In memoriam : Jean-Marie Léger (1934-2012)

« Redouté de tous les internes de psychiatrie pour son caractère réputé difficile, homme exigeant pour lui-même et pour les autres, bouillonnant d’idées, toujours sur plusieurs projets et donnant l’image d’un homme pressé, peu intéressé par les petits problèmes du quotidien. Il aimait (un peu…) la controverse si elle permettait de faire avancer les réflexions. Il avait le souci d’une formation la plus complète possible pour ses internes, certains séminaires de formation allant à l’époque à contre-courant de certains modes de pensée majoritaires », comme la thérapie cognitive et comportementale, à l’époque balbutiante. Le Professeur Sylvie Bonin-Guillaume, du service de médecine interne gériatrie à l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, rend hommage au Professeur Jean-Marie Léger au nom de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG). « A l’heure où la neurologie et la psychiatrie prenaient des chemins divergents, Jean-Marie Léger défendait l’idée, au contraire, que chez le sujet âgé organicité et psychologie étaient indissociables. Ce côté visionnaire apparaît évident aujourd’hui dans le monde gériatrique, où l’approche médico-psycho-sociale fait partie intégrante du cœur de métier du gériatre ». Fondateur de la Société de psychogériatrie de langue française, il a créé à Limoges, avec ses proches collaborateurs, une psychiatrie moderne avec une thématisation des pavillons, permettant à cette spécialité de sortir de l’image asilaire des hôpitaux psychiatriques. Les personnes âgées avaient une place importante, notamment au sein des unités de psychogériatrie. « J’ai découvert la démence des vieux alors que personne n’en parlait. Quelle richesse sémiologique pour le futur médecin que j’étais ; quelle richesse humaine pour la future gériatre que j’allais devenir ! », se souvient Sylvie Bonin-Guillaume. 

Bonin-Guillaume S. Hommage au Professeur Jean-Marie Léger au nom de la SFGG et de ses membres. Revue de Gériatrie 2012 ; 37(6) ; 384.

Les besoins des soignants

Pascale Molinier, professeur de psychologie à Paris 13 Villetaneuse et directrice adjointe de l'UTRPP (Unité transversale de recherches en psychogénèse et psychopathologie), est spécialiste en psychodynamique du travail. Pour elle, le care (attention, sollicitude) n’est pas une vertu individuelle du soignant mais un travail collectif. « Pour que les soignants soient en mesure d’être attentifs aux besoins des patients, il faut que l’on soit également attentif à leurs propres besoins de soignants. C’est un principe simple, mais il faut se battre pour que cela ne soit pas oublié. Le problème est le suivant : la voix des soignants –que l’on ne peut pas dire inaudible car on l’entend- n’est pas à égalité avec la voix de l’économie et l’argument du « trop cher ». Lorsque l’on met en balance la qualité des soins, le discours économique la renvoie à la logique de gratuité. Souvent, la discussion n’a même pas lieu car les arguments économiques ou gestionnaires ont déjà gagné. On ne va pas pouvoir tenir longtemps comme cela », déclare-t-elle.

Documents Cleirppa, mai 2012. 

Le théâtre comme outil de réflexion

Pour mieux faire comprendre au personnel de maison de retraite l’expérience et le comportement des personnes atteintes de démence ayant des difficultés pour s’exprimer, le Dr Ingrid Bolsmjö et ses collègues, de l’Université de Malmö (Suède), utilisent des séances de théâtre pour améliorer les soins centrés sur la personne. Les auteurs conseillent toutefois, une fois les professionnels sensibilisés à cette approche centrée sur la personne, de les accompagner pour un réel changement des pratiques.

Bolmsjö I. The use of drama to support reflection and understanding of the residents' situation in dementia care: a pilot study. Int J Older People Nurs, 8 juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22676777.

Détection de la maltraitance des personnes atteintes de démence à l’hôpital

Leslie Pisani, de l’hôpital Villa Caritas (Covenant Health) à Edmonton et Christine Walsh, de la Faculté de travail social de l’Université de Calgary (Alberta, Canada), proposent une revue critique des instruments de détection de la maltraitance chez les personnes hospitalisées atteintes de démence, pouvant être remplis par le clinicien (Elder assessment Instrument, Brief Abuse Screens for the Elderly), par la personne âgée (Brief Hwalek-Sengstock Elder Abuse Screening Test), par l’adulte âgé et son aidant non professionnel (Modified Conflict Tactics Scale).

Pisani LD et Walsh CA.Screening for Elder Abuse in Hospitalized Older Adults With Dementia. J Elder Abuse Neglect 2012; 24(3): 195-215.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22737972.

Maladie d’Alzheimer : la visite longue du médecin traitant à domicile (1)

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) précise, dans une note destinée aux professionnels, le contenu et le déroulement de la visite longue réalisée par le médecin traitant au domicile de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, prestation créée dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012, et inscrite dans la convention entrée en vigueur le 26 septembre 2011 entre les médecins et la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Cette visite, rappelle l’INPES, est l’occasion de mieux situer la personne malade dans son cadre de vie habituel et de vérifier l’adéquation entre ses besoins, ceux de son entourage et les moyens mis en place. « Le déroulé de cette visite est à adapter selon le stade de la maladie et son contenu ne remplace pas celui d’un suivi habituel. Bien évidemment, elle ne peut avoir lieu que si le diagnostic a été annoncé à la personne et à son entourage ». 

INPES. Maladie d’Alzheimer : réaliser une visite longue. Etat des connaissances, mai 2012. www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1401.pdf(texte intégral).

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