Qui sont les majeurs protégés ?

L'Observatoire national des populations « majeurs protégés » de l'UNAF (Union nationale des associations familiales) publie son rapport annuel. Les personnes âgées de plus de soixante ans représentent 35% des majeurs protégés. Les personnes de plus de quatre-vingts ans sous protection juridique sont sur-représentées par rapport à la population française du même âge. Plus de la moitié des personnes sous tutelle sont âgées de soixante ans et plus. Plus d'une personne sur deux est célibataire. Quatre sur dix vivent en appartement, et deux sur dix en maison de retraite. La population des majeurs protégés a vieilli de trois ans sur une période de sept ans. Les personnes majeures protégées dont la mesure de protection a été subdéléguée par l'Etat à une UDAF (Union départementale des associations familiales) sont relativement démunies. Plus d'un tiers reçoivent une pension de retraite moyenne de 11 800 euros par an. Les trois principales sources de revenus liés à la redistribution sont l'aide au logement (60% des majeurs protégés), l'allocation adulte handicapé (AAH) et l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), dont bénéficient 40% des majeurs protégés de plus de soixante ans). 85% des majeurs protégés ne possèdent aucun patrimoine immobilier. Seuls 8% des majeurs protégés sont propriétaires de leur résidence principale. Moins de 6% d'entre eux sont surendettés. Le montant annuel des dépenses est de 6 300 euros pour le logement, 3 500 euros pour la consommation et 630 euros d'assurance. Un majeur protégé sur cinq a eu recours en 2008 à une aide à domicile payante.

Union nationale des associations familiales. Synthèse du rapport ONPMP 2008, janvier 2010.

Société de dé-liaison

« La continuelle réduction de la personne à son statut d'individu brise le lien social et tend à nous faire vivre dans une société de dé-liaison. Souffrant ensemble mais isolément », écrit le sociologue Michel Billé.

AD-PA, novembre-décembre 2009.

Déni

Pour le neurologue Christian Derouesné, professeur émérite à l'Université Paris-VI, le fait qu'une personne atteinte de lésions cérébrales méconnaisse ses troubles ou nie être malade peut constituer une mesure de protection contre un événement traumatisant, mais peut à l'inverse avoir des conséquences négatives pour la personne et sa prise en charge thérapeutique. Cette méconnaissance est souvent partielle et coexiste avec un certain degré de connaissance implicite. Pour le Professeur Derouesné, l'opposition entre conception neurologique (anosognosie : absence de conscience de la maladie) et psychopathologie (déni) devrat être remplacée par une approche intégrative prenant systématiquement en compte les différentes dimensions (neurologique, neuropsychologique, psychopathologique et psychosociale) impliquées dans ce mécanisme de la méconnaissance, afin de mieux adapter la réponse thérapeutique.

Psychol Neuropsychiatr Vieil. Derouesné C. La méconnaisssance de la maladie ou de ses conséquences dans les affections cérébrales : un phénomène complexe et multi-dimensionnel. Décembre 2009.

Statut de vulnérabilité

Pour Clémence Lacour, docteur en droit et attachée d'enseignement et de recherche à l'université des Sciences sociales de Toulouse 1 Capitole (centre de droit privé EA 1920), un statut protecteur de la vulnérabilité commence à se dessiner en droit. Le développement des règles protectrices des personnes vulnérables a toutefois une incidence sur la condition civile des personnes âgées affaiblies. Il s'accompagne en effet d'un recul de leur liberté individuelle en matière personnelle et d'une fragilisation de leur capacité juridique au plan civil, ce qui compromet leur autonomie.

Gérontologie et société. Lacour C. La personne âgée vulnérable : entre autonomie et protection. Décembre 2009.

Vieillissement et identité : approches psychosociales

Marianna Danko et Christiane Arnaud, du département d'ingénierie sociale, et le Professeur Marie-Christine Gély-Nargeau, de l'équipe de psychopathologie, handicap et société de l'Université Paul-Valéry - Montpellier 3, proposent une synthèse des méthodes psychosociales étudiant l'identité des personnes âgées vieillissantes en relation avec l'environnement. Le corps est un marqueur identitaire ressenti par le sujet. L'adaptation identitaire des sujets âgés se fait en fonction de leur groupe d'âge et de la place qui leur est accordée par la société. Elle fait appel, soit à la construction d'un nouveau concept de soi, soit à des dimensions inexploitées du « soi » existant.

Psychol Neuropsychiatr Vieil. Danko M et al. Concept d'identité et sujets âgés : perspectives psychosociales. Décembre 2009.

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