Euthanasie : après le verdict de Périgueux

Après le verdict qui a acquitté l’infirmière Chantal Chanel et condamné le Dr Trémois à un an de prison avec sursis, le débat sur l’euthanasie se poursuit. Le député UMP Léonetti estime que la loi sur la fin de vie qui porte son nom « résout assez bien le problème du mourant » : « Dès l’instant où la loi dit qu’on ne doit avoir aucun acharnement thérapeutique et que l’on doit mettre des médicaments qui soulagent la douleur, même si ça doit raccourcir la vie, on règle effectivement le problème de la fin de vie et de la souffrance en fin de vie », a-t-il déclaré sur RTL. www.agevillagepro.com , 19 mars 2007

« Le lobby de l’euthanasie »

Le Parisien publie une enquête « sur les bien curieuses pratiques des militants du suicide assisté » : livre blanc recensant des « témoignages anonymes de personnes demandant une aide active à mourir », « entrisme à l’hôpital ». Le Dr Louis Puybasset, réanimateur à la Pitié-Salpêtrière à Paris, dénonce « une stratégie très organisée », communiquant « sur le registre de l’émotion, de la peur, de la souffrance ». Le Dr Claude Martin, président de la Société française d’anesthésie et de réanimation, rappelle que « nous sommes en mesure », grâce à la loi actuelle, « d’accompagner les patients en fin de vie vers une mort digne. Alors que, à l’opposé, l’euthanasie est un acte brutal ». Madame Marie Humbert, qui avait aidé son fils à mourir, déclare avoir « été manipulée » par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. www.sante.net , 6 mars 2007

S’acharner ?

Y a-t-il un risque d’acharnement thérapeutique chez les personnes atteintes de troubles cognitifs en institution gériatrique ? La décision thérapeutique, face à la personne malade présentant une démence sévère en institution, est difficile. La question est de savoir si l’on se situe dans l’acharnement thérapeutique ou l’obstination déraisonnable. Le point majeur est que la personne malade ne peut participer à « sa » prise de décision. L’obstination déraisonnable est autant à combattre que l’euthanasie. « Une formation éthique permettrait une sensibilisation et une connaissance de repères philosophiques et juridiques. La décision est collégiale, se prend au cas par cas, est toujours réévaluable dans le temps et comprend les mesures d’accompagnement. »
Dementiae , J. Verdavai, S. Etienne, novembre-décembre 2006

Une maison de retraite en procès

Jeanne Philibert, ex-directrice d’une maison de retraite en Gironde, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour extension de capacité d’accueil d’une maison de retraite sans autorisation (quatre vingt deux résidents pour quarante quatre places), exercice illégal de la médecine et de la profession d’infirmier, violences sur personne vulnérable, escroquerie et détention de produits stupéfiants. Le substitut a requis une peine de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer pendant cinq ans. Jugement le 2 avril.
www.plusnews.fr , 6 mars 2007

Des inégalités dans la prise en charge

La prise en charge des comorbidités dans la maladie d’Alzheimer se caractérise actuellement par un certain nombre de lacunes : sous-diagnostic, inégalité d’accès aux traitements existants ou, au contraire, acharnement, inadaptation et donc échec de certains programmes de rééducation ou de prévention. Pascale Dorenlot, responsable du Pôle Etudes à la Fondation Médéric Alzheimer, prend notamment l’exemple des fractures du col du fémur (risque multiplié par 2,7 en cas de maladie d’Alzheimer) : peu de programmes de prévention spécifiques, inadaptation des programmes standard de rééducation, moindre prise en charge de la douleur post-opératoire. On se trouve ici face aux processus d’exclusion sociale dont sont victimes ces malades, souvent liés aux obstacles de communication et aux biais d’évaluation qui leur sont propres et qui exigeraient une formation transversale appropriée.
Neurologie Psychiatrie Gérontologie , article de Pascale Dorenlot, février 2007

Retour haut de page