Ecosse : le soutien post-diagnostic

En Ecosse, le Parlement a accordé aux personnes atteintes de démence la garantie légale de bénéficier d’un soutien post-diagnostic. La Société Alzheimer écossaise, avec l’aide de personnes vivant avec une démence et leurs aidants, a produit une vidéo pour mettre en lumière l’importance des travailleurs Alzheimer de liaison (Dementia Link Workers), qui assurent la mise en œuvre de ce soutien.

Alzheimer Scotland e-news. Mars 2017. https://vimeo.com/203791995 (vidéo).

Dementia in Scotland. Printemps 2017.

www.alzscot.org/assets/0002/5219/03928_Dementia_in_Scotland__spring_2017_97_FINAL.pdf.

La qualité des soins, entre pairs

À ce jour, cent-quatorze hôpitaux publics britanniques ont signé la charte « hôpital accueillant à la démence » (dementia-friendly hospital). Au cœur du projet, les infirmières du Royal College of Nursing, qui ont adopté des principes concernant le personnel, les partenariats, l’évaluation, le soin et l’environnement. « La variation et l’imprévisibilité des comportements des personnes atteintes de démence, combinées au manque de ressources, rendent difficile le maintien de la qualité des soins et de l’accompagnement. Pour diffuser les meilleures pratiques, le facteur clé est la collaboration », expliquent Louise Thomas et Kelly Kaye, de Dementia Action Alliance, un groupement d’associations qui échangent leurs savoir-faire et s’engagent pour des soins et un accompagnement de qualité. Cinq hôpitaux se sont engagés dans un projet pilote d’« apprentissage en immersion » : une opportunité pour chaque établissement de montrer ce dont il est fier, d’avoir un regard extérieur sur ses pratiques, et développer son réseau.

J Dementia Care, mars-avril 2017.

Russie : à la recherche du savoir-faire gériatrique français

La population russe vieillit, même si l’espérance de vie reste plus courte qu’en Europe : un homme russe vit en moyenne jusqu’à 64.2 ans et une femme jusqu’à 75.5 ans, contre 78.1 ans pour les hommes et 83.6 ans pour les femmes [la surmortalité masculine en Russie étant liée à la consommation excessive de vodka]. Confronté à ce vieillissement démographique, le gouvernement russe a lancé une large étude sur les prises en charge hospitalières et extra-hospitalières des personnes du troisième âge. La gériatrie étant encore très peu développée dans le pays, tout est donc à construire, aussi bien les filières hôpitaux/médecins de ville, que la formation de personnels qualifiés, ou le lancement de programmes de recherche. Ce besoin crucial de compétences et de structures spécialisées explique pourquoi une délégation composée de représentantes du ministère russe de la santé et de médecins de l’Université moscovite Pirogov est venue découvrir le savoir-faire français à la Faculté de médecine de l’Université de Lorraine et au CHRU de Nancy en janvier 2017. C’est la première rencontre hospitalo-universitaire de ce type. Une convention officielle et inédite portant sur la gériatrie a été signée entre les deux Universités. Elle sera concrétisée par des cours de formation gériatrique, dispensés par Athanase Bénétos aux enseignants de la Faculté de médecine de l’Université Pirogov, cours portant sur les expertises et les pratiques lorraines, afin qu’elles soient diffusées à de jeunes médecins. Cette convention entérine également la création d’un master en gériatrie, ainsi que l’ouverture à des échanges d’étudiants (premier et deuxième cycle, doctorants et post docs) non seulement en médecine mais aussi en recherche. « Cette convention hospitalo-universitaire sur le "silver knowledge" est un partage de richesses scientifiques : sur l’aspect clinique pour les Russes avec l’acquisition de savoirs gériatriques, et sur l’aspect scientifique pour les deux pays qui collaboreront sur plusieurs projets internationaux », écrit l’Ambassade de France à Moscou.

Déclaration des événements graves associés aux soins : gestion non punitive de l’erreur

La déclaration des événements indésirables graves associés à des soins, obligatoire pour les établissements et services sociaux et médico-sociaux, fait l’objet d’une instruction à l’intention des Agences régionales de santé (ARS). Le texte rappelle que leur survenue est multifactorielle, d’où l’importance de procéder à l’analyse des causes, d’élaborer un plan d’actions, la diffusion et le partage d’information. Le principal levier de la démarche est un retour d’expérience élaboré « avec l’implication du management dans une gestion non punitive de l’erreur » : les professionnels ne seront pas sanctionnés s’ils signalent un événement grave associé aux soins. Les ARS sont chargées de mettre en place des structures régionales d’appui à la qualité des soins. Laurence Mazé, adjointe de la direction Gestion des organisations de la fédération d’employeurs Nexem, espère « que ces instances aideront les établissements qui ne sont pas outillés sur les dispositifs de recherche et d’analyse des causes, nécessaires à la définition des actions correctives. »

Direction(s), avril 2017. Instruction DGS/PP1/DGOS/PF2/DGCS/2A/2017/58 du 17 février 2017 relative à la mise en œuvre du décret n° 2016-1606 du 25 novembre 2016 relatif à la déclaration des événements indésirables graves associés à des soins et aux structures régionales d’appui à la qualité des soins et à la sécurité des patients. http://circulaires.legifrance.gouv.fr/pdf/2017/03/cir_41873.pdf (texte intégral).

« Résidents crieurs » : risque d’épuisement professionnel

« La prise en soin des résidents atteints de démence et qui crient, en institution médico-sociale, est complexe. Les interventions sur les aidants professionnels représentent un des axes de soin car elles permettent de maintenir la relation en diminuant les ressentis négatifs des professionnels et en prévenant un syndrome d’épuisement professionnel des soignants », écrivent le psychiatre Benjamin Calvet, du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) du Limousin à Limoges, et ses collègues. Une enquête auprès de cinquante-deux professionnels de trois EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) montrent que l’exposition aux cris répétés des résidents déments entraîne l’apparition de ressentis négatifs favorisant le syndrome d’épuisement. La formation des professionnels, la mise en place de réunions pluridisciplinaires, l’intervention d’une équipe mobile de psychogériatrie ou la constitution de groupes de parole ou d’analyse des pratiques permettraient d’améliorer la prise en charge de ces résidents. »

Calvet B et al. Ressenti des professionnels et risque de burnout face aux résidents crieurs en EHPAD. Neurol Psychiatr Gériatr 2017 ; 17(98) : 125-135. Avril 2017. www.em-consulte.com/en/article/1107709.

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