jean-Pierre Aquino, conseiller technique de la Fondation Médéric Alzheimer, Danièle Fontaine, responsable de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer et Alain Bérard, adjoint au directeur de la Fondation, s’appuyant sur une enquête menée en 2009 auprès de mille quatre cents médecins généralistes libéraux, montrent un consensus fort entre professionnels : le médecin généraliste est au cœur des dispositifs de prise en charge des patients et son rôle est essentiel dans le suivi régulier de ceux présentant une maladie chronique en général et une maladie d’Alzheimer en particulier. Mais qu’en est-il quand on étudie la réalité de terrain ? Deux paramètres sont déterminants pour comprendre le décalage entre théorie et pratique : la volonté du praticien à s’impliquer dans une démarche d’accompagnement et les possibilités offertes par l’organisation de la profession médicale ayant une répercussion sur la gestion de son temps.

Aquino JP et al. Les médecins généralistes et la maladie d’Alzheimer. Rev Gériatrie 36(6) : 381-391. Juin 2011. www.revuedegeriatrie.fr/2011/06/les-medecins-generalistes-et-la-maladie-dalzheimer/.

Travail de nuit (1)

La FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne, privés non lucratifs) a alerté le ministère des Solidarités et de la cohésion sociale à propos d’exigences de certaines Agences régionales de santé (ARS) concernant la permanence infirmière en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Certaines ARS considèrent que cette permanence est « une condition technique de fonctionnement » à laquelle les établissements seraient tenus sous peine de non-conformité, et « qu’ils pourraient mettre en œuvre par simple amélioration de l’efficience de leur organisation interne ». La FEHAP estime que la mise en œuvre de cette permanence est impossible sans moyens supplémentaires. « Les réalités de terrain sont méconnues des ARS », estime la FEHAP.

www.agevillagepro.com, 18 juillet 2011.

Travail de nuit (2)

Certains préjugés sur les soignants travaillant de nuit en gérontologie sont tenaces, écrit Elisabeth Rogez, cadre infirmier au réseau Agekanonix de Villeneuve La Garenne (Hauts-de Seine), qui coordonne un dossier de Soins Gérontologie consacré à la spécificité du travail de nuit en gériatrie. Ces professionnels sont parfois très isolés et peu reconnus. Pour autant, la grande majorité n’échangeraient pas leur service contre celui de jour. S’ils se plaignent d’une constante dette de sommeil, de rythmes décalés ou d’un surpoids proportionnel au grignotage, les soignants se reconnaissent un espace d’autonomie, un savoir-être et un pragmatisme collégial qu’il considèrent être leur domaine privilégié de compétences. Pour Jean-Noël Berguit, cadre de santé et président de Noctiurges, association pour la promotion des soins nocturnes, les organisations de travail imposées aux soignants de nuit ne tiennent souvent pas compte de la spécificité de cet espace-temps particulier. A la maltraitance des personnes âgées s’associe le malaise des soignants qui ne peuvent pas changer cette situation et qui subissent eux-mêmes contraintes et suspicions. Sur le long terme, le travail de nuit peut présenter des risques pour la santé des aidants et entraîner une érosion de leurs compétences. Le management de ces équipes nécessite une attention particulière, bien au-delà de la gestion du quotidien, estime Brigitte Agostini, cadre supérieure de santé au centre hospitalier du Vinatier à Bron (Rhône). La prise en charge des patients âgés souffrant de polypathologies nécessite une véritable continuité des soins, qui passe par une collaboration étroite entre les équipes, et surtout entre les équipes de jour et celles de nuit, expliquent Séverine Coste et Hanitra, infirmières au service de gériatrie d l’hôpital Saint-Joseph de Paris. Isabelle Garnaud, cadre de santé, et ses collègues aides-soignantes de nuit de l’EHPAD Val de Brion à Langon (Gironde), rappellent que les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ne requièrent pas la présence d’une infirmière la nuit. C’est ainsi que le sommeil des résidents est confié, le plus souvent, à une aide-soignante et à un agent de service hospitalier, qui assurent la continuité des soins dans les limites de leurs fonctions. 

Rogez E. Spécificités du travail de nuit en gériatrie. Soins Gérontologies 90 : 15. Juillet-août 2011. Juillet-août 2011. Berguit JN. Cadre et représentation du travail de nuit en gériatrie. Soins Gérontologies 90 : 16-19. Juillet-août 2011. Agostini B. Manager l’activité de nuit d’un établissement de santé. Soins Gérontologies 90 : 20-22. Juillet-août 2011.

Coste S et Ratonovarivo H. Collaboration entre l’équipe de jour et l’équipe de nuit. Soins Gérontologies 90 : 26-27. Garnaud I et al. Le chariot des veilleuses. Soins Gérontologies 90 : 28-30.

Travail de nuit (3)

Le ressenti du personnel soignant travaillant de nuit en EHPAD est mal connu, et l’exercice professionnel rendu complexe par les troubles du comportement, survenant chez de nombreux résidents et qui sont renforcés la nuit, explique Nadine Glévarec, infirmière à l’EHPAD d’Andilly (Val-d’Oise). Le travail de nuit en EHPAD nécessite une connaissance des rites, des manies de chaque résident en en particulier de ceux qui présentent des troubles cognitifs : la situation est plus compliquée lorsque la douleur concerne une personne atteinte de démence, incapable de s’exprimer d’une manière cohérente, qui met les soignants dans l’incertitude.

Glévarec N. Les troubles cognitifs des patients âgés la nuit. Soins Gérontologies 90 : 31-34. Juillet-août 2011.

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