Plan Maladies neurodégénératives : un référentiel commun informatisé pour l’évaluation multidimensionnelle des cas complexes

En juin 2016, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a retenu la méthode que les gestionnaires de cas MAIA [méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie, issue du plan Alzheimer 2008-2012] utiliseront pour évaluer l’ensemble des besoins des personnes âgées de plus de soixante ans qu’ils accompagnent. Il s’agit d’InterRAI Home Care. Cette méthode doit être implantée dans les logiciels utilisés par les gestionnaires de cas. Ses caractéristiques ont donc été traduites dans un référentiel technique et fonctionnel, à l’attention des maîtrises d’ouvrages régionales et éditeurs de logiciels. Ce référentiel avait été soumis à concertation auprès de ces mêmes acteurs. L’ASIP-Santé (Agence française de la sécurité numérique dans le cham de la santé) et la CNSA ont pris en compte les remarques transmises et publient aujourd’hui la première version du référentiel fonctionnel de l’outil d’évaluation multidimensionnelle (OEMD). Ce référentiel fonctionnel fera l’objet d’une mise à jour annuelle, en fonction des retours d’utilisation qui auront été transmis à l’ASIP-Santé ou à la CNSA par les utilisateurs, conformément à la gouvernance convenue avec les Agences régionales de la santé (ARS) et les maîtrises d’ouvrages régionales de systèmes d’information de gestionnaires de cas.

Plan Maladies neurodégénératives : la place des psychologues

Un groupe de travail piloté par la direction générale de la santé (DGS) s’est réuni pour esquisser un document d’orientation précisant les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation d’un temps de psychologue en service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Le profil des psychologues susceptibles d’intervenir dans ce cadre, les modalités de sollicitation, le type d’intervention ont été passés en revue. Le document final est attendu pour fin avril 2017. L’objectif est de permettre le lancement effectif des expérimentations pour lesquelles cinquante équivalents temps plein de psychologues ont été délégués aux Agences régionales de la santé (ARS).

PMND Flash Info, avril 2017.

Bientraitance : quelle définition opérationnelle ?

Le Pr Robert Moulias, du conseil scientifique de la Fédération 3977 contre la maltraitance, et la gériatre Sophie Moulias, du laboratoire d’éthique médicale (EA4569) de l’Université Paris-Descartes, rappellent que la bientraitance, terme initialement issu de la pédopsychologie, « exige quelques préalables : connaître son métier, savoir déceler maltraitances et abus, reconnaître celui dont on reçoit la responsabilité du soin et de l’aide comme une personne à part entière, quels que soient ses déficits, savoir travailler collégialement en équipe, être assez nombreux, et savoir réfléchir avant d’agir ou de ne pas agir. Le soin et l’aide ne sont pas une suite de protocoles que l’on applique avec automatisme, même si disposer de protocoles est indispensable. La bientraitance peut redonner tout son sens à l’aide et au soin, en revaloriser tous les métiers. Dans la bientraitance, il ne peut y avoir de maillon faible. La bientraitance ne dispose pas aujourd’hui d’échelles d’évaluation validées. La bientraitance, subjective, échappe aux échelles de contrôle qualité. La bientraitance joue sur le ressenti. Pour éviter les dérives que l’on voit résulter des définitions trop abstraites ou verbeuses de la bientraitance et de son utilisation pour mieux bétonner le silence sur la maltraitance, certaines définitions de la bientraitance, accessibles à tous ses acteurs, pourraient être proposées. "La bientraitance, c’est le côté positif du facteur humain" ; le sourire du robot restera toujours un peu froid et impersonnel. "La bientraitance, c’est ce qui manque une fois qu’on a répondu à toutes les normes et à toutes les recommandations" ; la bientraitance n’est pas la perfection : chacun peut l’avoir comme but accessible. Et surtout, "la bientraitance, c’est ce qui fait que la dépendance ne soit plus vécue comme une déchéance". N’est-ce pas là l’objectif principale du care [la prise en soin] ? »

Moulias R et Moulias S. Peut-on définir « maltraitance des aînés » et « bientraitance » de façon opérationnelle ? Rev Gériatrie 2017 :42(3) : 131-132. Mars 2017. www.revuedegeriatrie.fr.

L’adaptation des professionnels du domicile à une prise en charge complexe

Dominique Villa, directeur général de l’association d’aide à domicile de l’Aisne (AAGDA), constate une évolution dans la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, l’une des premières étant « le changement de regard des partenaires financiers vis-à-vis de ce public complexe. Les prises en charge APA (allocation personnalisée d’autonomie) évoluent plutôt favorablement pour qu’il y ait une enveloppe plus conséquente d’heures d’accompagnement. La clé est en effet d’avoir des intervenants à domicile qui appréhendent mieux la maladie. Cela passe inexorablement par des plans de formation. » Pour Dominique Villa, « les services d’aide à domicile, quel que soit leur statut, se sont véritablement impliqués en s’appropriant eux-mêmes cette notion de public complexe. Nous essayons d’aller vers des profils professionnels plus adaptés. Je le vois par exemple avec la formation d’assistants de soins en gérontologie (ASG). Cette réponse de professionnalisation, nous avons souhaité la faire en interne. Aujourd’hui, notre association compte vingt ASG sur cent vingt professionnels, un très bon ratio. Financée par Uniformation et le Conseil départemental via le plan de modernisation signé avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, cette formation n’était pourtant pas inscrite dans la convention avec le département. Celui-ci a appelé la CNSA pour savoir si cela était possible. Cette dernière a validé en affirmant que l’avenir doit effectivement aller dans ce sens. Ces niveaux de formation sont des vecteurs très importants pour une prise en charge plus "sociale" des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. » Dominique Villa note encore des freins récurrents à cet accompagnement : «  On ne sait pas placer le curseur au bon endroit. L’accompagnement ne doit pas être une stigmatisation de la maladie par l’accord d’un temps de "réparation", mais une réponse à des facteurs sociaux aggravants, tels que l’isolement ou le sentiment de déclassement. Si on joue sur ces facteurs-là par de la présence humaine et de l’animation, on facilitera de fait l’accompagnement à domicile. Il faut avoir plus de répondant en amont. Les auxiliaires de vie peuvent et doivent être des auxiliaires de prévention de la santé. Elles le sont au quotidien, mais on les fait surtout travailler sur les incapacités de la personne. Or il faudrait davantage réfléchir sur ses ressources préservées. Cela permettrait de reconsidérer l’inclusion sociale de la personne fragilisée ainsi que le métier d’intervention à domicile. Il y a donc encore des marges de progrès. »

Journal du domicile, avril 2017.

Prise en charge en réseau

Le réseau gérontologique de Marseille est une équipe gériatrique du groupement de coopération sanitaire pour un parcours gérontologique dans l’agglomération phocéenne. Il fait partie intégrante de la filière de soins gériatrique. « Le réseau gérontologique est devenu une véritable équipe gériatrique d’appui pour les médecins traitants grâce à sa double évaluation d’expertise gériatrique en cas de situation médicale aigüe et/ou subaigüe, et d’évaluation gérontologique globale lors d’une difficulté de maintien à domicile d’un patient âgé », expliquent Anne-Laure Couderc, médecin coordonnateur, et ses collègues. Par exemple, le plan personnalisé de santé de Mme L a identifié des troubles cognitifs parmi les domaines de fragilité. Les objectifs communs établis avec la personne malade et son entourage sont la réalisation d’un bilan dans un hôpital de jour gériatrique, une proposition de séances d’ergothérapie, d’accueil de jour et la poursuite des passages infirmiers deux fois par jour. « Le médecin coordonnateur élabore le plan personnalisé de santé en partenariat avec le médecin traitant, et l’infirmière coordinatrice du réseau s’assure du bon déroulement des actions mises en place à domicile. Des améliorations et une procédure d’harmonisation sont en cours de finalisation, et des indicateurs médico-économiques en cours de finalisation. »

Couderc C et al. Infirmière coordinatrice et médecin coordonnateur dans un réseau gérontologique. Soins gérontologie 2017 ; 124 : 17-22.

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