Accueil familial : statut

Pour le député des Côtes-d'Armor Jean Gaubert, le statut juridique des familles d'accueil salariées n'est pas totalement clair, et le développemennt de l'accueil dans un cadre salarié risque d'entraîner des frais supplémentaires pour les personnes accueillies. Le ministère du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville répond que le rapport Rosso-Debord du 20 novembre 2008 montre que le développement du salariat modifierait non seulement le cadre d'intervention et les responsabilités du Conseil général en terme de suivi social et médico-social de la personne accueillie, mais il nécessiterait également de reconfigurer les dispositifs de formation des accueillants, et de redéfinir et adapter les modes de contrôle des prestations réalisées. Cinq axes du rapport ont été retenus et vont être expertisés par les services de l'Etat : l'accompagnement de la personne âgée ou handicapée dans sa relation avec l'aidant familial ; la rémunération du remplaçant par l'utilisation du chèque emploi-service universel (CESU) ; l'amélioration de la procédure d'agrément, avec la création d'un label qualité pour l'accueil familial sur la base d'un cahier des charges ; l'élargissement de l'accueil familial à d'autres types de publics.

Assemblée nationale. Question n°31129 de Jean Gaubert. JO du 26 mai 2009.

Maintien à domicile : que souhaitent les aidants ?

Un Français sur trois (32%) dit avoir une personne dépendante dans son entourage. Pour 21%, il s'agit d'un membre direct de la famille, selon le cinquième baromètre TNS Sofres, « Les Français et le grand âge ». Le regard négatif que portent les Français sur les maisons de retraite les incite à privilégier le maintien à domicile de leurs parents en perte d'autonomie. Les « aidants naturels » (3.7 millions) estiment utile ou indispensable de bénéficier d'une aide financière (63%), notamment pour compenser un manque à gagner professionnel ; de suivre une formation pour mieux prendre soin de leur parent âgé et/ou malade (58%) ; de pouvoir profiter de moments de répit (57%) ; d'être reconnus par un statut légal (53%).

www.tns-sofres.com, 20 mai 2009. www.agevillagepro.com, 25 mai 2009.

Pour un soutien financier aux aidants

Jean-Claude Caudéran, président de l'Association Familles en Alzheimer, sollicite la création d'un fonds d'aide et de soutien aux aidants familiaux. Selon lui, « la crise est fortement ressentie par les familles dont les revenus faibles ne peuvent satisfaire le financement de plus en plus important du reste à charge ».

Formation des aidants familiaux

La Revue de proximologie, éditée par la Fondation Novartis, publie le n°1 d'une nouvelle revue semestrielle à comité de lecture, intitulée Réciproques, centrée sur les solidarités de proximité et les problématiques relationnelles dans un contexte de vulnérabilité. Pour Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, il est fondamental d'accompagner et de former les aidants. Un cahier des charges type pour la formation des aidants, concernant la relation d'aide, la communication non verbale et la « manutention » sera labellisé. Selon elle, dans un avenir proche, la question des aidants sera de plus en plus médiatisée, comme en témoignent déjà les nombreux articles et reportages consacrés à l'entourage des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Pour la sociologue Claudine Attias-Donfut, directrice de recherche à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), est favorable à l'instauration d'une formation obligatoire de base à la déontologie et à la psychologie pour ceux qui viennent en aide aux personnes fragilisées par l'âge ou des maladies chroniques.Ces formations lui apparaissent nécessaires face au danger croissant des discours normatifs. L'approche de la personne à aider nécessite de la nuance, de l'écoute et du temps.

Réciproques. Mars 2009. Reçu le 15 mai 2009.

Besoins, attentes, préoccupations des aidants familiaux

Les élèves de troisième année de l'Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du CHU de Périgueux ont étudié les besoins de cent cinquante-trois aidants de personnes atteintes d'une maladie chronique (dont 23% atteintes de la maladie d'Alzheimer) et vivant à domicile. 82% des aidants éprouvent de la fatigue physique. Une dégradation de la vie de l'aidant est observée dans les domaines de la santé, des soins du corps, de la tendresse, de la qualité et de la durée du sommeil, du poids, de la préparation des repas, du plaisir de manger, du temps à table. Dans le domaine social, les aidants ressentent un manque de temps pour la maisonnée, les loisirs et la vie associative, la famille et les amis, la religion. Les sentiments les plus fréquemment rencontrés sont le sentiment d'utilité, d'être reconnu, la peur de perdre l'autre, l'épuisement, l'anxiété. Les dépenses des aidants augmentent régulièrement dans 35% des cas, et près d'un aidant sur quatre n'a plus la possibilité financière de se récréer. Les aidants sont préoccupés par leur avenir avec la personne malade (72%) et l'aggravation de la maladie (60%). Ils craignent de ne plus pouvoir assumer physiquement les choses un jour (74%), de ne pas pouvoir faire face psychologiquement (50%), de perdre la personne malade (72%) ou de ne pouvoir faire face financièrement (38%).

Réciproques. Thomas P. Vécu des soins au quotidien par les aidants à domicile des personnes âgées. Mars 2009, reçu le 15 mai 2009.

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