Socio-coiffeur : un métier reconnu par l’État (1)

Le président de la Chambre régionale des métiers et de l’artisanat a remis le titre de Maître artisan à Karine Magne, en présence du maire de Fontaine-en-Bray (Seine-Maritime). « Je suis coiffeuse à domicile. Ma spécificité : je suis socio-coiffeuse reconnue par l’État. Je suis la première en Normandie », déclare fièrement l’impétrante, installée à Fontaine-en-Bray depuis deux ans. Son entreprise s’appelle À fleur de cheveux. Son diplôme lui permet de s’occuper de « personnes fragilisées par la maladie », explique-t-elle. Elle coiffe des personnes atteintes notamment de la maladie d’Alzheimer. « Il faut connaître les gestes à adopter. Quand on coiffe une personne malade, il faut savoir réagir quand elle oublie qu’on est derrière en train de lui couper les cheveux. » Originaire de Rouen, elle souligne : « C’est le milieu rural et le besoin dans la région qui m’ont donné envie de créer mon entreprise. J’aime bien aller à la rencontre des gens ».

Socio-coiffeur : un métier reconnu par l’État (2)

Le répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) résume ainsi le référentiel d’emploi : « Le socio-coiffeur est un professionnel de coiffure qui exerce sa fonction en milieu médical, médico-social et social auprès de personnes fragilisées par une atteinte à leur intégrité physique (liée à une maladie, un accident, la vieillesse,) psychique (notamment du fait de certaines maladies, telle la maladie d’Alzheimer, l’autisme, …), ou en détresse sociale (suite à une perte d’emploi, à des problèmes familiaux, à une incarcération,…). S’il maîtrise les techniques de base de tout professionnel de la coiffure, le contexte spécifique de son intervention nécessite que le socio coiffeur exerce au sein d'équipes pluridisciplinaires, visant une prise en charge adaptée de la personne et de sa situation. Au sein des institutions, il est amené à faire un travail spécifique afin de s’intégrer dans ces milieux professionnels, de comprendre comment ils fonctionnent et de connaître les pathologies. À son niveau, le socio-coiffeur participe pleinement au projet de soins (plan cancer), projet d'établissement et projet personnalisé qui vise à assurer la meilleure qualité de vie possible aux patients et aux personnes en difficultés. Outre son intervention individuelle auprès des personnes, il peut également être amené à proposer des ateliers collectifs, afin de favoriser la re-création de liens sociaux, et de répondre à l'obligation règlementaire des projets d'animation en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) notamment. » Les capacités attestées des candidats reposent sur les domaines de compétences suivants : « prendre en compte le contexte institutionnel et ses caractéristiques, en respectant les règles en vigueur et la confidentialité sur les informations recueillies, travailler en équipe pluridisciplinaire ; en respectant le périmètre de son intervention, définir un projet de soins de coiffure qui tienne compte de la personne et contribue à l’accompagner dans un travail de revalorisation de son image ; animer des ateliers collectifs, en favorisant l’apprentissage des gestes simples, et en contribuant à la revalorisation de l’image de chacune des personnes participant à l’atelier ; mettre en œuvre  les techniques de coiffure et socio-coiffure en les adaptant aux populations rencontrées, et en tenant compte des pathologies ; mettre en œuvre une démarche de prospection afin de se constituer un portefeuille clients ; élaborer un dossier de présentation de la prestation socio-coiffure ; organiser les modalités de gestion administratives et financières, liées à son activité professionnelle ; élaborer un contrat de prestation de service de la prestation socio-coiffure. » L’autorité responsable de la certification professionnelle est la Soco Academy, premier réseau national de socio-coiffeurs, qui dispose d’écoles à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), Lyon et Paris.

Répertoire national des certifications professionnelles. Socio-coiffeur. Résumé descriptif de la certification. Code RNCP 20334. 1er juillet 2017. www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=20334, (texte intégral). www.socio-coiffure.fr, www.rh.cluster-sante.fr/entreprises-adherentes/soco-academy, 1er juillet 2017.

Accueillir

« Avant de "regarder" l’autre, le soignant étudiera l’intérêt de l’approche et de l’accroche du regard : ils sont les révélateurs de l’acceptation de l’autre. Ils offrent un contact visuel et chaleureux », écrit Philippe Giafferi, consultant à l’association Alzheimer Formation Conseil. « Pour bien accueillir quelqu’un, quel qu’il soit, et encore plus dans ce genre de pathologie, le premier regard crée un contact, qui est la première impression. On ne peut pas faire une deuxième première impression. Si la première est mauvaise, il n’y a pas de deuxième chance. Une empreinte négative fonde l’opinion de l’autre ; il est difficile, parfois de la remonter. » Pour le formateur, « la notion d’accueil est primordiale dans le métier du soin. Accueillir, c’est recevoir, bien ou mal ; c’est apprendre à accepter ; prendre bien ou mal ce que l’on dit ou ce que l’on annonce ou ce que l’on entend. Accueillir une personne, ce n’est pas adopter son avis, c’est considérer que tel est son avis ou sa demande, et qu’il y a une bonne raison » que cet avis soit exprimé. « Le soignant doit comprendre net reconnaître celui qui est en face de lui, en amont de toute prestation, qu’elle ait lieu au domicile ou en établissement. »

Direction(s), avril-juin 2017.

Pratiques infirmières avancées en gérontologie : une formation de niveau master

Le Conseil international des infirmières (CII) définit la pratique avancée par « l’acquisition de connaissances théoriques, du savoir-faire nécessaire aux prises de décision complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession », rappelle Patrick Lambert, infirmier libéral titulaire d’un master de sciences cliniques infirmières, spécialité de pratiques avancées en gérontologie et administrateur de la Société française de gériatrie et gérontologie. « Au regard des sept domaines de compétences requis (la consultation, la collaboration, les soins cliniques directs, la prise de décision éthique, la recherche, l’expertise conseil et le leadership, le CII recommande un niveau master. » Pour Patrick Lambert, l’universitarisation de la profession d’infirmière est un levier majeur d’efficience de santé publique, concrétisée en France depuis 2009 par la mise en place du grade de licence. Pour l’Université d’Aix-Marseille, qui propose un master, « il est logique que l’université propose dans le continuum de la licence infirmière, des masters professionnels destinés à offrir à une faible proportion d’infirmier(ère)s licenciées des formations plus spécialisées, les positionnant sur un niveau intermédiaire dans les responsabilités de soignants. De plus, il existe une très forte demande des établissements d’une formation de type master, car il n’existe pas d’offre de soins à ce niveau de formation intermédiaire. La complexité des parcours de soins des patients jointe à l’hyper spécialisation des soins ainsi qu’à la nécessaire coopération des acteurs de santé font qu’il existe aujourd’hui un vide important qu’il faut combler. » Cette formation professionnelle qualifiante ouvre plusieurs options aux diplômés, en expertise et en coordination. 

Notaires, personnes âgées et troubles cognitifs

La Fondation Médéric Alzheimer, en partenariat avec le Conseil supérieur du notariat, a souhaité mieux comprendre le rôle et les missions des notaires vis-à-vis des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. Les personnes âgées de soixante-quinze ans ou plus représentent près du quart (24%) de la clientèle des notaires. Près d’un tiers des notaires (30 %) déclarent être amenés au moins une fois par mois à s’interroger sur les capacités de discernement de clients âgés. Parmi les éléments pouvant les alerter, 41% des notaires citent les indices comportementaux ou cognitifs (nervosité, confusion, difficultés d’orientation, de compréhension, troubles de la mémoire…). Pour lever le doute, 65% demandent à leurs clients de reformuler les choses avec leurs propres mots et 43% les revoient une deuxième fois. Près des deux tiers des notaires (65%) déclarent être amenés au moins une fois par an à se demander si un client âgé ne serait pas sous l’emprise d’un tiers. Parmi les signaux d’alerte, le fait que leur client attende constamment l’approbation de la personne qui l’accompagne est cité par 74% des notaires. Pour s’assurer que leur client âgé n’est pas sous emprise, 91% des notaires demandent à voir le client seul pendant au moins une partie de l’entretien et 84% demandent à le revoir une seconde fois. 76% des notaires demandent un certificat médical lorsqu’ils ont des raisons sérieuses de douter des capacités de discernement de leurs clients âgés. 49% des notaires déclarent qu’ils sont rarement, voire jamais, confrontés au refus des médecins. Au cours des trois dernières années, 79% des notaires ont refusé de recevoir des actes parce qu’ils doutaient de la capacité de leurs clients âgés. 80% des notaires seraient intéressés par des formations sur l’appréciation des capacités de discernement et sur la détection des situations d’emprise.

Conseil supérieur du notariat. Notaires Vie professionnelle, juillet-août 2017. www.agevillage.com, 26 juin 2017. Fondation Médéric Alzheimer. Notaires, personnes âgées et troubles cognitifs. La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer 2017 ; 47. Juin 2017.

www.fondation-mederic-alzheimer.org/content/download/23984/106872/file/Lettre%20de%20l'Observatoire%2047%20Web.pdf (texte intégral).

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