Être capable de rire, particulièrement de soi

Est-il possible de bien vivre avec une démence ? Oui, répond Joy Watson, malade jeune qui anime un groupe de pairs à l’association AgeUK de Salford (Royaume-Uni). Est-il possible tous les jours de bien vivre avec une démence ? Non, répond-elle. « Si j’ai appris une chose depuis deux ans que je vis avec la maladie, c’est d’être honnête avec moi-même. Si j’ai une journée difficile, je ne prétendrai pas que tout va bien. Il est plus productif d’admettre que c’est une dure journée et voir comment on peut améliorer les choses. Alors, qu’est-ce que bien vivre avec une démence ? Je pense que chacun a une opinion différente sur ce que bien vivre veut dire. Pour moi, c’est trouver la paix et le contentement, et m’amuser. Tout cela peut être très dur, particulièrement quand votre cerveau ne veut pas coopérer et que le monde semble un lieu très inquiétant, ce qu’il est en effet certains jours. Les livres vous disent de « trouver des moyens de vous relaxer », beaucoup de bons conseils jusqu’au jour où vous trébuchez en descendant les escaliers parce que votre "conscience spatiale" fait des ravages dans votre sens de l’équilibre. Ce n’est pas si facile de vous relaxer quand vous êtes affalée sur le sol du salon, mais bon ! Quand le choc initial s’est dissipé, et que j’ai recouvré ma fierté, je peux rire de me voir dans cette drôle de position. C’est une bonne stratégie pour faire face à la situation et c’est très important pour que je puisse bien vivre avec la démence : être capable de rire, particulièrement de soi. »

Watson J. Is it possible to live well with dementia ? Dementia (London) 2016: 15(1): 4-5. Janvier 2016. http://dem.sagepub.com/content/15/1/4.short?rss=1&ssource=mfr.

Les personnes malades en activité professionnelle

Ruth Chaplin, ergothérapeute aux services de santé mentale des Meadows, et Ian Davidson, chargé de cours en kinésithérapie à l’Université de Manchester (Royaume-Uni), anticipent que le recul de l’âge de la retraite augmentera le nombre de personnes encore au travail qui développeront des troubles cognitifs. Ils ont interrogé cinq de ces personnes, âgées de cinquante-huit à soixante-quatorze ans. Quatre thèmes émergent : prendre conscience que quelque chose ne va pas ; gérer la situation sur le lieu de travail ; essayer de donner du sens au changement ; et se confronter à la retraite ou au chômage. Pour les chercheurs, ces personnes n’ont pas toujours obtenu les « adaptations raisonnables » de leur poste de travail prévues par la loi (Equality Act 2010). Certaines personnes se sont senties maltraitées sur leur lieu de travail et ont décrit des expériences stressantes.

Chaplin R et Davidson I. What are the experiences of people with dementia in employment? Dementia (London) 2016; 15(2): 147-161. Mars 2016.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24419354.

« Nous n’en avons pas fini avec la maltraitance »

C’était le titre du colloque organisé par la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP) le 8 mars 2016. À cette occasion, Pascale Boistard, nouvelle secrétaire d’État chargée des Personnes âgées et de l’autonomie, a déclaré : « pendant longtemps, la maltraitance n’a pas fait l’objet d’une pleine prise de conscience de la part des pouvoirs publics, elle a d’abord été envisagée sous un mode individuel et souvent compassionnel. Une réelle culture de la bientraitance s’est progressivement installée, notamment dans les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui ont intégré progressivement cette dimension dans leurs pratiques. La loi vient conforter cette démarche. Elle apporte aujourd’hui des avancées fortes. Nous donnons les moyens à chaque acteur accompagnant les personnes âgées de lutter contre la maltraitance avec fermeté, et le texte de loi est aussi particulièrement attentif à la manière dont les personnes sont accompagnées, et parfois représentées, dans le respect de leur volonté. Rechercher le consentement de la personne est une véritable démarche, parfois délicate, mais c’est là un engagement fondamental si l’on veut assurer à tout un chacun une vieillesse digne. »

Ministère des Affaires sociales et de la santé. Discours de Pascale Boistard - colloque « Nous n’en avons pas fini avec la maltraitance » organisé par la FEHAP, 8 mars 2016. http://social-sante.gouv.fr/actualites/presse/discours/article/discours-de-pascale-boistard-colloque-nous-n-en-avons-pas-fini-avec-la (texte intégral).

www.agevillagepro.com, 15 mars 2016.

Bientraitance en EHPAD : les premiers résultats de l’enquête de l’ANESM

L’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) publie les premiers résultats de sa troisième enquête nationale sur la bientraitance en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Il s’agit d’engager les professionnels dans une démarche d'auto-évaluation et à réaliser un état des lieux national des pratiques. La participation est « massive » : 77% des 4 700 établissements enquêtés ont retourné le questionnaire. L’ANESM constate « un accompagnement plus personnalisé des résidents » : 72% des EHPAD recherchent le consentement du résident à l’admission, 84% recueillent les attentes du résident lors de l'évaluation initiale, 79% recueillent les attentes de l'entourage et 93 % suivent mensuellement l'évolution du poids des résidents. De plus, une très grande majorité d'établissements disent mettre en place des actions de prévention (97 % pour la prévention des chutes). Au cours des trois dernières années, 48% des personnels en moyenne par EHPAD ont été formés à la maladie d'Alzheimer, 41% à la fin de vie, 29% à la dépression et aux troubles psychiques et 23% au repérage des risques de la perte d'autonomie. Parmi les « points d’amélioration », l’ANESM rappelle que « les hospitalisations inappropriées aggravent davantage encore la perte d'autonomie », et souligne que 66% des résidents hospitalisés l'ont été en urgence. En ce qui concerne la fin de vie, seuls 28% des EHPAD recueillent les directives anticipées des résidents. 82 % des structures font appel à des équipes mobiles de soins palliatifs et 68 % à des réseaux de soins palliatifs ou de santé pluridisciplinaires. Environ deux tiers des structures ont recours à l'hospitalisation à domicile et une sur deux à une équipe mobile de gériatrie. Enfin, près de 1 500 présidents de conseil de vie sociale (CVS) se sont exprimés via un questionnaire distinct. Plus de trois sur quatre considèrent que leur établissement favorise toujours la prévention des situations de maltraitance et deux tiers estiment qu'il favorise toujours le maintien de l'autonomie des personnes.

ANESM. Enquête bientraitance 2015. Zoom sur la situation des EHPAD. Janvier 2016. www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/ANESM_-Zoom-Enque_te_Bientraitance_2015-PA.pdf. Actualités sociales hebdomadaires, 22 février 2016.

Bientraitance à domicile : le guide du département de la Sarthe

Le département de la Sarthe diffuse un guide de promotion de la bientraitance et de lutte contre la maltraitance à l’usage des professionnels intervenant auprès des majeurs vulnérables vivant à domicile, décrivant la procédure de signalement de toute information préoccupante, avec ou sans danger immédiat, tout événement indésirable et son traitement par le conseil départemental. La Sarthe a créé une cellule dédiée à ces situations, qui accuse réception et qui agit : soit en classant, soit en déclenchant une évaluation médico-sociale, soit en transmettant la plainte au procureur de la République.

Conseil départemental de la Sarthe. Guide de promotion de la bientraitance et de lutte contre la maltraitance à l’usage des professionnels intervenant auprès des majeurs vulnérables vivant à domicile. http://www.cg72.fr/iso_upload/LivretMaltraitance2013-web.pdf. www.agevillagepro.com, 14 mars 2016.

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