Bénévoles : un engagement de plus en plus précieux

Professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et fondatrice de l’association de comptabilité nationale, Edith Archambault a fait du bénévolat son objet d’étude. « la tradition bénévole française date de la Grande Guerre, quand les infirmières ont commencé à s’engager pour aider les soldats blessés sur le front ». Depuis une dizaine d’années, la France connaît, d’une part une importante augmentation du nombre des associations et, d’autre part, une diminution du nombre de bénévoles : deux mouvements contradictoires qui risquent, à terme, de poser problème à une grande majorité d’associations dont l’existence repose sur le bénévolat.
Osmose, juin-août 2008.

Bénévoles: statut et formation

Le député du Rhône Bernard Perrut, interrogeant la ministre de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le développement du bénévolat, souhaite que les personnes disponibles volontaires soient formées aux responsabilités qu’elles auront à exercer au sein des associations diverses qui leur feront appel. Le ministère rappelle les mesures gouvernementales des dernières années concernant le bénévolat, disponibles sur le site www.jeunesse-sports.gouv.fr , dont certaines ont directement pour objet de faciliter l’encadrement des bénévoles des associations et la formation des nouveaux bénévoles dirigeants : intégration d’une sensibilisation à la vie associative dans les cursus de formation, développement de la prise en compte du temps bénévole des étudiants dans leur cursus d’études supérieures, soutien apporté aux organismes qui mettent en adéquation l’offre et la demande de bénévolat, protection des bénévoles contre les risques encourus et valorisation du bénévolat. En outre, les associations qui veulent former leurs bénévoles peuvent obtenir des aides financières allouées dans le cadre du conseil de développement de la vie associative (CDVA). Le ministère indique travailler à la mise en oeuvre des engagements du Président de la République à l’égard des bénévoles : valoriser le bénévolat à travers la création d’un livret d’épargne civique qui donnera des avantages concrets, notamment des points supplémentaires aux examens pour les étudiants et des stages de formation gratuits ; favoriser la création des associations constituées par des jeunes en leur permettant de jouer un rôle actif dans les associations; favoriser le développement des compétences des bénévoles en matière de gestion associative. Un dispositif de formation certifiante, théorique et pratique, sera ouvert à tous les bénévoles désireux de s’investir dans des projets associatifs. Les formations feront l’objet d’une déclaration aux services de l’État, sur la base d’un référentiel qu’il définira.
Assemblée nationale. Question 19329 de Bernard Perrut, 17 juin 2008. www.jeunesse-sports.gouv.fr , 17 juillet 2008.

Bénévoles : avoir pour chef soi-même

L’association OSE prévoit d’ouvrir, d’ici à 2012, trois nouveaux accueils de jour pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, portant la capacité à cinq cents personnes accueillies par an, et a fait du bénévolat une priorité. Irène Epelbaum, psychologue clinicienne, explique : « les bénévoles maintiennent le lien social des aînés avec leur communauté d’appartenance. Ils apportent une complémentarité aux professionnels dans la recherche d’une meilleure qualité de vie de nos aînés, à travers des missions d’écoute, de visite, d’animation d’ateliers, de secrétariat… Intégrer les bénévoles au sein de l’institution, c’est s’assurer qu’ils respectent la bonne distance, la juste présence, qu’ils ne prennent ni la place des professionnels, ni celle des familles. Ils doivent respecter les valeurs et les règles comme le secret médical, et favoriser l’autonomie des personnes âgées, souvent fragilisées, en respectant leur identité et en répondant à leurs besoins et désirs. Dans cette tâche exigeante, l’humilité est une de leurs qualités majeures ». Pour Jean-François Lamarque, bénévole, « ce n’est pas un travail. C’est avoir un chef encore plus exigeant que tous les chefs : soi-même. L’âge de la retraite nous accorde l’avantage d’avoir le temps d’être minutieux ». « Il s’agit de prendre à bras-le corps des tâches de longue haleine qu’un salarié, pris dans ses missions quotidiennes, ne saurait assumer », précise Nathan Swarczenstein, bénévole lui aussi.
Osmose, juin-août 2008.

Statut des aidants

Le ministère du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité rappelle les différentes mesures mises en place pour les aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et indique préparer un décret qui « doit fixer le statut de l’aidant familial de la personne âgée, par symétrie avec celui de l’aidant familial d’une personne handicapée ».
Assemblée nationale. Question 219 de Kléber Mesquida, JO du 8 juillet 2008.

Accueillants familiaux : l’isolement

Pour Sophie Barthélémy, accueillante dans la Vienne, accueillir des personnes en perte d’autonomie conduit à l’isolement. L’astreinte permanente ne lui permet pas de rencontrer d’autres collègues. Si elle se sent mieux informée et défendue depuis qu’elle a adhéré à l’association nationale d’accueillants familiaux Famidac, elle n’est pas reconnue par le personnel hospitalier. En raison des impératifs liés au secret médical, elle n’a eu aucune information sur les pathologies de son premier accueilli. Elle travaille désormais en collaboration avec un médecin traitant.
La Gazette Santé-social , juin-juillet 2008.

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