Vivre en établissement : qu’en pensent les résidents et leurs proches ?

L’enquête Résidents en établissement d’hébergement pour personnes âgées, réalisée par la DREES en 2007 auprès d’un échantillon de résidents de ces établissements, permet de mieux connaître les conditions de prise en charge et les conditions de vie des personnes âgées résidant en établissement, et d’apprécier leur niveau de satisfaction tant en termes de soins et de prestations que de socialisation. Le mode de sélection des personnes interrogées permet de recueillir la parole directe du plus grand nombre de résidents en établissements. Le point de vue de l’usager a été complété par une interrogation d’un proche afin de disposer d’informations sur tous les résidents, ceux qui peuvent s’exprimer et les autres, et de confronter leurs diverses appréciations. 86% des résidents estiment vivre plutôt bien (50%) ou « très bien » (36%). Chez les proches de la personne âgée, 53% se déclarent « plutôt satisfaits » et 37% « très satisfaits ». Le principal sujet d’insatisfaction est le manque de sorties (38%). Du point de vue des gestionnaires d’établissement, les personnes ayant des troubles du comportement ou qui déambulent sont plus difficiles à accueillir. Être bien préparé, avoir un avis favorable sur l’établissement dès l’accueil ont un impact positif significatif sur les premiers moments dans l’établissement, qui sont déterminants. 95% des résidents entretiennent des relations régulières avec des membres de leur famille ou des amis. Concernant la participation et le choix des personnes âgées vivant en institution, les documents et dispositifs réglementaires sur les droits et devoirs du résident sont fréquemment présentés aux entrants mais rarement rappelés ensuite. Les résidents s’adressent plus souvent au personnel qui les entoure qu’aux instances mises en place pour s’exprimer. Concernant le choix du médecin, les avis diffèrent : d’après les gestionnaires d’établissement, 89% des résidents peuvent choisir leur médecin ; les résidents ne sont que 64% à le penser. Huit résidents sur dix disposent d’une chambre individuelle et deux résidents sur trois ont apporté du mobilier personnel dans leur chambre.

DREES. La vie en établissement d’hébergement pour personnes âgées du point de vue des résidents et de leurs proches, n°18. 3 février 2011. www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/La_vie_en_etablissement_d_hebergement_pour_personnes_agees_du_point_de_vue_des_residents_et_de_leurs_proches.pdf.www.lamaisondelautonomie.com, 23 février 2011.

Maltraitance financière : rapport remis au Médiateur de la République

Le rapport remis au Médiateur de la République et rendu public le 9 février 2011, pointe les « abus de faiblesse » : les vols au domicile et en institution, les escroqueries (assurance-vie extorquée, placement abusif…), les abus de faiblesse (démarchage et vente forcée…), pression sectaire (captation d’héritage, emprise mentale par exercice du prosélytisme sectaire…) et délinquance astucieuse (mariages arrangés, dons et legs extorqués par la malice…). Le rapport formule trente cinq propositions dont une réforme de la protection juridique des majeurs (lenteur du dispositif actuel), la fin de l’immunité pénale en cas de vol commis par un membre de la famille, la professionnalisation des gérants de tutelle…

www.agevillagepro.com, 14 février 2011. www.lefigaro.fr, 15 février 2011

Majeurs protégés : participation financière

La loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs a prévu que le coût des mesures de sauvegarde de justice, de curatelle, de tutelle ou d’accompagnement judiciaire ordonnées par l’autorité judiciaire et exercées par les mandataires judiciaires à la protection des majeurs est à la charge totale ou partielle de la personne protégée en fonction de ses ressources. Un décret du 31 décembre 2008 fixe un barème progressif et une exonération lorsque les ressources de la personne sont inférieures ou égales au montant de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Quatre associations, dont la FNAT (Fédération nationale des associations tutélaires) et l’UNAF (Union nationale des associations familiales) avaient déposé un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, au motif que l’application de ce barème pouvait conduire à une participation financière supérieure au coût de la mesure de protection. Le Conseil d’Etat, dans une décision du 4 février, a rejeté ce recours en annulation et validé le décret sur la participation financière des majeurs protégés.

Conseil d’Etat, décision n°325721, 4 février 2011. Actualités sociales hebdomadaires, 18 février 2011. 

Approche psychologique de l’accompagnement

L’accompagnement d’une personne âgée en institution est une problématique difficile, car elle confronte le soignant à l’accompagnement d’une fin de vie qui peut durer plusieurs années, sans avoir d’éléments sur la véritable identité du sujet. Pour Laurence Lacoste, docteur en psychologie, qui analyse le discours de cinquante personnes âgées vivant en institution, deux concepts-clé permettent de réintroduire de la pensée afin de lutter contre la dépression du sujet âgé : l’animation en lien avec une médiation sensorielle, et l’accompagnement individuel en vue de la construction du bilan de vie.

Lacoste L. Approche psychologique de l’accompagnement du sujet âgé en institution psychiatrique. Neurologie Psychiatrie Gériatrie 2011 ; 11 :30-33. Février 2011. www.em-consulte.com/article/280580.

Maladie d’Alzheimer et rapport au monde : qu’en pensent les psychanalystes ?

Caterina Rea, de l’Université catholique de Louvain (Belgique) et Rosa Caron, maître de conférences à l’Université Lille-3 et directrice de recherche au centre de recherche Psychanalyse, médecine société (CRPMS-Université Paris-Diderot), proposent une lecture anthropologique, phénoménologique et psychanalytique de la maladie d’Alzheimer : « longuement considérée dans un cadre purement neurologique, cette pathologie présente un caractère bien plus complexe dans lequel le facteur humain est loin d’être secondaire. Le rapport au monde, l’angoisse face à la mort, l’impasse dans l’effort d’assumer un temps qui marque de plus en plus la fragilité de notre finitude, la souffrance à l’égard de l’élargissement du déphasage intrinsèque à notre corporéité montrent que toute la singularité humaine, son existence est mise en cause dans la maladie d’Alzheimer. L’arc intentionnel qui tend et anime notre existence se referme et se détend sous le poids d’une angoisse insurmontable ». Cette recherche a été soutenue par France Alzheimer.

Rea C et Caron R. Le rapport au monde dans la maladie d’Alzheimer. Pour une lecture plurielle. Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique 2011 ; 169(1) : 26-30. Février 2011. doi:10.1016/j.amp.2009.10.018 

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