Le Soi et la mémoire

Le Soi et la mémoire sont deux systèmes en interaction chez l’homme. Ainsi, une information qui a été traitée en référence à soi fait l’objet de meilleures performances mnésiques qu’une information qui n’est pas liée au Soi. Dans une étude portant sur dix-huit personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et vingt-et-une personnes témoins, l’équipe d’Eric Salmon, du groupe de neuro-imagerie de la mémoire et revalidation cognitive de l’Université de Liège (Belgique), montre que ,chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, même à un stade débutant, la récupération en mémoire d’une information relative à soi est quantitativement et qualitativement altérée. 

Genon S et al. Altération de l'interaction entre le Soi et la mémoire dans la maladie d'Alzheimer. 11ème Réunion francophone sur la maladie d'Alzheimer et les syndromes apparentés. Maladie d'Alzheimer et déclin cognitif : recherche et pratique clinique 2012 ; 17 : 80. http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/125821.

Evaluation de la qualité de vie liée à la santé

Des échelles analogues visuelles sont souvent utilisées pour mesurer la qualité de vie liée à la santé (HRQoL-health-related Quality of Life). Ce sont des échelles graduées de 0 à 100, où le 0 représente le pire état de santé imaginable et le 100 le meilleur état de santé imaginable. L’équipe de Marcel Olde Rikkert, du centre Alzheimer à l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas) analyse en profondeur cette méthode, qui produit des réponses difficiles à analyser lorsque les termes employés sont ambigus et peuvent être interprétés différemment selon l’âge du répondant. Dans une étude portant sur cent cinquante et un couples de personnes atteintes de démence et de leurs aidants, les chercheurs observent un résultat contre-intuitif : ce sont les personnes malades qui utilisent l’échelle analogue visuelle comme le reste de la population, alors que les aidants produisent des réponses biaisées quant à la qualité de vie qu’ils perçoivent pour la personne malade. Le meilleur état de santé imaginable est-il attribué par l’aidant à quelqu’un de l’âge de la personne malade ou de quelqu’un âgé de vingt-cinq ans ? Les aidants pourraient en fait être influencés par le fardeau ressenti ou leur propre recours aux soins. Quoi qu’il en soit, cette étude ne remet pas en cause l’utilité de l’échelle analogue visuelle chez les personnes malades, à condition qu’on leur demande directement d’évaluer leur qualité de vie.

Arons AMM et al. Visual analog scales : scale recalibration by patients with dementia and their proxies. Qual Life Res, 5 juillet 2012.

www.springerlink.com/content/14309307252n6063/fulltext.pdf (texte intégral).

Douleur et déficit cognitif : indicateurs de santé publique

La douleur a un effet significatif sur la qualité de vie et l’état de santé à long terme des résidents de maisons de retraite. Les personnes les plus à risque sont celles présentant un déficit cognitif léger à sévère, ou celles incapables d’exprimer leur douleur verbalement. Allison Burfield de l’Ecole infirmière de l’Université de Caroline du Nord à Charlotte, en collaboration avec le programme doctoral d’affaires publiques de l’Université de Floride centrale et le collège de pharmacie de l’Université de Georgie (Etats-Unis), ont développé, en analysant les données de cinquante-trois mille résidents âgés en moyenne de 83.7 ans, des indicateurs de fréquence et de durée de la douleur. La prévalence globale de la douleur est de 47.7% chez les personnes sans troubles cognitifs, 39.6% chez les personnes atteintes de déficit cognitif léger, 29.4% chez les personnes atteintes de démence au stade modéré et 18.2% chez celles atteintes de démence au stade sévère : la sous-déclaration de la douleur s’accroît lorsque les troubles cognitifs s’aggravent.  Les auteurs ont développé un modèle théorique permettant d’ajuster la prévalence de la douleur en tenant compte de l’influence des facteurs affectifs et comportementaux (inferred pain - « douleur induite ») pour une mesure plus complète et reflétant mieux la réalité de la douleur des personnes atteintes de troubles cognitifs en établissement. 

Burfield H et al. Behavioral clues to expand a pain model of the cognitively impaired elderly in long-term care. Clin Interv Aging 2012; 7: 207-223. Juillet 2012. www.dovepress.com/behavioral-cues-to-expand-a-pain-model-of-the-cognitively-impaired-eld-peer-reviewed-article-CIA (texte intégral). Burfield H et al. A study of longitudinal data examining concomitance of pain and cognition in an elderly long-term care population. J Pain Res 2012; 5: 61–70. Mars 2012.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3333796/pdf/jpr-5-061.pdf (texte intégral).

Bientraitance : synthèses des recommandations de bonnes pratiques professionnelles

 « La bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre » et « mission du responsable d’établissement et rôle de l’encadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance » sont deux des synthèses proposées par l’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) et validées en janvier 2012.

Maladie d’Alzheimer : limites à l’admission en établissement

Selon l’enquête nationale 2011 de la Fondation Médéric Alzheimer sur les dispositifs d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer, neuf établissements d'hébergement sur dix proposent l'accueil de personnes malades. Cependant, 72 % des EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et 43 % des USLD (unités de soins de longue durée) mettent des limites à l’admission de ces personnes, invoquant des risques de fugue et des soins techniques lourds. Dans 50 % des EHPAD et 63% des USLD, les personnes hébergées sont atteintes de troubles cognitifs modérés et sévères.

Fontaine D (coord.). État des lieux 2011 des dispositifs des dispositifs d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer. La Lettre de l’Observatoire 2012 ; 24. Juin 2012. www.fondation-mederic-alzheimer.org. Actualités sociales hebdomadaires, 5 juillet 2012.www.agevillage.com, 9 juillet 2012. 

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