Dignité et fin de vie

Une équipe autrichienne s’est penchée sur la signification de la notion de dignité en fin de vie chez des pensionnaires de différents types d’institutions. Ils ont mené une enquête sur la base d’entretiens avec des sujets âgés en moyenne de quatre-vingt deux ans. Ils ont constaté que la dignité comportait à la fois une dimension personnelle (qui passe par l’apparence physique) et un aspect social, qui leur permet d’être reconnus en tant que personnes. Mais il leur est difficile d’entretenir des relations avec les autres résidents, jugés « trop âgés » et ils soulignent que le personnel est en général trop occupé. La Lettre de Successful Aging , 16 avril 2007

« Catastrophe ou opportunité ? »

Cette interrogation résume, pour Anne-Marie Guillemard, professeur de sociologie à l’université Paris 5 Sorbonne, le défi que représente le vieillissement de notre société. Mais la notion d’âge est totalement relative au contexte sociétal : les Français quittent en moyenne l’univers de l’emploi à cinquante-huit ans, contre soixante-cinq ans en Suède et soixante-huit ans au Japon. Les Français ont consacré l’inactivité comme statut social pour la vieillesse, mais le vieillissement devrait plutôt être considéré comme une opportunité pour inventer une nouvelle gestion des âges susceptible d’exploiter le potentiel nouveau des seniors au service de la collectivité. Les pays scandinaves, par exemple, ont développé une culture du vieillissement actif, basée sur le principe d’un droit au travail à tout âge. « La formation tout au long de la vie, le transfert de compétences entre générations, la santé au travail (�), la prise en charge de la perte d’autonomie sont désormais des enjeux majeurs qui s’inscrivent dans ces nouvelles politiques du cycle de vie ».
Hôpitaux Magazine , avril 2007

Vieillissement et demande de soins

Claude Martin, directeur de recherches au CNRS, et Blanche Le Bihan-Youinou, distinguent, en Europe, quatre types de réponses à la demande de soins liée au vieillissement. Le modèle libéral privilégie le marché pour préserver la responsabilité individuelle, auquel s’ajoute la solidarité familiale. Le modèle familialiste de l’Europe du sud compte principalement sur cette dernière forme de solidarité. Le modèle corporatiste, adopté notamment en Allemagne et au Luxembourg, fait appel avant tout à la solidarité professionnelle, financée par la cotisation. Le modèle social-démocrate repose sur l’accès garanti à un ensemble de services publics permettant de faire face aux situations de dépendance. Le système français constituerait un compromis.
Hôpitaux Magazine , avril 2007

Créer un environnement favorable

Marie-Jo Guisset-Martinez, responsable du pôle Initiatives locales de la Fondation Médéric Alzheimer, décrit « les sentiments de honte, de peur de l’échec, d’angoisse pour l’avenir » que connaissent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Comment les professionnels peuvent-ils réagir ? D’abord en créant un environnement favorable pour « faciliter, voire rechercher la parole des personnes malades »: ateliers d’écriture, groupes de parole, sites internet, bistrots mémoire� 
Ensuite en incitant les aidants familiaux « à faire le pas vers une aide extérieure ». Aux groupes de parole sont venus s’ajouter des accueils de jour, de l’hébergement temporaire, des ateliers de gestion du stress, ou encore des week-ends de répit ou des séjours de vacances. Aujourd’hui l’accent est mis sur les interventions non médicamenteuses. A terme, peut�être pourra-t-on espérer que la personne malade devienne son « premier aidant ».Hôpitaux Magazine , avril 2007

Vieillissement et Plan « Bien Vieillir »

Le docteur Jean-Pierre Aquino, président du plan national « Bien Vieillir » s’interroge sur les différentes formes de vieillissement. Qu’est-ce qu’un «vieillissement réussi » ? Essentiellement le maintien des capacités physiques et cognitives, mais aussi du statut culturel et social. De nombreux modèles du « bien vieillir » ont été établis par les chercheurs. Il est fondamental, dans une politique de prévention bien comprise, d’intégrer les facteurs médicaux, psychologiques et sociaux, ainsi que les facteurs environnementaux. Il s’agit de prévenir ou de retarder l’apparition des incapacités ou des pathologies dans une conception globale de la personne : bilans périodiques, alimentation équilibrée, activité physique et sportive, bon usage du médicament (en évitant les polymédications hasardeuses), solidarité intergénérationnelle. Hôpitaux Magazine , avril 2007

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