Le bain (1)

L’unité de soins Alzheimer de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de Chambon-sur-Voueize (Creuse) propose deux fois par semaine une séance de « bain thérapeutique ». La salle de bains est équipée d’une baignoire spécifique à hauteur variable munie d’un système d’hydro-massage avec « son et lumière », intégrant un éclairage de couleur sous l’eau et de la musique douce. « L’objectif est de créer un environnement sécurisant », de « réveiller les sens ». Madame A., quatre-vingt-six ans, apprécie : « c’est beau autour de moi », »c’est bon, je me sens flotter ». L’objectif de propreté est largement dépassé par la sensation d’être bien dans son corps. Le bain permet aussi d’atténuer les douleurs corporelles en allégeant le poids du corps et en assouplissant les articulations. « Par les gestes, l’intonation de la voix, le contact visuel et les explications accompagnent ce soin », explique Madeleine Bourzeau, cadre de santé, « l’aide-soignante redonne à la personne ce sentiment d’être quelqu’un qui a de la valeur, qui existe en tant que sujet unique. Elle lui confirme son statut d’être humain important aux yeux de ceux qui l’entourent. C’est un réel travail quotidien avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le soignant peut voir cette petite lueur dans le regard qui prouve la connivence entre deux humains ». 

Soins Gérontologie, juillet-août 2012.

Le bain (2)

Une petite étude réalisée par des psychomotriciens de trois résidences du groupe Orpéa auprès de huit résidents présentant des troubles comportementaux a évalué, à l’aide de grilles d’analyse standardisées (inventaire neuropsychiatrique version équipe soignante, développée par l’équipe du Pr Philippe Robert du CHU de Nice, et échelle des communications non verbales), montre une amélioration de tous les symptômes psycho-comportementaux (à l’exception de la désinhibition). L’agitation est de 30% moins fréquente et moins perturbante pour le résident en fin de séance. L’anxiété diminue de 7% en fréquence, de 30% en gravité et de 14% en termes de retentissement pour le soignant. L’observation des communications non verbales en fin de séance confirme ces résultats : posture généralement plus extravertie, regard et mimiques plus expressives, relâchement musculaire et respiration plus lente et plus ample. L’impact sur l’apathie, la dépression, les troubles de l’appétit est plus modeste. Le bain thérapeutique du soir augmente très légèrement les troubles du sommeil.

Géroscopie pour les décideurs en gérontologie, juillet-août 2012.

L’infirmier coordonnateur

Le rôle de l’infirmier coordonnateur en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) n’est pas toujours bien défini, rappelle la formatrice Catherine Strumeyer. Ses missions varient selon le contexte, et notamment selon les fonctions du médecin coordonnateur. Sa fiche de poste peut être intitulée « infirmier coordonnateur des soins » ou « infirmier coordonnateur de l’équipe de soins ». La coordination des soins relève des compétences de l’infirmier, alors que le médecin coordonne les prises en charge médicales. Pour Catherine Strumeyer, « le travail de coordination, compte tenu des enjeux de pouvoir et de reconnaissance, est difficile à mettre en place et complique la tâche des infirmiers coordonnateurs. Les textes qui régissent le fonctionnement des EHPAD ne tiennent pas compte de ces aspects et placent les coordonnateurs, médecins et infirmiers, dans des positions inconfortables » : ainsi, l’organisation se pense souvent en fonction des professionnels ou des contraintes légales et non en fonction des usagers ».

Soins Gérontologie, juillet-août 2012.

Gestionnaires de cas : quel coût, quelle efficacité ?

Une étude menée par Sarah Mostardt, du département d’économie appliquée à l’Université de Duisburg-Essen (Allemagne), montre que la gestion de cas permet de maintenir les personnes atteintes de démence en moyenne 16.1 mois à domicile, contre 12.2 mois dans un groupe témoin, à un coût supplémentaire compris entre 41 et 53 euros/mois.

Mostardt S et al. Efficacy and cost effectiveness of case management in patients with dementia. Z Gerontol Geriatr, 27 juin 2012.  www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22733477(article en allemand).

Psychologues en établissement : quelles pratiques ?

Le groupe Orpéa-Clinea, qui compte aujourd’hui près de quatre cents établissements de gériatrie, psychiatrie et soins de suite et réadaptation en France, Belgique, Espagne, Italie et Suisse, a créé en 2004 un Collège des psychologues destiné à soutenir la réflexion des praticiens, à élaborer de façon constructive des pratiques de soin et à favoriser la mutualisation de l’expérience clinique. Le groupe réunit aujourd’hui plus de cent cinquante praticiens, contribuant à homogénéiser les connaissances, les démarches de soin, les prises en charge et la gestion des situations de crise. La réflexion s’organise autour de trois axes : la place du psychologue en institution et l’éthique des pratiques ; les modalités de prise en charge des patients/résidents, le travail en réseau et l’articulation entre l’hospitalisation et le monde extérieur. Pour éviter « l’entre-soi appauvrissant », les membres du Collège, qui se réunissent deux fois par an, sont invités à bâtir un réseau de psychologues correspondants. 

Le Mensuel des maisons de retraite, juin-juillet 2012.

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